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La restitution d’objets d’arts prévue par le président français crée polémique

Irene COULIBALY | | Arts Vivants

Grandes statuettes royales du Dahomey au musée du Quai Branly à Paris.
© REUTERS/Philippe Wojazer

Après l’annonce du président Emmanuel Macron de la restitution de plusieurs œuvres d’arts au Bénin, des inquiétudes montent notamment dans le camp des musées français et artistiques. Le directeur de Quai-Branly Stéphane martin plaide pour ne pas que l’histoire douloureuse de la colonisation porte préjudices aux musées français qui risquent de se vider.

Le président français avait annoncé vendredi 23 novembre que son pays allait restituer 26 œuvres d’arts au Bénin. Une décision qui a été saluée par la voix du ministre des affaires étrangères du Bénin, Aurélien Agbénonci qui a loué le courage et la détermination du président français à respecter sa promesse faite lors de son passage à Ouagadougou en 2017.

Mais cette décision ne semble pas être partagée par tous. Le directeur du quai-Branly a, le 25 novembre sur Europe 1 signifié que les musées ne doivent pas être « otage de l’histoire douloureuse du colonialisme ». Ce musée compte à lui seul 70.000 des 90.000 objets d’arts de l’Afrique subsaharienne présent dans les musées publics français, de quoi s’inquiéter de cette restitution prévue par le président français. Restituer tous ces œuvres d’arts serait mettre fin au musée du Quai-Branly, qui se retrouverait vidé de plus de la moitié des objets qui le composent.

Des statues royales, des trônes, des portes, ce sont les objets pris comme trophée lors de la conquête du Dahomey à la fin du XIXe siècle que ce musée devra maintenant rendre aux propriétaires légitimes.

Pour les opposants à cette restitution, les objets d’arts risqueraient d’être mal entretenus vu le manque de musées en Afrique mais pour l’historienne béninoise Marie-Cécile Zinsou, le retour de ces œuvres marque une « dignité » et une « fierté retrouvée ».

Le directeur du Quai-Branly lui, plaide plutôt pour la construction d’une communauté mondiale de l’art, du musée, du partage. Les jours prochains donneront suite à ce litige.

 

Irène COULIBALY