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« Si Beale Street pouvait parler » : l’amour en plein chaos

Jean Paul Tra Bi | | Cinéma

© Tatum Mangus Annapurna Pictures

Ce film de Barry Jenkins est un extrait d’un roman de James Baldwin qui met en confrontation un couple de Noirs aux injustes et au racisme dans le Harlem des années 1970.

Dans ce long-métrage, Barry Jenkins pousse le romantisme jusqu’à la mièvrerie. Son histoire d’amour idéale entre deux êtres purs filmés au rythme d’une musique jazzy finit par lasser… Heureusement que ses deux comédiens sont charismatiques.

Pour le succès de ce film, Barry Jenkins travaille à l’union de ces deux pôles, le politique et l’intime, et l’objet d’une mise en scène et un montage qui les imbriquent l’un et l’autre

Les éléments principaux constructifs de ce film (la palette chromatique, les lignes mélodiques de la bande-son) favorisent l’ambiance du Harlem c’est à dire s’inspirer des images de grands photographes, le déplacement des corps à l’intérieur du cadre contribue à ce grand ensemble harmonieux entre le monde extérieur répressif et l’histoire d’amour lumineuse.

C’est d’ailleurs sur ce paramètre que le cinéaste demeure fidèle à James Baldwin, romancier de l’existentialisme politisé, de la lutte pour la reconnaissance de l’identité noire et des droits civiques.

C’est donc ce qui a poussé le romancier à écrire  » Si Beale Street pouvait parler, » au début des années 1970.  Ce fut un acte d’engagement pour cet écrivain dont sa mission est de défendre la cause des Noirs américains.

Après avoir quitté les Etats-Unis pour s’installer en France, l’écrivain s’en remet alors à ce en quoi il a toujours cru au sujet de l’amour. C’est une croyance idéaliste susceptible de sauver l’humanité, les noirs de leurs conditions et le monde du chaos.

C’est un hommage rendu par Barry Jenkins au sujet la relation amoureuse entre Tish et Fonny dans un élan de délicatesse qui est à la fois l’objet de la littérature et du cinéma.

 

Jean Paul TRA BI