Suivez Nous

Le musée du Quai Branly à Paris expose la collection d’art tribal d’Helena Rubinstein, l’une des pionnières de la cosmétique

Arsene DOUBLE | | Arts Visuels

Le musée du Quai Branly à Paris expose, jusqu’au 28 juin 2020, 60 œuvres de la collection d’art tribal d’Helena Rubinstein (1872-1965), surnommée la “reine des cosmétiques ”.

Helena Rubinstein, fondatrice de la société cosmétique éponyme devenue une propriété du groupe “L’Oréal” depuis 1984, a réuni, à partir de 1909, une collection absolument exceptionnelle d’art tribal et principalement d’art africain. L’ensemble comprenait 360 pièces lorsqu’il a été dispersé en 1966 aux enchères à New York, un an après sa mort. Soixante parmi les plus fascinantes des œuvres qu’elle possédait sont exposées au musée du Quai Branly à Paris, jusqu’au mois de juin.

« Témoignage rare d’une collection féminine, on peut se demander comment celle-ci est arrivée à ce point d’exception », déclare Hélène Joubert, la commissaire de l’exposition, séduite par la précocité et la clairvoyance de l’industrielle polonaise Helena Rubinstein.

Il y a quelques années déjà, sa biographe Michèle Fitoussi a expliqué que celui qui fut un temps son mari, Edward William Titus, avait pour meilleur ami le sculpteur moderne qui vivait à Londres, Jacob Epstein. « Il la chargeait couramment d’acheter pour elle à l’hôtel Drouot des pièces d’art africain. Elle a commencé à se prendre au jeu au point de faire, pour son propre compte, des acquisitions quand par exemple les adjudications dépassaient le budget du sculpteur ».

L’une des clefs de la collection Rubinstein consistait à acheter en masse. « Voilà comment il faut collectionner… Par camion entier » aurait confié Helena Rubinstein. L’historien des collections d’art tribal Bertrand Goy confirme : « En 1937 elle faisait l’acquisition auprès d’un ancien agent des services coloniaux F.-H Lem, de 63 objets d’Afrique de l’Ouest. En 1952, elle achetait la collection du docteur L’heureux, 56 terres cuites funéraires de la culture Agni (ndlr : Ghana, Côte d’Ivoire) ». Il conclut « Pour réussir sa collection, elle a obéi à deux règles clefs : acheter en grand nombre donc moins cher et être conseillée par des personnes éclairées ».

Aujourd’hui, nous pouvons tirer de nombreuses leçons de la collection d’art tribal d’Helena Rubinstein. D’abord parce que son œil a fait ses preuves à travers le temps au point de devenir une provenance source de plus-values importantes. Mais encore parce qu’elle a mis au point une méthode dont on peut suivre certaines règles encore aujourd’hui. Michèle Fitoussi écrit : « En art même le « mauvais goût » l’intéresse à̀ condition qu’il y ait « du flair et de la croyance en la justesse de la chose ».

 

Arsène DOUBLE