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Jean-Paul Rouve sort un nouveau film «Lola et ses frères»

Innocent KONAN | | Cinéma

José Garcia, Ludivine Sagnier et Jean-Paul Rouve.© DR

Après « Les Souvenirs », un des grands succès du cinéma français sorti il y a trois ans, Jean-Paul Rouve repasse derrière la caméra avec un nouveau film sur la famille: « Lola et ses frères », avec José Garcia, Ludivine Sagnier et Jean-Paul Rouve qui tient aussi l’un des rôles principaux.

Ce pourrait être une énième histoire de famille comme le cinéma en propose tant. Sauf que le réalisateur de « Sans arme ni haine ni violence » a eu la bonne idée de coécrire le scénario avec le romancier David Foenkinos dont il avait déjà porté « Les Souvenirs » à l’écran.

La sensibilité teintée d’humour de l’auteur du récent « Vers la beauté » (Gallimard) correspond parfaitement à celle de Jean-Paul Rouve. Leurs thématiques communes – la transmission et les relations intergénérationnelles – font mouche. « Avec David, nous aimons beaucoup écrire des personnages qui mentent. Alors attention : ce sont des petits mensonges, ceux que nous pratiquons tous au quotidien, explique le réalisateur . C’est un sujet passionnant et je le trouve indémodable au cinéma. »

Lola, Benoît et Pierre sont ainsi une fratrie classique, avec de l’amour et des heurts. La cadette enchaîne les galères amoureuses, et ce n’est pas son quotidien d’avocate spécialisée dans les divorces qui va lui redonner l’espoir. Jusqu’à ce que le beau Zoher débarque dans sa vie. Mais au même moment, Pierre perd son boulot et oublie le prénom de l’épouse de Benoît lors du discours de mariage. Forcément, les histoires de chacun vont rentrer en collision et provoquer quelques fracas, postulats à diverses situations cocasses. Si l’humour est bien présent, celui-ci s’efface grandement au profit d’une dramaturgie mélancolique pleinement maîtrisée. Indéniablement, Jean-Paul Rouve aime toujours amuser, parsemant son récit de quelques bons mots, mais ses velléités semblent désormais regarder ailleurs, vers une approche que Claude Sautet ne renierait pas.

« Il y a beaucoup de pudeur donc on ne se dit pas les choses, explique Jean-Paul Rouve. Il y a beaucoup de familles où on ne se parle pas, où on s’aime mais on ne se le dit pas. Ce qui nous intéressait, c’était d’en parler, avec David Foenkinos : cette soeur au milieu de ses deux frères qui sont un peu protecteurs, un peu étouffants, tout cela teinté d’un énorme amour entre les trois ».

« Lola et ses frères » abrite de beaux dialogues sur la solitude et la transmission. Mais la fin du film, sur la difficulté d’avoir un enfant, est comme escamotée. Il ne suffit pas d’une chanson de Jean-Jacques Goldman comme « On ira » au générique pour conclure en beauté.

 

Innocent KONAN