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L’art reprend ses droits avec Momboye à Treichville

Remi Coulibaly | | Arts Visuels

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Nommé, le mois dernier, directeur du Ballet national de Côte d’Ivoire, le danseur et chorégraphe ivoirien de renommée mondiale, Georges Momboye, vient de frapper un grand coup.

En effet, il a acquis l’accord du gouvernement, via le ministre de la Culture et de la Francophonie, Maurice Bandaman, la transformation de l’ex-Centre culturel de Treichville (actuelle Mission évangélique La source) en la future Maison de la danse d’Abidjan. «A défaut d’avoir le Palais de la culture», renchérit notre source. Information non démentie par Georges Momboye. Qui, d’ailleurs, contre-attaque pour dire qu’il est dans l’attente d’une réponse du gouvernement, quant à la proposition budgétaire par lui faite au ministre de la Culture et de la Francophonie, aux fins de viabiliser pour rentabiliser, «au bout de 18 mois» cette Maison. L’ambition affichée du directeur du Ballet est de faire de ce lieu, non seulement l’antre de sa structure, mais aussi et surtout, «un véritable pôle dédié à la danse et à la chorégraphie et d’en faire un véritable centre d’industrie culturelle, attractif et rentable, à même de couvrir, très rapidement, les investissements de l’Etat». Etant entendu, à en croire Momboye, que la Maison de la danse sera le creuset dans lequel se mouleront tous les danseurs contemporains, traditionnels et urbains avec, en prime, un centre d’alphabétisation et de perfectionnement. Au plan infrastructurel, le patron de la danse en Côte d’Ivoire a déjà concocté une maquette prévoyant trois salles principales: une, insonorisée de 1 400 places, une, style théâtre de verdure de 3.000 places et une, tendance cabaret de 800 places. Sans compter avec les trois studios spécialisés (enregistrement, audiovisuel, répétition). Toutes choses qui, en plus du programme d’échanges culturels avec les compagnies de danse du monde entier sur les tablettes de Momboye et des quatre spectacles hebdomadaires, devraient rendre pérenne l’activité de la Maison de la danse d’Abidjan. Si le ministre Bandaman a prêté une oreille attentive au projet de son collaborateur dont il a apprécié le pragmatisme et du volontarisme, la mise en chantier du projet dépend d’une coordination gouvernementale générale. N’empêche, le directeur du Ballet national lui sait gré de sa sollicitude pour contribuer, par l’art, à la reconstruction et la réconciliation en marche dans le pays.

In fine, cette structure conduira à résorber l’exil volontaire et illicite des danseurs, fort récurrent, cette dernière décennie, tout en intégrant le programme du Président Alassane Ouattara de réduction du chômage et de la pauvreté.