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« Les oiseaux de passage », film critique sur la tragédie en Colombie

Irene COULIBALY | | Cinéma

Ciro Guerra et Cristina Gallego lors du Festival de Cannes 2018

Après le film « L’étreinte du serpent » qui a connu un réel succès sanctionné par de nombreux prix, le duo Cristina Gallego et Ciro Guerra reprend les devants de la scène avec leur nouveau long métrage, « Les oiseaux de passage ». Un film qui raconte une histoire peu reluisante de la Colombie qui rime avec l’argent de la drogue dans les années 60.

L’histoire se déroule dans l’extrême-nord de la Colombie, précisément dans la Guajira, un désert insoutenable. Dans ce désert, vivent les Wayuu, le plus grand groupe ethnique de Colombie, aux traditions et à la langue encore vivace. Le film est la plupart du temps tourné en wayuunaiki, langue locale que les comédiens principaux ont dû apprendre à parler. Les rôles secondaires eux, ont simplement été interprétés par des locaux.

Une famille, un clan et une jeune fille. Il s’agit de ZaÏda dont l’initiation à devenir femme se fera durant douze mois. Des mois où elle ne recevra que la visites de sa mère et sa grand-mère dans l’enclos où elle est recluse. A travers Zaïda, sa mère la matriarche, interprète les rêves afin de lire l’avenir des membres de la famille. Ce film raconte également le pouvoir de la femme chez les Wayuu qui sont d’une société matrilinéaire, où le nom de famille se transmet par la mère ainsi que la culture et la mémoire.

« Les oiseaux de passage » présente cinq personnages unis comme les cinq doigts de la main : la mère, le fils, la fille, l’oncle, le palabrero (le porte-parole), son neveu et futur gendre de la famille. Pour épouser sa belle et rassembler la dot demandée par sa belle-famille, le neveu se lance dans le trafic de marijuana. Les « Peace Corps » mis en place au début des années soixante dans le cadre de la politique de « sécurité nationale », sont dans le film à l’origine du trafic de drogue.

Argent facile, corruption, violence, règlements de comptes et luttes de clan jusqu’à ce que surgisse le cartel de Medellin qui prend la main sur le business : la Bonanza marimbera coule à flot. A travers l’histoire de cette famille, c’est celle de la Colombie contemporaine qui est racontée.

La scène, le décor, les acteurs, les oiseaux, tout est mis en œuvre pour raconter l’histoire qui se déroule dans la Guajira, un désert impitoyable.

 

Irène COULIBALY