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Dimbeng, l’âme du Sankofa à travers le « Mixed Art Relief »

Desire Amani | | Arts Visuels

Mme Simone Guirandou N’Diaye, Directrice/fondatrice de la galerie Arts Pluriels, Présidente de l’Association Internationale des Critiques d’art, Section ivoirienne.
Professeur Yacouba Konaté, Critique d’Art, Curateur, coordonnateur Côte d’Ivoire de la Biennale de Venise 2013.

Vivre pour peindre ou peindre tout le temps pour toute une vie ?

Les débats en Arts, sur la discipline picturale ne cessent, depuis des années jusqu’à nos jours, d’envahir l’espace public et les lieux historiquement prédestinés à les nourrir.

La peinture, discipline ou expression artistique visant à la matérialisation de nos états d’âme par le charisme vital chatoyant des médiums naturels ou artificiels variés sur divers supports solides, flexibles, tactiles ou corporels, ne finira point de surgir dans nos précieux mets littéraires, philosophiques, esthétiques, scientifiques et artistiques.

Dimbeng a donc saisi cette forme de fidélité pour se consacrer à cette énigme de l’Art qui, comme une grossesse, se développe à l’intérieur de la chair du Savoir, et dont je vais m’efforcer de vous livrer la substantifique moelle.

Dans un dialogue avec le Vohou Vohou l’artiste tente donc de percer ce mystère glorieux à travers sa « technique signature » et son concept artistique et philosophique, le « Mixed Art Relief »: une texture harmonieuse et homogène par l’apport de différents matériaux (raphia, tapa etc) au service de  la mise en relief des cultures, celles dont elle est le fruit et celles qu’elle croise tout au long de sa vie. Cette noce picturale, qui chante et se rechante en vives tonalités à l’huile, justifie, dans la totalité de l’œuvre de l’artiste peintre Dimbeng, son grand retour sur la terre de ces ancêtres avec sa première exposition en terre Abidjanaise : «Retour vers le Futur».

Sogo Bo, 2013 ,130x97cm

Ce retour aux sources, ferme et sage décision, révèle avant tout le véritable amour que l’artiste tisse avec son second époux légalement connu, l’Art, et dans un second axe, l’expression des composantes spirituelles dans cette quête perpétuelle face à toute naissance dite créative aux yeux du « tout monde ».

La galerie Arts Pluriels de Mme Simone Guirandou N’Diaye, Directrice/fondatrice de ladite galerie et Présidente de l’Association Internationale des Critiques d’Art (AICA, section ivoirienne), a donné l’occasion à l’artiste d’apporter un renouveau sur cette scène de l’art. Mission accomplie, selon nos sources médiatiques, à travers l’alliance inédite d’un style, d’une technique, d’un concept artistiques novateurs et d’un concept philosophique fort puisé à différentes cultures dans leur fondement ancestral  ou moderne et livrant des valeurs universelles: le « Mixed Art Relief ».

En ce jour exceptionnel du 17 octobre, il est pratiquement 18 heures au moment où le beau soleil d’Abidjan se retire pour laisser la place à Dimbeng, cette apôtre du Sankofa. Symbole de la quête de Connaissance, le Sankofa garantit l’héritage et la survie des générations successives grâce au regard sur le passé qui permet de comprendre le présent et de bâtir l’avenir sur des fondations solides. Principe philosophique akan et ashanti qui a inspiré le nom de sa collection « Retour vers le Futur » recueillant l’adhésion du public de la Galerie Arts Pluriels lors de cette célébration de couleurs et de texture.

Saisie par la force gestuelle et émotive du discours que prononçaient les toiles au sommet de leur expressivité, tous ceux qui prenaient part à ce témoignage historique ont su capter les instances magiques qu’animait le code du pouvoir artistique. Pour cette immense messe de sociabilité culturelle, chacune des œuvres présentées par Dimbeng faisait écho aux différentes thématiques investies parmi lesquelles: les cycles et le miracle de la vie (Renaissance, Sept), le dépassement des préjugés (Derrière le Masque) ou l’introspection et l’autocritique (Sogo Bo).

Ce fut une alchimie parfaite qui, dans une conformité harmonieuse, traduisait la rencontre de deux supports: la pensée de l’Art et celle du commun des mortels.

Dans cette union entre l’art et la philosophie, menant la rivalité des idées conçues entre les lignes de la pensée et de la thérapie collective comme voie vers la créativité, le partage et la transmission représentent pour Dimbeng des valeurs primordiales.

Philosophiquement, ce qui compte pour cette artiste n’est autre que le champ lyrique qui jouit avec clarté sous les pleurs des pinceaux sur le support  toilé ou papier, inspiré par cette énergie vitale, le « Nyama » (l’une de ses oeuvres),  qui anime tout être et toute chose sur terre, symbolisant pour elle « le principe d’incarnation en ce à quoi l’on aspire ». Inspiré également par « des énergies visibles ou invisibles, des événements »  qui nous guident dans « Le Passage » (autre oeuvre de l’artiste), car ils « nous livrent des messages dont il faut savoir déceler la précieuse essence ».

Dans sa quête identitaire et de Connaissance,  l’artiste révèle de façon singulière la semence du sentier de l’excellence par l’architecture de ce travail exprimé avec éclat sur ces cimaises en ce jour.

La pratique artistique de Dimbeng recèle, avec une certaine distance, une raison de l’existence comme un flot dans cet univers, un site de recueillement pour les initiés et un temple de ravitaillement spirituel pour les non initiés.

La technique et la philosophie de l’artiste conjuguent dans une union improbable Raison et Emotion et révèlent « le miroir des consciences sublimés. »

Un pari prometteur pour les générations à venir qui peuvent s’inscrire dans le partage et la transmission mémorielle que prône l’artiste, en s’imprégnant du « Mixed Art Relief ».

Depuis le début de son attachement à la peinture, Dimbeng n’a cessé de conjuguer l’utile à l’agréable dans son approche historique artistique au gré des possibilités qui lui sont offertes. Aujourd’hui, avec l’approche conceptuelle de l’art contemporain, soucieuse de l’avenir culturel des champs esthétiques et de l’âme des beaux-arts qui meurt à petit feu, elle ravive humblement à sa juste manière cette flamme et jette une passerelle entre l’illumination fragmentée des formes colorées (symbolique du souffle de vie) et l’impact du moteur cognitif  emboitant les notions de talent et de surpassement vers la transcendance de l’expression visuelle.

 

Désiré Amani