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L’actrice Sharifah Amani, très heureuse de faire du cinéma en Malaisie

Arsene DOUBLE | | Cinéma

A l’occasion du 21e Festival international du cinéma populaire asiatique d’Udine dans le nord-est de l’Italie, qui se tient du 26 avril au 4 mai 2019, Sharifah Amani, actrice malaisienne de 32 ans, a traduit sa joie de faire du cinéma dans son pays d’origine. En Malaisie, pays à majorité musulmane, l’actrice de « Motif », réalisé par Nadiah Hamzah et présenté à ce festival, fait savoir que le cinéma peut aborder tous les sujets délicats. Dans ce pays, les actrices du septième art exercent librement leur métier, selon l’actrice.


Le cinéma peut-il s’exercer librement dans un pays où environ 65% des 31 millions d’habitants sont musulmans ? Eh bien, s’agissant de la Malaisie, sortez des clichés, montrant l’incapacité des pays islamiques à conférer plus de liberté aux cinéastes. En Malaisie, pays multi-ethniques où l’islam est la religion d’État, on peut parler « librement de tout », insiste Sharifah Amani, fille d’actrice initiée au cinéma depuis toute petite. Néanmoins, la misogynie, quel que soit le continent, reste un problème inhérent au monde du cinéma, pense-t-elle. Les actrices doivent le combattre au quotidien. Les cinéastes malaisiennes réussissent tout de même à s’imposer.

« Personnellement, j’adore exercer mon métier d’actrice dans mon pays. J’aime le fait que nous puissions parler librement de tout et raconter, à travers le cinéma, nos propres histoires et de les partager ensuite avec le monde entier. Nous pouvons aborder tous les sujets délicats. Il importe de pouvoir présenter à notre société un miroir d’elle-même. », confie Sharifah Amani, présentant la Malaisie comme un pays propice à l’exercice du cinéma et respectant la liberté d’expression.

« Je suis heureuse d’être née dans un pays qui compte différentes religions, langues et cultures, poursuit-elle. Nous avons ainsi un concentré du monde dans notre pays et les histoires que nous racontons dans nos films sont fascinantes et colorées grâce à notre diversité. »

Il n’empêche que les actrices malaisiennes, avance-t-elle, doivent faire face aux mêmes défis et difficultés qu’ailleurs dans le monde. Et par-dessus tout, « la misogynie est un problème global contre lequel les femmes luttent tous les jours, quel que soit le continent. »

« Je pense que les femmes devraient jouer des rôles plus importants dans le domaine du cinéma, ajoute-t-elle. Il y a beaucoup de femmes exceptionnelles, elles constituent des modèles. Nous devons, dans nos films, parler d’elles et de leur parcours pour leur faire honneur. »

« Motif », le premier long métrage de sa compatriote Nadiah Hamzah, dans lequel la jeune actrice tient le premier rôle, conforte cette idée.

Dans « Motif », Sharifah Amani incarne Dewi, un officier de police envoyé de la capitale en province pour enquêter sur la disparition de la jeune fille d’une riche famille locale. À son arrivée, elle est accueillie avec méfiance par ses collègues hommes, qui n’apprécient pas non plus d’avoir, comme intrus dans leur petite communauté, une femme.

Toutefois, l’avenir des actrices en Malaisie, à l’en croire, se révèle prometteur. Bon nombre d’entre elles sont même parvenues à s’imposer au cinéma.

« Je crois en un futur radieux et rempli d’espoirs pour les femmes dans le 7e Art. De plus en plus d’actrices, de réalisatrices, de productrices et de femmes scénaristes émergent chaque jour. Parmi les personnalités les plus éminentes dans le milieu du cinéma de notre pays, figurent quelques femmes. » Assure la jeune actrice de 32 ans.

« Cela est important dans la mesure où nous devons, dans nos fictions, relater des histoires de femmes en général et également des récits vus à travers les yeux des femmes », justifie-t-elle. Et de renchérir : « Les Malaisiennes sont douces mais aussi combatives. Nous espérons pouvoir briser les clichés et montrer au monde la beauté d’être Malaisiennes. »

 

Arsène DOUBLE