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« J’veux du soleil ! », un documentaire en hommage aux « gilets jaunes »

Arsene DOUBLE | | Cinéma

« J’veux du soleil ! » du tandem de réalisateurs engagés François Ruffin et Gilles Perret s’attache à montrer que le mouvement des « gilets jaunes » est loin de la caricature qu’en ont brossée le chef de l’Etat, ses proches ministres et certains médias. C’est le premier film sur les « gilets jaunes », mouvement social français né à l’automne 2018, sorti en salle, mercredi 3 avril.

C’est à tort ou à raison, s’ils passent aux yeux du gouvernement et de certains médias français pour des « fachos », antisémites, homophobes, factieux, trublions et radicaux ? En tous cas, le film « J’veux du soleil ! » montre clairement que les « gilets jaunes » sont loin de toutes ces appellations caricaturales . Les macaronistes les diabolisent injustement.

Le documentaire présente plutôt des gens simples en galère demandant plus de justices sociales, fiscales et démocratiques à un « gouvernement hautain, provocateur vivant à des années de leur condition de vie », selon des partisans du mouvement social.

Politiquement, le tandem de réalisateurs n’avance pas masqué : François Ruffin est député de La France insoumise (LFI), auteur de « Merci patron ! »(2016) et fondateur de la revue satirique Fakir. Gilles Perret est un cinéaste engagé sur la question sociale (Les Jours heureux, La Sociale). Au lendemain de la présidentielle, il avait signé « L’Insoumis »(2018), documentaire sur le candidat Jean-Luc Mélenchon (LFI).

Pour mieux faire passer leurs messages, nos duo de réalisateurs engagés ont eu recours au « road-movie ». Le documentaire, teinté de pathétique et d’humour mais aussi satirique, dénonce les inégalités sociales en témoignant de la souffrance sociale et des fraternités qui se jouent dans le pays, en sortant de chez eux, les gens partagent les problèmes qu’autrefois ils préfèreraient taire. Le film pose également la question de l’exclusion esthétique en France.

Au volant de sa voiture, François Ruffin explique à Gilles Perret, qui tient la caméra, qu’il veut aller voir si les « gilets jaunes » sont des « fachos » comme certains de ses « amis Facebook » ont pu l’écrire. Le parlementaire trublion discute avec les gens, tandis que Perret immortalise les échanges.

Avec leur humour, ils traversent le pays: à chaque rond-point en jaune, c’est comme un paquet-surprise qu’on ouvrirait. Qu’est-ce qui va en sortir ? Des rires ou des larmes ? De la tendresse ou de la colère ? De l’art ou du désespoir ? Les deux compères nous offrent des tranches d’humanité, saisissent cet instant magique où des femmes et des hommes, d’habitude résignés, se dressent et se redressent, avec fierté, avec beauté, pour réclamer leur part de bonheur.

Les témoignages sont très touchants et parlants. Dans la Somme- un département français- une femme au RSA raconte à Ruffin qu’elle survit grâce aux « cartes cadeaux » d’un hypermarché qu’elle gagne au loto « quine », un jeu de hasard avec tirage au sort, souvent organisé dans les salles des fêtes des communes. Ailleurs, un jeune maçon au chômage explique qu’il a peut-être trouvé du travail auprès d’un artisan en venant construire une cabane à un rond-point.

Ruffin écoute, fait de l’humour, entre parfois chez les gens. En Ardèche, une femme de 31 ans avoue que ses proches lui tournent le dos, car ils pensent qu’elle veut « enlever Macron pour mettre Le Pen » à la place. Avec son compagnon, dans le salon, elle décrit ses galères au député-reporter, pleure, puis finit par sourire en comparant le mouvement à une porte, avec de la lumière. « C’est du soleil que j’vois derrière, j’vois du jaune », dit-elle.

« Film extrêmement touchant, reflétant les difficultés de millions de personnes en France. Une très belle façon de leur rendre hommage. A voir!!!!!!!! », s’est exprimé un critique de cinéma français, à propos de « J’veux du soleil !»

 

Arsène DOUBLE