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La récade, puissant vecteur de communication du royaume Dahomey

Arsene DOUBLE | | Arts Visuels

© Crédit Photo: Delphine Bousquet

La récade, un bâton de commandement utilisé, entre le 16e siècle et le début du 20e siècle, dans le royaume de Dahomey au Bénin, répondait à plusieurs vocations. Remis au messager, en temps de guerre ou lors de la convocation d’un sujet, ce sceptre royal marquait l’authentification de l’origine du message. En plus, il tenait lieu d’instrument de danse.

Réalisées par des artistes royaux, en ivoire, en bois ou en métal, les récades sont ornées de leur emblème animal : le lion pour Glélé et le requin pour Béhanzin, son fils. Elles comportent un manche coudé de cinquante centimètres environ, parfois clouté de métal. Certaines récades sont entièrement recouvertes d’argent ou de cuivre jaune. Encore présents dans le « Petit Musée de la Récade » du galeriste parisien Robert Valois, espace consacré aux sceptres royaux du Bénin, ouvert en décembre 2015, ces sceptres royaux répondaient à plusieurs vocations. Remis au messager, en temps de guerre ou lors de la convocation d’un sujet, ils marquaient l’authentification de l’origine du message. En plus, ils tenaient lieu d’instrument de danse.

« Le terme vient du portugais “recado”, qui veut dire message, explique Bajidé Dakpogan, le conservateur. En fon, la langue d’Abomey, on dit “makpo”, bâton de la rage ». Ce sceptre représente l’autorité royale. En temps de guerre ou pour convoquer un sujet, il était remis au messager pour authentifier l’origine du message.

La récade sert aussi comme instrument de danse. « Le roi saluait le peuple avec et il rythmait le début des danses à la cour royale », détaille Bajidé Dakpogan. L’usage était très codifié : accrochée à l’épaule gauche et tenue par la main droite.

Selon le directeur de l’Office du tourisme d’Abomey, Gamin Djimasse, les artisans locaux continuent d’en fabriquer. « Quand des visiteurs de marque viennent, la mairie en commande auprès d’artisans locaux pour leur remettre, raconte-t-il. Et de poursuivre : « Et les adeptes du vaudou [religion originaire de l’ancien royaume du Dahomey, ndlr] s’en font fabriquer pour danser lorsqu’ils sont possédés. »

Il y en a aussi dans les collections du musée du Quai Branly à Paris : 157 selon le site.

La présence des récades dans le « Petit Musée de la Récade », à en croire Robert Vallois, s’inscrit dans une logique didactique. « Ces pièces sont rassemblées essentiellement dans un but éducatif. On a 500 visiteurs par mois », souligne l’octogénaire et collectionneur passionné d’art africain.

 

Arsène DOUBLE