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Jean-Pierre Marielle, acteur réputé s’est éteint à l’âge de 87 ans

Arsene DOUBLE | | Cinéma

Le comédien français Jean-Pierre Marielle s’est éteint des suites d’une longue maladie à l’hôpital des Quatre Villes à Saint-Cloud mercredi 24 avril à l’âge de 87 ans. L’acteur est connu pour jouer les sales bonhommes, les beaufs bêtes et méchants et cyniques.

Doté d’une voix caverneuse et gouailleuse inoubliable, Jean-Pierre Marielle était un homme de grande taille, larges épaules, moustache fournie, barbe poivre et sel, au regard ironique et narquois. L’acteur comédien de renom, aimait bien jouer « les sales bonhommes », « les beaufs bêtes et méchants et cyniques ». « Pour un acteur, ce n’est pas très intéressant de jouer un type sympa. L’instabilité, le trouble sont beaucoup plus riches » expliquaitil.

Jean-Pierre Marielle a joué dans plus de cent films comiques et tragiques, d’auteur et grand public, et d’innombrables pièces et téléfilms. Un de ses plus grands rôles au cinéma fut celui de Monsieur de Sainte-Colombe dans « Tous les matins du monde » d’Alain Corneau (1991). Le film lui a permis encore une fois de justifier son caractère rugueux.

« Tous les matins du monde » raconte, en effet, l’histoire du musicien Sainte Colombe. Il traite du dilemme de l’artiste entre recherche de la perfection de son art et le goût pour le succès. Dans le film, Jean Pierre Marielle joue Monsieur de Sainte Colombe, grand maître de la viole de gambe. Professeur austère et intransigeant, il perdra sa femme et se retrouvera seul avec ses deux filles Madeleine et Toilette. Suite au décès de sa femme, le virtuose va rechercher en vain une perfection absolue dans son art. Ainsi, Monsieur de Sainte Colombe ne va pas de main morte avec ses filles ainsi que son disciple, Marin Marais. Ce dernier, très ambitieux et doué, lui voue, malgré tout, une admiration sans borne.

A force de courage et de persévérance, Marin Marais finit par devenir l’un des musiciens les plus prestigieux de Louis XIV. Si lui et Monsieur de Sainte Colombe deviennent désormais des maîtres incontestés de la viole de gambe, le maître, fervent janséniste, refuse de jouer de la viole devant le roi Louis XIV. Il dédaigne les séductions de la cour du roi Louis XIV. Sorti en 1991, « Tous les matins du monde » a été désigné César du meilleur film en 1992.

L’illustre disparu était, par ailleurs, un acteur d’une incroyable humilité. Modeste, Jean-Pierre Marielle adorait briser le mythe de la vocation du grand acteur : « Je ne suis sensible ni à l’odeur des éponges à maquillage ni à la poussière des coulisses. Je ne suis qu’un amateur défrayé. Je n’ai jamais rien pris au sérieux, je n’ai pas grand-chose à dire et je ne sais pas le dire ». Discret sur sa vie privée – marié à l’actrice Agathe Natanson, il avait un fils d’un précédent mariage -, il aimait le vélo, le jazz et New York.

Sa carrière d’acteur, du théâtre au cinéma

Né à Paris le 12 avril 1932, ce Bourguignon fils d’un industriel de l’agroalimentaire et d’une mère couturière, qui grandira à Dijon, est aiguillé vers le théâtre par son professeur de lettres. Sorti du Conservatoire de Paris, il décroche son premier rôle dans « Le mariage forcé » (Molière) en 1953.

Stagiaire à la Comédie-française, il entame une carrière dans le théâtre léger, fait du cabaret avec Guy Bedos. Il en oublie le cinéma. La Nouvelle Vague l’ignore : il est alors catalogué acteur burlesque et de boulevard. Pourtant, avec Claude Régy, Delphine Seyrig et Jean Rochefort, il va contribuer à populariser dans l’Hexagone les auteurs anglo-saxons comme Edward Albee ou Harold Pinter. Et, s’il apparaît dans des comédies de boulevard, il joue aussi, des années 1960 aux années 2000, du Claudel, du Tchekhov ou du Pirandello.

Au cinéma, après de timides débuts en 1960, il lui faut attendre une décennie et une bonne vingtaine de rôles avant de se faire remarquer. C’est à partir de 1969 que ses personnages les plus consistants arrivent. On le voit dans « Le diable par la queue » de Philippe de Broca, « Sex-shop » de Claude Berri, « La valise » de Georges Lautner ou « Comment réussir quand on est con et pleurnichard » de Michel Audiard.

S’ensuit une intense activité devant les caméras. Il enchaîne (comme par exemple en 1976) jusqu’à cinq films par an, tournant sous la direction de Blier, Labro, Molinaro, Mocky, Sautet, Tavernier, Miller et d’autres. À son répertoire : « Que la Fête commence », « Dupont Lajoie », « L’imprécateur », « Coup de Torchon », « Tenue de soirée », « Uranus », « Un, deux, trois, soleil », « La Petite Lili », « Les âmes grises », etc.

 

Arsène DOUBLE