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Kenya : Lupita Nyong’o, une trajectoire fulgurante au cœur de l’humanisme

Binso Binso | | Cinéma

© Lucas Jackson/Reuters

En matière de militantisme, elle a de quoi tenir la route. Et c’est en fait dans les germes car la jeune actrice congolaise Lupita Nyong’o a pour père, Peter Anyang’ Nyong’o, ancien ministre et sénateur du comté de Kisumu,  un homme politique d’envergure. Sa mère, Dorothy,  quant à elle est l’une des directrices de la Fondation africaine contre le cancer. Opposée au régime, la famille a subi la prison, la torture et même la perte d’un proche, l’oncle de Lupita, Charles, a été jeté d’un ferry.

S’étant exilé à Mexico ce couple africain intellectuel donne naissance en 1983 à celle qui est aujourd’hui la célèbre jeune actrice  Lupita Nyong’o. Cette actrice oscarisée qui triomphe dans « Black Panther ». Une  militante au grand cœur qui s’impose à 35 ans comme une Wonder Woman de la fierté noire.

En janvier dernier, une campagne virale a enflammé Twitter avec le #BlackPantherChallenge. L’idée étant de recueillir des fonds pour permettre à des enfants défavorisés de voir le « blackbuster » de Marvel, qui a pour héros la « superpanthère ». Le 22 février, Lupita Nyong’o, l’une des principales actrices du film, révélait avoir offert des places de cinéma à 600 élèves de Kisumu, la troisième ville du Kenya.

Lupita Nyong’o voulait que les enfants de sa ville natale voient les images positives que véhiculent Black Panther et les super-héros dont ils peuvent s’inspirer .Un geste plein de gnak et panache qui ne surprendra pas ceux qui suivent la trajectoire de cette star mexico-kényane de 35 ans engagée sur tous les fronts.

C’est donc dans cette ambiance oppressante que Lupita se forge un mental de battante. A 14 ans déjà elle connaissait une ascension fulgurante après sa montée sur les planches, au Kenya National Théâtre. À 24 ans, elle signe un documentaire, In my Genes, sur le calvaire qu’endurent les albinos du Kenya, qui lui vaut d’être repérée dans les réseaux de festivals. Mieux, elle obtient une reconnaissance internationale dès sa première apparition dans un long-métrage.

Pour son rôle dans 12 Years a Slave, où elle campe Patsey, esclave dans une plantation de coton en Louisiane, elle obtient l’Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle… et dix-huit autres récompenses.

Loin de se satisfaire de ces victoires, Lupita mène beaucoup d’autres combats. Ambassadrice de l’association WildAid pour la préservation des éléphants, elle se bat aussi pour la conservation de monuments historiques aux États-Unis, est impliquée dans Mother Health International, qui soutient les maternités ougandaises, promeut l’art dramatique au Kenya.

Et ce n’est pas tout ! En octobre 2017, elle a signé dans le New York Times une tribune dans laquelle elle raconte comment le producteur Harvey Weinstein l’avait harcelée, en 2011, lorsqu’elle était étudiante. Dès lors, elle a bien sûr refusé de travailler avec lui. Et dit préférer évoluer avec des réalisatrices ou des réalisateurs féministes.

 

Binso Binso