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« Female Pleasure », un véritable cri de cœur des femmes du monde entier

Arsene DOUBLE | | Cinéma

Le documentaire « Female Pleasure » de la réalisatrice suisse Barbara Miller, se présente comme un véritable plaidoyer pour l’affranchissement des femmes du XXIème siècle. Il y a à peine une semaine que le film documentaire est sorti en France.

Le temps est venu de mettre un terme à tout ça. Elles doivent sortir de leur silence et défendre leur droit en tant que femmes, voire l’égale de l’homme. « Female Pleasure» de la réalisatrice Barbara Miller incite non seulement les femmes à briser le silence, mais agit aussi en faveur d’une libération, voire d’une exaltation de la sexualité féminine.
La réalisatrice met en vedette cinq femmes, cinq pays, cinq itinéraires et un même combat : lutter contre les violences faites aux femmes, jouir du droit à disposer de leurs propres corps et s’affranchir d’une société patriarcale et phallocratique sans pour autant émasculer le masculin.

L’américaine Deborah Feldman et son fils quittent le milieu juif ultra‑orthodoxe après une éducation rigoriste et un mariage arrangé avec un quasi-inconnu à l’âge de 17 ans. Elle vit désormais à Berlin et a publié un best‑seller, Unorthodox and Exodus – élu livre de l’année 2018 par le New York Times.

L’indienne Vithika Yadav également a été victime d’agressions sexuelles et de harcèlements. Elle lance une plateforme nationale d’éducation sexuelle, Love Matters, fournissant des informations positives et éclairées sur la sexualité, l’amour et l’intimité. Love Matters remporte le prix « Excellence et innovation en matière d’innovation sexuelle » en 2013.

La japonaise Rokudenashiko, par ailleurs, est une artiste , ayant grandi dans une famille traditionnelle Shinto bouddhiste. Elle crée «l’art vaginal» et se bat contre la diabolisation du corps féminin. Rokudenashiko a été arrêtée et a risqué deux ans d’emprisonnement pour avoir représenté artistiquement le vagin dans ses créations.

L’allemande Doris Wagner, quant à elle, lutte contre les agressions sexuelles au sein de l’Église catholique après avoir été elle-même victime de viols répétés par un prêtre lorsqu’elle était sœur.

Résidant à Londre, Leyla Hussein, enfin, est née en Somalie dans une famille musulmane privilégiée et très pratiquante. Excisée à l’âge de sept ans, elle se bat pour l’intégrité physique et l’autodétermination sexuelle des femmes musulmanes en Afrique mais aussi en Europe. Devenue psychothérapeute, elle a pris la parole devant les Nations Unies et le Parlement anglais.

La réalisatrice Barbara Miller souhaitait signer avec « Female Pleasure » un « plaidoyer pour le droit à l’autodétermination et une sexualité épanouie pour les femmes ».

Elle a choisi de s’intéresser à cinq femmes issues des quatre coins du monde et de contextes religieux et culturels différents. « Je veux montrer la diabolisation structurelle, universelle et millénaire du corps féminin et de sa sexualité » ajoute-t-elle.

Elle espère que son film et ces cinq femmes en inspireront d’autres à explorer leur propre corps et à se dresser contre les dogmes religieux, culturels et sociaux qui nient la sexualité des femmes et leurs désirs.

 

Arsène DOUBLE