Suivez Nous

Koua Malandjo Eric Stéphane, tatoueur professionnel ivoirien : « Le tatouage n’est pas synonyme de banditisme, c’est un mode de vie … »

Innocent KONAN | | Arts Visuels

© Crédit photo: Ki2la Tatoo

Né en 1989 dans la commune de Yopougon à Abidjan, Koua Malandjo Eric Stéphane de son nom d’artiste Ki2la Tatoo, fait du tatouage sa passion. La démarche de se faire tatouer ou de devenir tatoueur peut intriguer. L’artiste s’est confié au micro de 100%culture ce vendredi 4 octobre 2019 pour nous parler de cette passion qu’il a embrassée depuis son jeune âge.

 

Présentez-vous à nos lecteurs

Je suis Koua Malandjo Eric Stéphane plus connu sous le nom de Ki2la Tatoo. Je suis artiste tatoueur ainsi que designer. J’exerce dans le domaine du tatouage.

 

Comment êtes-vous devenu artiste tatoueur ?

Disons que tatouer, c’est une passion. J’étais en sixième quand j’ai fait mes premiers pas dans le tatouage. J’avais un grand à l’école qui était tatoueur donc je marchais souvent avec lui et je voyais tout ce qu’il faisait et avant d’aller en France, il m’a plus ou moins assisté sur certains petits travaux que j’avais commencés et après c’est venu tout seul. En gros, Je suis autodidacte. Depuis la sixième jusqu’à ce jour ça fait 13 ans que je tatou. Avec le temps, je me suis amélioré.

 

Pourquoi avez-vous choisi ce métier ?

J’ai commencé très tôt. Et par moment, j’ai envie de dire que c’est ce travail qui m’a choisi. C’est venu tout seul. Parce qu’à l’époque, je dessinais et cela a intéressé pas mal de personnes. Du coup ça m’a intéressé d’apprendre à tatouer. Vous savez c’est aussi de l’art, il faut avoir sa propre personnalité. C’est comme ça que j’ai commencé ; le dessin et le tatouage.

 

Est-ce dire que vous n’avez pas eu d’autres ambitions ? ou plutôt vous n’avez pas eu assez de temps d’embrasser un autre métier ?

J’ai d’autres ambitions, la preuve en est que je termine bientôt ma formation en graphisme. Je suis allé au Ghana pour des études. Après le Ghana j’ai découvert pas mal de choses dans un domaine que j’aimais bien aussi, le graphisme et le webdesign. Jai des projets concernant ce domaine. Mais pour l’instant le tatouage est plus ma priorité.

 

Pourquoi se tatouer ?

Je n’incite personne à se tatouer mais je défends mon art. On sait que le tatouage est mal vu. Mais au-delà de ça, il faut voir la satisfaction avec cette personne qui vient se tatouer. Il aime la chose et quand c’est bien fait, il approuve. Donc pour moi, le tatouage est un moyen de satisfaire les désirs de ces personnes qui ont souvent du mal à trouver de bons tatoueurs. On peut être tatoué et être bien éduqué. Le tatouage n’est pas synonyme de banditisme, c’est un mode de vie, c’est une passion.

 

Quel regard votre entourage porte-t-il sur vous étant tatoueur ?

Jusqu’à présent nul ne m’a encore fait de jugement négatif concernant mon activité. Bien le contraire, ils me félicitent et m’encouragent. Mon art est accepté par la société.

 

Quelle est votre source d’inspiration ?

Je m’inspire de tout. Mais je suis dans le style dark and grey. Je ne fais pas de tatouage en couleur. Mes travaux sont réalisés en blanc et noir.

 

Est-ce uniquement dans votre pays la Cote d’ivoire que vous exercez cet art ?

Ma passion pour le tatouage s’est plus développée quand j’ai connu le Ghana, là-bas j’ai rencontré d’autres tatoueurs. Et ce sont des personnes qui voyagent dans pas mal de pays d’Afrique, et là c’est ce que je fais en ce moment. Des tatoueurs quittaient en Europe pour venir tatouer en Afrique. Et je me suis dit, pourquoi moi qui suis déjà ici, je ne vais pas faire comme eux s’il y a la demande. La Côte d’Ivoire est ma base mais j’exerce dans pas mal de pays. J’organise des séances tatou. Bientôt je serai au Sénégal, au Burkina Faso et je retourne encore au Ghana pour des séances tatou et bientôt le Libéria. Je fais d’abord des séances pour l’Afrique de l’ouest et ensuite j’irai dans les autres contrées du monde.

 

Combien de personnes arrivez-vous à tatouer au cours d’une journée ?

Une journée ça va dépendre de la taille des dessins. Pour les petits motifs, la préparation du dessin et le travail accompli, ça peut me prendre une heure. Je travaille sur rendez-vous. Habituellement, je fais 5 à 6 rendez-vous par jour. Mais pour des grands motifs, c’est une à deux personnes par jour.

 

Vos clients repartent-ils satisfaits ?

Toujours…

 

Un mot envers ceux qui ont un regard négatif sur le tatouage ?

Le tatouage est un métier comme tout autre métier. On a aujourd’hui un regard négatif sur les personnes qui portent le tatouage. Mais il faut savoir qu’on peut être tatoué et être bien éduqué, être poli. Il faut arrêter de rejeter le tatoué, c’est aussi un être humain. Il faut qu’on accepte l’autre tel qu’il est.

 

Innocent KONAN