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 LE TRAFIC ILLICITE DES BIENS CULTURELS Face au vide juridique, la Côte d’Ivoire s’organise

Cheickna D Salif | | Arts Visuels

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En Côte d’Ivoire, l’on ne mesure pas encore l’ampleur des dégâts en ce qui concerne l’état du patrimoine culturel dans les zones sous occupations de l’ex-rébellion. Surtout que d’ordinaire dans les États africains, répertorier le patrimoine culturel relève d’une gageure. Pourtant, ces États s’attèlent toujours à former des spécialistes en la matière. Malgré tout, le patrimoine culturel demeure le cadet des soucis des gouvernants contrairement au discours creux qui fait chaque jour la promotion de la richesse du patrimoine culturel africain. Cela peut expliquer le fait que des pièces d’art de grande valeur provenant d’Afrique atteignent les millions d’euro lors des ventes aux enchères en Europe tandis que la communauté créatrice de ces œuvres ne perçoit aucun droit. Les cas sont légions et il y a lieu pour les Africains de répertorier et d’établir des mécanismes juridiques pour protéger leur patrimoine culturel soumis, très souvent, au trafic illicite.

En Côte d’Ivoire, force est de constater que la sortie des œuvres d’art voire des biens culturels n’est soumise à aucune réglementation. Ce « vide juridique » profite donc aux trafiquants qui ne se font pas prier pour piller. Déjà en 2004, lors d’un atelier sur le trafic illicite des biens culturels tenu à Grand-Bassam (à 50 kms à l’Est d’Abidjan) avec des représentants de l’UNESCO, d’Interpol, des archéologues, des muséologues, des artistes et des journalistes culturels, etc. les mêmes constats ont été faits : le vide institutionnel et juridique, ainsi que le manque de stratégie de lutte et bien d’autres dispositions semblent expliquer ce fléau. Toutes ces remarques, suggestions et propositions ont été confinées dans le rapport de synthèse des travaux. Hélas, rien n’a été fait jusqu’à présent et l’on se retrouve encore à faire l’état des lieux. Autrement, le présent atelier aurait du porter plutôt sur l’évaluation des décisions de celui de 2004…

Conscient de la situation, le ministère de la culture et de la francophonie de Côte d’Ivoire a décidé d’organiser un autre atelier national sur le trafic illicite des biens culturels. Pour le ministère, cet atelier permettra de faire un état des lieux de la lutte contre le trafic illicite des biens culturels en Côte d’Ivoire et d’arrêter des résolutions aux fins de renforcer les capacités pratiques des structures qui y sont impliquées.
Cet atelier qui se déroulera dans le mois d’octobre s’articulera autour de deux communications : «Les aspects institutionnels et juridiques de la lutte contre le trafic illicite des Biens Culturels» et «Les stratégies institutionnelles et juridiques de la lutte contre le trafic illicite des Biens Culturels »), suivies de débat et regroupera cinquantaine de participants.