Suivez Nous

Diffusion en avant-première à Dakar de « Atlantique », un regard critique porté sur la société sénégalaise

Arsene DOUBLE | | Cinéma

Le vendredi 2 août dernier, le Grand Théâtre de Dakar a abrité la diffusion en avant-première nationale de « Atlantique », Grand Prix du Festival de Cannes. Mêlant fiction et fantastique, le film de l’actrice et réalisatrice franco-sénégalaise Mati Diop, à travers le quartier Thiaroye, porte un regard critique sur la société sénégalaise.

Au cinéma rien ne se fait au hasard. Un film s’inscrit toujours dans un contexte. Le choix de Thiaroye-quartier de la banlieue dakaroise, comme lieu de prédilection de « Atlantique » n’est pas fortuit. « (…) J’ai choisi Thiaroye pour plusieurs raisons à la fois esthétiques mais surtout historiques, celles du massacre des tirailleurs sénégalais de Thiaroye 44 [ndlr, le 1er décembre 1944 a eu lieu le massacre des tirailleurs sénégalais ]», a précisé la cinéaste franco-sénégalaise Mati Diop, lors d’une conférence de presse tenue à Dakar.

A travers le quartier Thiaroye, « Atlantique » avec un mélange de fiction et de fantastique traite des tares d’une société sénégalaise gangrenée par l’argent, le pouvoir, le prestige, l’injustice, la corruption, le mariage forcé, entre autres. Mais, il se veut aussi évocateur des questions historiques comme le massacre des tirailleurs sénégalais en 1944.

Le film « Atlantique », de plus d’une heure, raconte l’histoire d’un groupe de garçons et de filles. Les premiers, des ouvriers du bâtiment, frustrés après trois mois de travail acharné sans salaire, décident d’émigrer vers l’Espagne à travers l’Atlantique.

Les filles pour leur part décident de rester au pays pour se battre et exister malgré les pesanteurs sociales. Mais elles demeuraient hantées par les souvenirs de leurs amants partis.

« C’était presque un choix éthique et cela ne pouvait que se passer ici, une histoire de revenants qui réclamaient leur dû, cela ne pouvait être qu’à Thiaroye », a-t-elle assuré.

L’Histoire de Thiaroye 44 fait référence à celle des tirailleurs africains désignés sous le nom “Tirailleurs Sénégalais” et qui au retour de la guerre réclamaient leur pécule. Des gendarmes français renforcés de troupes coloniales tirent sur les manifestants au camp militaire de transit de Thiaroye.

 

Arsène DOUBLE