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« Diego Maradona », un hommage au mythique footballeur argentin

Arsene DOUBLE | | Cinéma

© Crédit Photo: Philipp Schmidli

Le cinéaste britannique d’origine indienne, Asif Kapadia (47ans), retrace l’incroyable destin du footballeur argentin, Diego Maradona, dans un documentaire du même nom que la star. « Diego Maradona », dont la sortie en salles est prévue le 31 juillet 2019, figure parmi les films présentés hors compétition, lors de la 72e édition du festival de cannes qui se déroule du 14 au 25 mai au Palais des festivals, à Cannes. Ledit footballeur fait partie des célébrités annoncées à ce grand rendez-vous.

Il sera bien présent en chair et en os cette année au festival de cannes. L’idole planétaire Diego Maradona (59 ans), connue pour avoir remporté en 1986 le Mondial avec l’Argentine, grâce à son pied gauche magique et un but de la « main de Dieu » resté fameux, sera là. Un héros moderne dont la grandeur, son génie élevant le football au rang d’art, et la décadence marquée par la triche, la drogue et les flirts avec la mort n’ont jamais cessé de retenir le souffle de millions d’admirateurs à travers le monde.

Et ce n’est pas sans raison que le réalisateur Asif Kapadia s’est intéressé à son histoire. Le cinéaste britannique compte ainsi clore une trilogie entamée avec « Senna », sur le pilote brésilien de Formule 1 mort à 34 ans d’un accident de course, et poursuivie avec « Amy » qui retrace la vie de la chanteuse Amy Winehouse jusqu’à son décès à 27 ans (Oscar en 2016).

« Cette fois, je voulais me mesurer à quelqu’un encore parmi nous et dont la présence est toujours forte. Ma trilogie traite de génies célèbres précoces, de leur condition, de ce qu’ils représentent pour le peuple. Dans le cas de Maradona, il y a aussi le fait qu’il se sent à sa façon en lutte contre le système », a expliqué le cinéaste britannique au Guardian.

« Maradona est spécial. Pas seulement l’athlète ou ce qu’il a accompli venant de là où il vient, mais par les parts d’ombre de sa vie », a ajouté le cinéaste dont le leitmotiv est résumé sur l’affiche par une accroche synthétisant l’ambivalence maradonienne : « Rebelle. Héros. Arnaqueur. Dieu ».

« Diego Maradona » de Kapadia se concentre sur les années napolitaines de Maradona, de sa présentation en 1984 devant 70 000 spectateurs en furie, à son contrôle positif à la cocaïne en 1991 qui engendrera son déclin. Entre-temps : des hauts-champion du monde en 1986, ses titres avec le Napoli faisant de lui un dieu aux yeux d’un peuple mal-aimé en Italie qui s’est reconnu en ce joueur aux origines modestes – et des bas – cocaïne, pression, liens avec la Camorra…

Pour mieux rendre compte de son ascension professionnelle, ses cartons rouges et sa lente descente aux enfers, Asif Kapadia a pu consulter 500 heures d’images inédites issues des archives personnelles du sportif. Une première bande-annonce du film a été dévoilée le 10 mai.

Le légendaire footballeur, une source d’inspiration de pas mal d’artistes

Emir Kusturica avait déjà ausculté « el Pibe de oro » (« le gamin en or ») en 2008 dans Maradona par Kusturica. Mais le Serbe, qui voulait montrer « le prof de football, le citoyen politiquement incorrect et l’homme de famille », avait vampirisé son propos en se mettant trop en scène à côté de l’idole.

Paolo Sorrentino avait quant à lui rendu hommage à l’icône, dans Youth, son film sur la vieillesse, en filmant un de ses sosies en surpoids, respirant à l’aide d’un masque à oxygène, mais parvenant aussi à jongler du pied avec une balle de tennis. Pour lui, l’âge ronge aussi Diego, mais son génie reste intact.

Maradona « Héros tragique contemporain », tel est le postulat de la pièce « Maradona c’est moi », actuellement au théâtre de Belleville à Paris, librement inspirée d’un livre de l’Argentine Alicia Dujovne Ortiz. Maradona « est comme un personnage mi-Dieu, mi-homme, qui a un destin et qui tente d’y échapper souvent pour le pire », selon le metteur en scène Étienne Durot.

À la télévision, une série produite par Amazon Prime Video vient d’être tournée. Un biopic autorisé par l’intéressé, qui continue toujours de faire parler de lui.

 

Arsène DOUBLE