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Jems Robert Koko Bi, un artiste hors-pair

Irene COULIBALY | | Arts Visuels

© Antoine Tempé

A la fois sculpteur et performeur l’artiste plasticien Koko Bi fait la fierté de la Côte d’Ivoire et est l’un des meilleurs dans son domaine. Il affiche une barbe assez remarquable qui pour lui, représente le cordon ombilicale entre sa mère et lui de qui il a été très tôt séparé. Avec le bois mort, il fait des merveilles.

Agé aujourd’hui de 52 ans, Koko Bi a débuté ses études à l’institut nationale supérieure des arts et de l’action culturelle à Abidjan (INSAAC) et en 1992, il entre dans un atelier de l’artiste Klaus Simon à Abidjan. En 1997, il décroche une bourse d’étude « le DAAD Sholarship » pour l’Allemagne où il intègre la Kunstakademie dusseldorf et participe également au « master class » de Klaus Rinke. Et c’est en Allemagne que débute véritablement sa carrière.

Il excelle dans la ciselure de bois brulé, son matériau de prédilection avec lequel il réalise des formes tantôt figuratives et tantôt abstraites et conceptuelles. L’artiste sculpte le bois mort pour lui redonner vie. A travers ses œuvres, il met en vue la lutte pour le pouvoir (installation de chaises en 2013) et la fuite de cerveaux (convoi royale en 2010). Son travail est utilisé dans l’exposition « the divine comedy » qui a débuté son tour mondial en 2014.  L’artiste enchaine les prix et les expositions. Il reçoit en 2000 le prix de la biennale de Dakar suivie de celui de la francophonie pour son œuvre Darfur à la 8e édition de dak’art en 2008. Il participe à l’exposition biennale du havane à cuba en 2003, puis à la documenta de Kassel en Allemagne en 2012. Et enfin au pavillon ivoirien de la biennale de Venise en 2013, 2015 et 2017. En 2016, il est invité par la biennale de Dakar pour présenter son installation « racines » sur la place du souvenir à l’occasion de l’exposition « contours ». En 2017, il participe à l’exposition sphère organisée par la Galleria Continua au 104 à paris.

Au vu de tout le travail abattu, Jems Koko Bi reçoit des mains du chef d’Etat ivoirien un prix d’excellence pour le féliciter et l’encourager. Il a même été l’invité de la page culture au JT de 20h du samedi 11 août 2018. Ce fut l’occasion pour lui d’expliquer en quelques minutes ce que représente l’art pour lui. L’artiste confie qu’il faut communiquer avec le bois, pour lui le bois parle à qui sait l’entendre et l’écouter. Pour préserver l’écosystème et la nature, il ne manque pas de planter du bois

 

Irène COULIBALY