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Exposition « diaspora et immigration » des maitres du Vohou-vohou à la galerie Houkami Guyzagn

Innocent KONAN | | Arts Visuels

Les peintre Kra N’Guessan (g) et Youssouf Bath (d). © Salif D CHEICKNA

Jeudi 26 Juillet 2018, la galerie Houkami Guyzagn, l’un des épicentres du rayonnement des arts visuels en Côte d’Ivoire située à Abidjan Riviera 2 prend plaisir de présenter les œuvres de deux artistes prodromiques du Vohou vohou : Youssouf BATH et KRA N’guessan

En effet, depuis qu’ils ont porté sur les fonts baptismaux, de façon formelle, l’école Vohou-vohou, en 1985, après l’avoir formatée plus d’une décennie durant aux Beaux-arts d’Abidjan, c’est la première exposition que Youssouf Bath et N’guessan Kra partagent ensemble sur les bords de la lagune Ebrié. C’est un évènement majeur d’autant plus que l’un et l’autre, sont ici comme ailleurs, des figures marquantes de l’art contemporain africain, après qu’ils aient, ensemble continué leurs cursus aux Beaux-arts de Paris (France) et que Youssouf Bath soit rentré au bercail (Dabou) pour y ouvrir son atelier, sur fond d’art-thérapie ; et l’autre N’guessan Kra, demeure en France, un pinceau majeur.

Il était 16h lorsque nous arrivons à la galerie Houkami soit 2h avant l’exposition. Nous avons trouvé la galerie quasiment pleine d’étudiants et d’autres visiteurs, eux aussi des amoureux d’arts venus pour décrypter le message que cache les magnifiques œuvres des maitres du Vohou-vohou et aussi faire connaissance avec les artistes. Etaient présents plusieurs amoureux d’arts dont Thierry Dia le directeur de la galerie Houkami Guyzagn qui réunit les deux maitres, Simone Guirandou-N’diaye, Dr Koffi Célestin  YAO, commissaire de l’exposition ; Enseignant-chercheur à l’Université Félix Houphouët Boigny, Mimi Errol, critique d’art, le directeur du livre et de la lecture en Côte d’Ivoire Henri Nkoumo, le cinéaste Idriss Diabaté et pleins d’autres invités. L’évènement fut ouvert par l’artiste traditionnel « Les confirmateurs » qui ont d’ailleurs confirmé cette belle soirée grâce à leur superbe voix qui donnait une belle musique au public. Tout au long de l’après-midi, l’espace dédié à l’exposition ne faisait que grouiller de monde. Il régnait une ambiance de fou ! Armé de sourire, les invités discutaient entre eux et d’autres profitaient pour mieux explorer la galerie Houkami Guyzagn.

Prenant la parole , Dr Koffi Célestin YAO, critique d’art, après avoir énuméré les différents œuvres des deux artistes affirme que « Bath et Kra au nombre de tous les précurseurs du Vohou, sont des embrayeurs  de cultures ivoiriennes et africaines dans la mesure où ils ont pu donner par la richesse et la profondeur épistémique de leur palette une multiplicité de possibilités salvatrices et oxygénantes, vis à vis du vide postcolonial potentiel et immédiat dans la conflictualité des valeurs incarcérées ou mises entre parenthèses et des traumatismes issus des nouveaux modèles  et codes de pensées … »

Le Vohou-vohou depuis sa création, a survécut, continue de survivre et est devenu un outil indispensable dans l’évolution de l’art contemporain ivoirien. Cette exposition bien qu’elle ait un message clé à donner aux africains à savoir sensibiliser les africains à mettre fin à l’immigration mais n’oublie pas de faire remarquer la présence du Vohou et la place qu’il occupe dans l’art contemporain ivoirien.

Pour Dr. Koffi Célestin YAO, « Cette exposition doit être perçue comme un retour à l’ordre des maitres de la peinture contemporaine en Côte d’Ivoire… » Et ajouta que « les artistes Vohou sont vieux, indéniablement, mais ils ne sont pas encore morts, d’ailleurs ils bandent encore. »

Quant à Mimi Errol, critique d’art, souligne qu’on « peut être vohou dans l’esprit » car il faut beaucoup d’imagination pour réussir un travail de Vohou-vohou. Pour lui quand on parle de Vohou-vohou il « pense à des artistes avec leurs égaux qui arrivent à se mettre ensemble pour faire quelque chose. » et affirme haut et fort que « le Vohou-vohou restera à jamais dans les annales de l’académie de l’art en Côte d’Ivoire ». Il invite les artistes ivoiriens à se mettre en groupe, à se réunir pour faire leur travail comme les deux maitres du Vohou-vohou car « la voix du groupe porte ».

Après avoir remercié tous les invités qui se sont déplacés pour le vernissage, en particulier Thierry Dia directeur de la galerie Houkami Guyzagn qui a permis ce grand rendez-vous et constatant l’immigration clandestine des jeunes africains vers l’Europe, Youssouf Bath et Kra N’guessan ont trouvé utile de faire une œuvre entière sur le sujet afin de sensibiliser les jeunes africains aux dangers de l’immigration car pour les maitres du Vohou -vohou « l’el-dorado n’est pas en Europe mais en Afrique… » Tout en faisant ressortir la misère de ceux qui réussissent à traverser la méditerranée.

Les visiteurs ont pris plaisir de suivre le décryptage des messages que contenaient les magnifiques tableaux des artistes à la fin de l’évènement

Thierry Dia a pu démontrer sa joie en offrant les meilleurs mets du restaurant de la galerie Houkami et plusieurs types de boissons aux invités qui ont effectués le déplacement. Tous furent satisfaits et ont apprécié la gentillesse et la simplicité de Thierry Dia.

Le vernissage s’est déroulé dans une bonne ambiance, et a reçu un franc succès auprès des amateurs.

Rappelons que l’exposition continue jusqu’au 26 Aout 2018 à la galerie Houkami Guyzagn.

 

Innocent KONAN