Galerie Cécile Fakhoury: Une vision à long terme !
Ouverte à Abidjan-Cocody le 15 septembre 2012 et avec ses 600 m2 de superficie la « Galerie Cécile Fakhoury » est l’une des plus actives en terre ivoirienne. Après des études en économie et histoire de l’art, Cécile Fakhoury a fait ses armes dans plusieurs galeries (David Zwirner à New York, Chantal Crousel à Paris) et chez Sotheby’s, avant de s’installer en Côte d’Ivoire, un pays qu’elle connaît bien (elle a épousé le fils de l’architecte libano-ivoirien Pierre Fakhoury). Lorsqu’elle décide de se lancer dans cette « folle aventure » qui consistait à ouvrir une galerie d’art contemporain à Abidjan elle avait en idée de donner « plus de visibilité aux artistes et de participer à la création d’un véritable marché de l’art contemporain, en Côte d’Ivoire et sur le continent. Même s’il ne se développera pas du jour au lendemain ». « Quand j’ai décidé d’ouvrir une galerie d’art contemporain à Abidjan, beaucoup de gens m’ont dit que ça n’allait pas marcher », se souvient-elle. Aujourd’hui, à quelques semaines du troisième anniversaire de sa galerie Cécile Fakhoury juge positif son bilan et optimiste quant à l’avenir de sa structure. Nous l’avons rencontré pour lui arracher quelques mots.
Pouvez-vous vous présenter et nous présenter votre structure ?
Je suis Cécile Fakhoury, directrice d’une galerie à Abidjan depuis 3 ans bientôt. C’est une galerie d’art contemporain, j’y présente des artistes de Côte d’Ivoire et d’ailleurs. On présente des expositions tous les deux mois, avec, pour l’instant, une majorité d’expositions personnelles offrir une bonne lecture aux visiteurs et aux collectionneurs qui ne connaissent pas forcement le travail des artistes que j’expose. Le but est d’avoir une programmation dynamique et régulière. Nous développons aussi une stratégie internationale par des participations à des foires d’art contemporain à l’étranger dans des villes comme Londres, New York ou Dubaï. La galerie participe également a des événements tels que des biennales. Je souhaite aussi, par le biais de collaboration, créer des ponts avec des structures dans d’autres pays de manière à créer des dialogues, des échanges et connecter la galerie au reste du monde.
Vous avez ouvert votre galerie en septembre 2012. Pourquoi avoir choisir de la dénommer « Galerie Cécile Fakhoury » ?
Nommer une galerie par le nom du propriétaire est quelque chose de très classique. J’ai travaillé dans différentes galeries et c’est vrai que celles-ci portaient le nom du propriétaire. J’ai donc appliqué ce que je connaissais et ce avec quoi j’étais familière.
On voit une certaine effervescence dans la naissance des galeries à Abidjan depuis la fin de la crise post-électorale de 2011. A votre avis, y a-t-il une interprétation, une lecture ce phénomène ?
Je pense que c’est une bonne chose, le but de mon action est de développer un marché local en Côte d’Ivoire, pour ce faire il faut l’existence de différents acteurs qui œuvrent dans le même sens. Il faut bien entendu des galeries, des musées, des fondations, des collectionneurs, il faudrait de plus en plus d’Africains qui soutiennent les artistes africains en achetant et collectionnant leurs œuvres. Il y a beaucoup de facteurs qui doivent se mettre en place pour qu’un marché dynamique se développe. L’ouverture de galeries qui permettrai des propositions multiples est important et personnellement je le vois d’un très bon œil, c’est ce à quoi je travaille et il est évident que je ne réussirai pas seule. Il faut qu’on soit plusieurs à œuvrer pour la même cause afin qu’il y ait une voix qui nous entende sur place et au-delà de nos frontières.
Vous avez parlé de développer un marché local dans lequel les galeries doivent jouer un rôle dans la promotion des artistes. Comment cela pourrait se réaliser ?
Je parlais d’un marché local pas forcément avec des artistes locaux, il peut s’agir d’artistes d’autres lieux. Je travaille actuellement avec des artistes africains parce qu’il y en a beaucoup qui ont un très bon travail dont je souhaite faire la promotion mais à terme quand il y aura un marché assez fort on pourra aisément présenter des artistes étrangers. Quant à savoir quoi faire pour développer ce marché local je pense qu’il faut avoir une politique assez dynamique en suscitant l’intérêt, en présentant par exemple de façon assez régulière des expositions avec de belles propositions. Ensuite créer un réseau pour développer l’intérêt des collectionneurs et des potentiels clients. Je vois depuis mon arrivée ici un bon développement grâce à toute une jeune génération qui est en train de se réinstaller en Côte d’Ivoire après avoir fait leurs études à l’étranger un peu partout dans le monde, qui voyant qu’il y a un marché qui émerge dans le monde se demande pourquoi pas chez nous aussi. Le travail d’une galerie ici est de sensibiliser un public mais aussi et surtout sensibiliser un réseau de collectionneurs. Une galerie n’existe pas sans ces deux parties. C’est donc un travail de fond et je pense qu’il y a à Abidjan beaucoup de facteurs qui sont réunis pour qu’un jour il y ait un marché de l’art contemporain.
Votre galerie a ouvert ses portes en 2012 précisément le 15 septembre. Dans quelques semaines vous aurez trois ans d’existence. Quel est le bilan que vous pouvez faire par rapport aux objectifs que vous vous étiez fixé ?
Il était compliqué d’avoir des objectifs fermes car il n’y avait aucune manière de savoir ce que cette galerie pouvait donner et comment elle pouvait évoluer. Je me suis installée juste après les événements (2011) ce sont des raisons personnelles qui m’ont amené en Côte d’Ivoire. Je travaillais en galerie à Paris à l’époque et je souhaitais évoluer dans le même domaine. J’ai donc développé cette structure, mon seul objectif était d’ouvrir, de travailler et d’observer ce qui se passait afin de percevoir quelles voies je pouvais emprunter pour faire évoluer ce projet. Aujourd’hui pour moi le bilan est positif. Rapidement il y a eu un engouement grâce à un bouche-à-oreille efficace, les gens se sont déplacés, ce qui a permis une bonne fréquentation, il y a eu des premières acquisitions, ce qui a impulsé un mouvement à la galerie. Je me suis aperçue qu’il y avait à Abidjan un potentiel pour développer un marché local. Aussi très rapidement j’ai eu la volonté d’inscrire la galerie sur un marché international. Aujourd’hui La galerie se développe bien grâce à quelques collectionneurs locaux qui soutiennent la galerie mais également grâce à de nombreux collectionneurs étrangers. Il est vrai que trois ans c’est court, il y a beaucoup à faire mais le bilan est positif. J’en suis encore aux prémices mais des bases sont posées.
Lorsque vous dites que beaucoup reste à faire pouvez vous être plus explicite ? Aussi vous faites des expositions tous les deux mois quelles sont vos méthodes de communications ?
Je parle de propositions, du développement d’un marché local. Je me consacre donc totalement à ma galerie pour mieux y développer les activités. De mon point de vue le rôle d’une galerie est de faire des expositions, de présenter de nouveaux artistes, de les faire découvrir et de les placer dans de bonnes collections. Sur le terrain nous utilisons différents moyens de communication notamment les mailings, les courriers papier, nous sommes très présents sur les réseaux sociaux notamment facebook, instragram, twitter… qui sont un moyen de communication assez efficace, en très peu de temps on eu énormément de personnes intéressées par les actualités de la galerie. Aujourd’hui toute personne qui désire avoir des informations sur la galerie peut venir inscrire son adresse e-mail sur mailing liste. Nous envoyons régulièrement une newsletters relatant toute l’actualité de la galerie et des artistes. Après développer un réseau de collectionneurs c’est beaucoup de déplacements, d’appels, de mails, tenir au courant ses collectionneurs de ce que l’on fait, leur proposer des pièces qui correspondent à leur attentes. La participation de la galerie a ces différents évènements internationaux tel que les foires et les biennales participe au développement de la renommer de la galerie. Nous communiquons également au près des jeunes générations, nous avons des visites scolaires très régulièrement, nous sommes en contact avec des établissements pour organiser cela avec les professeurs. Même si normalement ce n’est pas le rôle d’une galerie nous jugeons important cette sensibilisation des plus jeunes.
Vous faites actuellement une exposition dénommée « Présences ». Est-ce qu’on savoir de quoi il s’agit ?
« Présences » regroupe 4 artistes, Nestor Da, François-Xavier Gbré, Yo-Yo-Gonthier et Cheikh Ndiaye. Ils sont réunis autour de l’idée de création, leurs travaux évoquent l’histoire, le paysage, l’archive ou encore l’architecture. La volonté étant de montrer les prémices d’une exposition, comment elle se met en place, la construction et la réflexion des artistes. Ce processus de création et de réalisation est régulièrement au cœur des discutions avec le public.
Un dernier mot ?
On ouvrira en septembre avec la même exposition « Présences » et le prochain vernissage aura lieu début octobre avec une proposition de l’artiste Vincent Michéa, un Français basé entre Paris et Dakar. Et on espère avoir le plaisir d’accueillir vos lecteurs très prochainement à la galerie !
