Suivez Nous

« Rocketman » de Elton John, sous le coup d’une censure en Russie

Arsene DOUBLE | | Cinéma

Le biopic « Rocketman », présenté au festival de cannes du réalisateur britannique Elton John a été censuré en Russie. Des scènes de sexe gay et de consommation de drogues de la version originale y ont été retirées.

C’est le distributeur local, Central Partnership, qui a été pointé du doigt. Soupçonné d’être à l’origine de la censure, le ministre russe de la Culture Vladimir Medinski s’est vite dédouané. Il a démenti que son ministère soit à l’origine de ces coupes, arguant que « tout est décidé par le distributeur ». « Si vous vous imaginez le ministère de la Culture comme une organisation qui découpe la pellicule avec des ciseaux, vous vous trompez, a-t-il poursuivi. Nous avons un autre fonctionnement et d’autres tâches. »

Central Partnership, le distributeur local a pour sa part, assuré avoir simplement voulu « respecter les lois russes ». Et, c’est bel et bien lui qui a retiré des scènes de sexe gay et de consommation de drogues de la version originale du biopic « Rocketman ».

« Rocketman » retrace en effet l’ascension d’Elton John, l’un des premiers chanteurs ouvertement homosexuels, et sa lutte contre les addictions (drogue, sexe, alcool). Selon les critiques de cinéma russes le message apparaissant à la fin du film a été modifié : alors que le texte original rappelle qu’Elton John a trouvé l’amour et élève deux enfants avec une personne du même sexe, la version russe indique seulement qu’il a créé une association contre le sida.

La déception tant du côté d’Elton John que du côté des moscovites a été grande. Le chanteur britannique a lui-même, avant tout, dénoncé ces coupes comme « un triste reflet du monde divisé dans lequel nous vivons encore. »

Maria Erenko, une employée d’université de 31 ans, s’est par ailleurs, insurgée contre les autorités russes. « Je pense que la société russe est prête à voir des scènes de sexe gay au grand écran. Mais les autorités estiment qu’elle ne l’est pas, et essayent de tout contrôler », a-t-elle fustigé.

Les coupes « changent la perception du spectateur et la valeur du film perd beaucoup en résultat », a regretté pour sa part un autre cinéphile, Alexandre Ilïine, 28 ans.

Si la récente censure imposée à « Roketman » s’est révélée décevante pour les cinéphiles russes, nul n’est sans savoir que la Russie a un triste bilan en matière de droits des communautés LGBT- à savoir les lesbiennes, les gays, les bisexuels et les transgenres. Elle a notamment adopté en 2013 une loi controversée punissant la « propagande » homosexuelle auprès des mineurs. Et, il n’est toutefois pas clair si cette loi peut s’appliquer au film, interdit aux moins de 18 ans pour sa sortie.

 

Arsène DOUBLE