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« Malick Sidibé 08  Exposition photo « Malick Sidibé 08 » à la Fondation Zinsou – Un boulevard de souvenirs des années 50 et 60

Sessi Tonoukouin | | Arts Visuels

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Un univers rétrospectif de la chaleur, de la fougue juvénile bamakoise des années 50 et 60 s’ouvre à Cotonou, depuis le dimanche 16 février 2008, à travers les 300 photographies noir et blanc du célèbre photographe Malien Malick Sidibé, lauréat du lion d’or à la 57è biennale d’art de Venise en 2007.

Une exposition de 300 photos souvenirs de la vie à Bamako sur trois sites permanents. Un studio ambulant et une scénographie mobile dans huit quartiers de Cotonou, la capitale économique du Bénin. Extraits de pensées fortes du photographe. Des installations d’appareils photos pour faire revire l’art de la photographie de plus de quatre décennies antérieures par des prises de vues gratuites du 17 au 23 février. Des projections des diapositifs le soir suivies de films. Une bonne ambiance séduisante pour drainer la foule sur les différents sites. Voilà le bouquet de l’expo « Malick Sidibé 08 » que la fondation Zinsou, spécialisée dans la promotion de l’art contemporain en Afrique, offre au public cotonois. Mais avant l’accueil du public, le vieux photographe ne cache pas sa joie et sa fierté de communier avec le Bénin. « Après Venise, je suis très content d’avoir la plus belle exposition de ma carrière à Cotonou parmi mes frères, » s’exclame-t-il lors du vernissage de l’exposition. Sa joie reste d’autant plus grande à la vue de la représentation grandeur nature de son premier appareil photo, véritable pièce de musée de nos jours. Il n’a pas manqué non plus d’ajouter avec une profonde satisfaction : « je suis comblé dans mon métier et j’ai atteint le sommet avec mon exposition au Bénin ».
« Malick Sidibé 08 », exposition soigneusement montée par la fondation Zinsou, reste très vivante et innovantes de par les activités périphériques d’animation et la mise en relief des thématiques par site. Au cœur des « merveilles de Malick », des images festives et d’ambiance des jeunes pour servir de beaux délices aux regards des visiteurs. Look afro des années 50 ; tendance libertine de la jeunesse malienne à se libérer du poids de la tradition, exhibitions de fringues, portraits expressifs de joie de vivre, pose de mariées. Rien ne résiste à l’objectif du chasseur d’images Bamakois. Il peint simplement à l’aide d’images simples et vivantes les réalités quotidiennes de sa société. Il révèle pour la postérité des moments émouvants sur papier. Tout est à capter pour Malick, qui reconnaît qu’il n’est pas écrivain, mais plutôt un historien à travers l’image. « Je fixe la réalité d’un moment donné avec la photo », s’exclame-t-il. Toutefois, il reconnaît que c’est l’élan des jeunes, qui a été le ferment de son travail. Le reporter de proximité confie que les jeunes ont été très déterminants dans son travail, qui a été enrichi ensuite par les réalisations de studio notamment les portraits créatifs. Il vit à travers ses photographies une complicité et une forte intimité avec ses modèles. Il n’en tire que l’essentiel et l’idéal. La joie, la gaieté, l’élégance et la fougue d’une jeunesse africaine. Les photos de Malick mettent en relief à la fois le beau, l’humour, et la joie d’une société.
Durant trois mois alors le public de Cotonou découvrira toutes les merveilles de l’objectif de Malick Sidibé, qui compte derrière lui plus de 50 ans de photographie. En chiffre, il totalise 57 expos collectives et 35 individuelles. Une référence africaine, que la fondation Zinsou a bien voulu reconnaître par cette exposition. « Je suis fière de montrer que l’Afrique ne se résume par qu’à des guerre, ni des sinistres. Elle n’est pas non plus le siège des pandémies. L’Afrique rayonne. Et ceci est valorisé par le travail de Malick » a fait entendre Marie Cécile Zinsou, présidente de la fondation Zinsou, lors d’une conférence de presse à Cotonou. Elle honore ainsi, un modèle de succès de l’Afrique positive, qui a été reconnu au plan international par la 57è Biennale des Arts de Venise en 2007 par la plus haute distinction « le Prix du lion d’or ». Mais en 2003 déjà, il décrocha le prix Hasselblad. Bon visionnaire, Malick a réussi à décrocher à travers ses photographies un mérite. Celui de dire, aux générations présentes et futures, que l’Afrique, c’est la joie, la gaieté et la fierté de vivre.