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Harcèlements sexuels, une star tunisienne dénonce un phénomène « très répandu »

Cyril Verb | | Cinéma

L’omerta est levée !  Depuis l’annonce le 5 octobre du scandale Weinstein dans le cinéma hollywoodien, les langues se délient à travers le monde. Journalistes, mannequins, actrices ne cessent de dévoiler des chantages et pressions sexuels de certains hommes influents sur elles.

Remarques déplacées, propositions indécentes, harcèlements, attouchements et même viols. La liste est énorme et les victimes de ces agressions sexuelles frôlent la vie après un tel choc. Tous les domaines sont concernés. Mais, ces pratiques semblent être plus récurrentes dans le monde de la culture, notamment dans le cinéma.

À lui seul,  Harvey Weinstein, réalisateur du film « Sexe, mensonges et vidéo », compte à ce jour soixante-dix (70) victimes présumées dont Angelina Jolie.

Au cinéma, on a l’habitude de ces scènes. Les films présentent bien souvent des séquences où un acteur force un baiser, pose une main aux fesses d’une femme.  Aussi serait-ce une manière inconsciente de présenter ce qui se passe dans le milieu?

Le continent africain ne fait pas l’exception. Une jeune actrice  ivoirienne nous confiait, il y a quelques temps, sa ferme volonté d’accéder au sommet du métier « sans devoir coucher avec qui que ce soit ». Un témoignage émouvant et expressif de la réalité du métier dans un pays où le droit de cuissage s’érige en monnaie courante d’échanges pour un emploi. Favorisé par le taux de chômage élevé et les inégalités sociales. Prendre le large par la méditerranée ou ouvrir large ses jambes.

Au Maghreb, les scènes de sexe sont inexistantes dans le cinéma dit-on. Pourtant, les actrices n’échappent pas aux harcèlements sexuels. Dans une interview accordée à la télévision égyptienne ON TV, l’actrice tunisienne Hend Sabry, a indiqué que le phénomène du harcèlement sexuel existe aussi dans le cinéma arabe. Il serait même « très répandu » dans cette partie de l’Afrique.

Dans ses révélations, elle touche par ailleurs un aspect tributaire de la qualité des productions du continent.  « (…) Malheureusement, il y a des actrices, arabes ou autres, qui utilisent leur beauté pour arriver à leurs fins même si elle n’ont aucun talent artistique. Ceci pose, en réalité, un réel problème », déplore-t-elle. Ajouté à cela l’homosexualité qui fait gravir des acteurs masculins, le népotisme dans le choix des acteurs, des formations non abouties sont autant de problèmes qui empêchent une consécration du cinéma africain à l’échelle mondiale pourtant capable de trophées réguliers à Cannes ou aux Oscars.

 

Cyril Verb