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Scandale sexuel : Le studio Weinstein déclare faillite et peine à trouver un acheteur

Cyril Verb | | Cinéma

Chez Harvey Weinstein, les problèmes se succèdent et changent de registre comme des préservatifs. Accusations, poursuites judiciaires, et une entreprise sur la paille.

Le fameux réalisateur américain, Harvey Weinstein dont le nom symbolise le fléau du harcèlement sexuel à Hollywood est dans une nouvelle tourmente. La presse américaine évoque la faillite de son entreprise, TWC(The Weinstein Company).

Difficile de trouver preneur dans des conditions de plus en plus perverties. Depuis janvier, trois mois après le déclenchement du scandale, des investisseurs sont rentrés en négociations avec les responsables de TWC avec la volonté de la racheter. À cette période, la comptabilité de la compagnie était déjà au rouge. Les potentiels acheteurs devraient débourser 500 millions de dollars pour sceller la vente. Ce qui ne semblait pas freiner leur envie. Surprise, les dirigeants de TWC viennent d’annoncer la fin des négociations sans accord entre les deux parties.  Sans donner d’explication à cet échec.

De possibles interférences de la procédure engagée par le procureur de New-York contre le groupe. Mi-février, le procureur a enjoint à la compagnie d’indemniser les victimes d’Harvey Weinstein. Charge qui pourrait revenir au futur acquéreur en cas d’accord. Les conclusions de l’enquête sont glaçantes. Harvey était à la tête d’un système de prédation sexuelle bien organisé. Il avait transformé certains de ses employés en rabatteurs à sa solde.

La femme, dans le milieu professionnel, est une proie pour certains patrons et collaborateurs. C’est une réalité pas seulement américaine. La campagne de dénonciation #MeToo et son équivalent français #BalanceTonPorc a dénudé plusieurs affaires du genre à travers le monde.
Les accusés nient foncièrement les faits. Quelques rares comme Éric Brion, accusé par la journaliste Sandra Muller d’avoir prononcé  des « propos dégradants » à son endroit, reconnaissent et s’excusent publiquement. Dans une tribune signée Éric Brion paru dans Le Monde, il reconnaît avoir « effectivement tenu des propos déplacés envers Sandra Muller, lors d’un cocktail arrosé très tard dans une soirée ». « Mais à une seule reprise ». Par conséquent, il devrait y avoir nuance entre son « comportement et l’affaire concernant Harvey Weinstein, accusé de viols et de harcèlement sexuel par plusieurs femmes ».
Sur la base de cette « nuance », le sieur Brion  porte plainte contre la journaliste pour diffamation. Il réclame  50 000 euros de dommages et intérêts, des publications judiciaires et 10 000 euros de frais d’avocat.   L’initiatrice de #BalanceTonPorc voit dans cette plainte une manière de la « forcer à se taire ». Mais, Sandra Muller reste déterminée. « Ce procès sera l’occasion de porter un véritable débat sur les moyens de lutter contre le harcèlement sexuel » en France notamment, espère-t-elle.

Selon une récente étude publiée par l’Institut Ifop pour le compte de la Fondation Jean Jaures, une femme française sur 10 a subit un ou plusieurs viols au cours de sa vie. Plus de 43% de l’échantillon d’étude (2 167 femmes âgé de plus de 18 ans) ont été la cible de geste sexuels sans leur consentement.

Cyril Verb

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