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« L’œil du cyclone », une fiction réflexive sur la justice et le drame des enfants soldats

Cyril Verb | | Cinéma

 

© L’oeil Du Cyclone

Le réalisateur Burkinabé, Sékou Traoré sort ce mercredi 22 novembre 2017 en France son tout premier long métrage. « L’œil du cyclone » est une fiction réflexive sur la justice par le biais de la question des enfants soldats qui ressurgit sur le continent.

Hitler Mussolini. Cet ancien chef de guerre est traduit devant les tribunaux pour répondre de ses actes. L’histoire se passe dans un pays imaginaire d’Afrique.

Pendant les entrevues, l’avocate commise d’office pour le défendre découvre que le « bourreau » n’est rien d’autre qu’un ancien enfant soldat. À la fois victime et bourreau des affrontements meurtriers passés.

Le thème est fort. Les rôles également. Le réalisateur a ainsi fait appel à deux grands du cinéma africain pour les camper. Ces personnages sont incarnés par des acteurs d’exception, Fargass Assandé et Maïmouna Ndiaye, des champions du Fespaco (le Festival du cinéma panafricain de Ouagadougou).

La jeune avocate  est issue d’une famille riche. Elle découvre par ailleurs que ses parents ne sont pas moins coupables des exactions reprochées au sieur Hitler Mussolini.

Le film met à nu les différentes malversations et les nombreux business qui gravitent autour des conflits armés. Ils ne sont pas là par hasard. « Il y a une interconnexion entre ces pouvoirs qui ne finissent pas, ces histoires de trafics de diamants… C’est entremêlé. Vous ne pouvez pas traiter l’un sans l’autre. » Cependant, le réalisateur tient à préciser : « Le thème principal est vraiment les enfants soldats ».  Sékou Traoré reste optimiste. S’il sort ce film ce n’est pas simplement pour critiquer les facteurs endogènes et exogènes des conflits. Il espère que ces enfants soldats devenus grands puissent changer. « Il y a toujours de l’humanité quelque part, se rassure Sékou Traoré. On pense toujours qu’on peut récupérer ces ex-enfants soldats. S’il n’y avait pas d’humanité du tout, si on se disait qu’il n’y a rien à faire pour ces mecs, ce n’était pas la peine de faire ce film ».

 

Cyril Verb