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Le « dernier empereur » du cinéma italien, Bernardo Bertolucci s’est éteint

Innocent KONAN | | Cinéma

©Bernardo Bertolucci

Le cinéaste est décédé ce lundi 26 novembre 2018 des suites d’un cancer, à Rome. Il avait 77 ans. Il a marqué le septième art pendant plus de cinquante ans d’œuvres singulières, souvent sulfureuses : Le Conformiste, Le Dernier Tango ou 1900.

Bernardo Bertolucci, considéré comme l’un des derniers géants du cinéma, avait remporté l’Oscar du meilleur réalisateur en 1988 pour Le Dernier Empereur. Créateur fécond, il est l’auteur d’une œuvre riche de 18 films qui court de 1962 à 2012.

Il était une des dernières grandes figures du cinéma italien. Son attachée de presse a annoncé la mort, à Rome, des suites d’un cancer à l’âge de 77 ans.

Fils de l’illustre poète italien Attilio Bertolucci, il est né à Parme en 1941. Sa vocation pour l’écriture naît dès l’adolescence. Sa rencontre avec le réalisateur Pier Paolo Pasolini, dont il devient l’assistant, le marque durablement. Il côtoie ensuite Sergio Leone, avec qui il travaille sur le scénario d‘Il était une fois dans l’Ouest. Bernardo Bertolucci réalise Prima della Rivoluzione en 1964. C’est l’entrée du jeune réalisateur dans le monde du grand cinéma d’auteur.

Bertolucci est aussi celui par qui le scandale et la polémique sont arrivés avec Le Dernier tango à Paris, réalisé en 1972. Véritable légende vivante, Marlon Brando y interprétait un de ses derniers rôles. Une scène de sodomie avait fait scandale et provoqué l’interdiction du film en Italie. L’actrice Maria Schneider, alors âgée de 19 ans, en avait été profondément marquée. Le réalisateur avait raconté par la suite que l’actrice n’avait pas été complètement avertie avant le tournage du contenu de cette scène.

Dans sa longue filmographie, les œuvres de Bernardo Bertolucci prennent des formes et des visages divers, des trônes de Chine dans Le Dernier Empereur aux plaines de Toscane dans Beauté volée. Un fil rouge pourtant : cette fascination pour la transgression et la puissance de l’intime, magnifiquement évoquées par le cinéaste.

« C’était le dernier empereur du cinéma italien, le seigneur de toutes les fresques et de toutes les frasques. La fête est finie : il faut être deux pour danser le tango », a déclaré ce lundi Gilles Jabob, ancien président du Festival de Cannes qui avait remis une palme d’honneur à Bertolucci en 2011.

 

Innocent KONAN