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Le patron du cinéma français Dominique Boutonnat, mis en examen pour « agression sexuelle » et « tentative de viol » sur son filleul

Arsene DOUBLE | | Cinéma

XAVIER LEOTY VIA GETTY IMAGESDominique Boutonnat, ici photographié en septembre 2019 à La Rochelle, est le président du CNC.

Dominique Boutonnat, président du Centre national du cinéma (CNC), a été mis en examen pour « agression sexuelle » et « tentative de viol » sur son filleul de 22 ans, ce jeudi 11 février.

 

Le président du Centre national du cinéma (CNC), Dominique Boutonnat, a été mis en examen jeudi pour agression sexuelle et tentative de viol sur son filleul de 22 ans, accusations qu’il conteste. Dominique Boutonnat, 51 ans, a été placé sous contrôle judiciaire avec interdiction de contact avec la victime et de se rendre au domicile des parents de cette dernière, a précisé le parquet de Nanterre à l’AFP.

Dominique Boutonnat avait été placé en garde à vue, mercredi 10 février, après une plainte de son filleul. Le patron du cinéma français avait été déféré au parquet ce jeudi à l’issue de sa garde à vue et présenté à un juge d’instruction.

La plainte, déposée le 7 octobre, émane de son filleul de 22 ans, sans lien familial avec Dominique Boutonnat, pour des faits datant d’août 2020 lors de vacances en Grèce, selon le parquet, qui a requis son placement sous contrôle judiciaire.

 

Le témoignage glaçant du jeune étudiant

Selon la plainte, consultée par l’AFP, les faits se seraient déroulés lors de vacances sur l’île grecque de Kea. Dans la nuit du 3 août dernier, les deux hommes veillent tard car le parrain « insiste ». L’étudiant lui dit avoir « confiance en lui comme s’il était un parent », ce dernier lui aurait répondu le « considérer comme un fils ». Ils se seraient également baignés dans la piscine, sans maillot de bain pour le filleul, selon ses dires. Quand M. Boutonnat « l’enlace dans ses bras, assez fortement », l’étudiant se sent « mal à l’aise », raconte-t-il aux enquêteurs. Répétant être fatigué, l’étudiant indique vouloir aller se coucher. M. Boutonnat l’aurait raccompagné.

Dans la chambre du jeune homme, son parrain aurait vanté leur relation « incroyable », «à protéger» et tenté de l’embrasser, toujours selon le récit du plaignant. « Je ne fais rien pour le relancer, je reste stoïque », dit-il. Puis son parrain lui aurait avoué avoir déjà «eu envie » de lui. « Cette phrase me fait l’effet d’une claque », raconte l’étudiant, qui tente de « désamorcer la situation ». « Je lui dis que je suis très fatigué, que c’est gentil (…) que moi aussi je l’aime comme un filleul aime son parrain ».

Mais il affirme que son parrain tente de le masturber. L’étudiant « tétanisé » décrit une « torture ». « Je le masturbe pour qu’il arrête de me toucher », dit-il, ajoutant que son parrain essaie ensuite de lui imposer une fellation. Depuis cette nuit, le filleul dit avoir « beaucoup pensé au suicide ». Il raconte aussi avoir porté plainte car depuis cet été, M. Boutonnat « raconte à tout le monde (…) que je me suis jeté sur lui ».

Le jeune homme cite « certains textos » envoyés par M. Boutonnat à ses parents, dans lesquels son parrain craindrait d’être « un homme mort » si l’affaire s’ébruitait. Car Dominique Boutonnat, 51 ans, est un homme puissant. Président du CNC depuis le 24 juillet 2019, il a auparavant fait carrière dans le financement de la création cinématographique et audiovisuelle, après avoir travaillé chez l’assureur Axa.

C’est son frère Laurent, réalisateur et auteur-compositeur connu pour ses chansons interprétées par Mylène Farmer, qui l’avait introduit dans le monde du cinéma. Cet ancien condisciple d’Édouard Philippe à Sciences Po Paris avait été, selon nos informations, l’un des premiers soutiens à la campagne présidentielle d’Emmanuel Macron en 2017.

Arsène DOUBLE

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