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Corine HAZOUME : Ambassadrice Culturelle et Humanitaire « Je ne suis la commerciale d’aucune Marque de luxe européenne »

Firmin Koto | | Arts Visuels

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Artiste émérite, professeur, journaliste et nouvelle ambassadrice Culturelle et Humanitaire , Corine HAZOUME nous livre dans un entretien exclusif ses nouveaux challenges et fait la lumière sur ses rapports avec L’agence CASTHEL BRACCINI, avec la verve qu’on lui connaît, elle ne passe pas par quatre chemins pour dire sa part de vérité après 10 ans au service de l’art et de la culture africaine.

CER’AFRIQUE célèbre ses 10 ans d’existence, pouvez-vous nous faire le bilan de ces années d’activités ?
Nous avons commencé en Guinée en 1998 et nous sommes rentrés officiellement à Paris en 2008.
Depuis que nous avons exposé à la porte de Versailles le 19 octobre dernier et que nous avons inventé les premiers meubles en grès et obtenu les suffrages de l’entreprise la plus innovante devant 400 meilleurs exposants mondiaux de l’aménagement et de l’Habitat , la marque de luxe CER’AFRIQUE connaît un intérêt grandissant vis-à-vis du public européen, des demandes pressantes nous parviennent d’Italie, d’Allemagne, de Belgique des Etats-Unis et de plusieurs autres pays africains : Congo, Burkina Faso, Sénégal entre autres. Plusieurs maisons artistiques européennes souhaitent la représenter.
Tous sont unanimes sur la qualité du travail, la beauté des pièces et le renouveau qu’elles apportent au niveau de la création mondiale. Nous avons donc ouvert depuis mars 2008 CERAMIQUES FRANCE- INTERNATIONAL &AFRIQUE dont le siège est à Paris dans le 16 ème arrondissement.

A quel besoin répond cette nouvelle représentation en Europe ?
CERAMIQUES FRANCE-INTERNATIONAL &AFRIQUE remplace la société de droit ivoirien CER’AFRIQUE.
Il était normal de s’adapter aux nouveaux challenges internationaux en proposant un éventail plus large de compétences pour répondre aux aspirations de notre public : la fabrication et la distribution sur place, le développement de nouvelles filières de formation en partenariat avec des organismes dans les métiers de la céramique, la prise en charge, le développement, la ratification de contrat de représentation artistique et culturel.

Le droit à l’image, la représentation de toutes entreprises individuelles ou commerciales, l’importation, l’exportation, le courtage, le négoce, le transit, les relations publiques et plusieurs autres prestations de services à la demande des clients. Nos clients ont toujours été considérés comme des joyaux royaux et c’est pour être plus proche de leurs désirs que nous avons mis à leur disposition cette nouvelle vitrine d’excellence.

Depuis le 14 février 2008 vous êtes Ambassadrice Culturelle et Humanitaire
Comment expliquez- vous cette investiture ?

Notre combat pour une meilleure image de l’Afrique, de sa dignité , de la reconnaissance de ses valeurs culturelles, de ses talents et les actions d’envergure que nous avons posées depuis dix ans sur les scènes internationales en proposant un projet fédérateur entre L’Afrique, l’Europe, l’Asie et l’orient ont convaincu plusieurs opérateurs internationaux de haut niveau qui m’ont porté au devant de la scène pour que je représente le nectar de la culture africaine et des civilisations.

C’est donc autour d’un consensus de plusieurs opérateurs européens de luxe, des opérateurs de céramiques de luxe et d’accessoires, des associations et ONG afro- européennes, des opérateurs orientaux et asiatiques, la fondation Patrice E. LUMUMBA, l’union des culturels africains, des industriels et plusieurs autres partenaires de CER’AFRIQUE qui m’ont plébiscitée, j’ai bien essayé de me dérober mais ils m’ont projetée à la lumière donc c’est avec honneur que j’ai accepté cette nouvelle mission que je remplirai avec conscience et droiture comme je l’ai toujours fait. Je tiens ici à les remercier pour leurs marques de soutiens et pour la confiance qu’ils me renouvellent à chaque instant.

Quels sont les projets Culturels et les actions humanitaires que vous comptez mener en tant qu’ambassadrice Culturelle et Humanitaire ?
Nous avons établi un programme pour toute l’année 2008 d’événements et d’actions culturels de haute portée internationale aussi bien en Afrique, en Europe qu’aux USA auxquels nous apporterons notre soutien effectif afin que la culture africaine trouve une place de choix sur l’échiquier international et que l’Afrique soit reconnue pour son talent et pour ses valeurs souvent flouées au profit d’une image tronquée et de clichés négatifs.

Nous avons déjà commencé à travailler dans ce sens avec plusieurs agences de communication européennes qui nous accompagnent dans ce combat noble.

C’est le lieu de louer leur courage car nous nous sommes rendu compte dans les échanges que les valeurs et les traditions de notre continent étaient mal connues donc mal présentées.

Nous œuvrerons donc pour que la voix sage de L’Afrique soit entendue de part le monde en mettant en avant ses qualités, nous prévoyons à cet effet l’ouverture d’un centre culturel et humanitaire au cœur de Paris, représentation de l’excellence, des échanges culturels et des civilisations du monde qui comprendra une bibliothèque numérique. Nous avons déjà mis en place l’EspritCerafrique, galerie numérique fédérale qui permettra à tous les artistes et artisans d’afficher leurs créations pour se faire connaître du reste du monde.

Notre mission humanitaire se situera cette année autour de la jeunesse africaine qui est notre priorité avec la formation par l’apprentissage des métiers manuels, autour de la prise en charge des soins médicaux gratuits, des campagnes de dépistages et vaccinations, dans la lutte contre la fracture numérique pour une meilleure information et dans le projet de construction de «  la case témoin » en mettant les artisans africains à contribution afin d’utiliser nos matériaux locaux.

Car c’est dans le travail que nous lutterons plus efficacement contre la pauvreté et non dans l’assistance éternelle et l’infantilisation des africains. En Afrique tout est à faire donc il nous appartient de nous donner la main dans la solidarité pour faire reculer la misère car l’occident n’a pas le monopole du cœur.

Avec cette nouvelle mission, Corine Hazoumé continuera t-elle à créer des œuvres en céramique ?
Tout part de la matière, c’est elle qui nous a permis d’être à ce niveau de reconnaissance.
J’avoue que mes œuvres choquent aussi bien l’Afrique dans la matière que l’Occident dans les motifs car on aura jamais vu autant d’Africains circuler sur des œuvres et cela fait peur.

J’en ai beaucoup souffert car en tant que pionnière je ramais à contre courant mais je reste toujours céramiste donc alchimiste et je continuerai à créer des œuvres pour le plaisir des amis de CER’AFRIQUE . Les nouvelles collections qui sortiront seront tout aussi profondes que les précédentes mais comme L’AFRIQUE LUMIERES continue sa progression triomphante, je la laisse faire sa star.

On a la surprise de voir également que vous sortez votre premier roman biographique qui jouit déjà d’une critique favorable, d’où est partie cette idée ?
La nécessité d’écrire ma biographie est venue des plus grandes galeries et musées européens qui souhaitaient afficher les œuvres uniques de CHCREATIONS et qui m’ont demandé ma biographie comme c’est le cas pour tous les artistes reconnus.

En commençant à me présenter et définir mes actions c’est devenu un livre.
Je trouvais le « je » détestable car pour moi il y a toujours un « nous » j’ai donc sollicité le journaliste et scénariste Marcellin Boguy qui a apporté son témoignage historique, j’ai décidé d’en faire un roman pour laisser la place au rêve et surtout pour traduire et signer le parcours de 10 ANS D’ART pour vous servir.

LES SENTIERS DU DIAMANT NOIR est la quête d’un idéal matérialisé par le diamant noir trésor des cieux. Cet ouvrage est un livre d’aventures ou les opposants et les actants se livrent un combat sans merci, où les décors nous entrainent à la découverte des cultures et des civilisations du monde. Le style « barakobamien » nous maintient dans le suspens et les acteurs sont les fusées de la renaissance africaine.

La lumière guide leurs actions mais il y a aussi l’envers du décor et bien chanceux qui découvrira le diamant noir. Je vous donne un indice pour vous guider : c’est le gardien du temple qui conserve les clefs…

Depuis janvier 2008 vous avez signé avec l’agence de communication CASTHEL BRACCINI et beaucoup d’encre a coulé sur cette nouvelle alliance, pouvez vous nous préciser le contrat qui vous liait ?

L’agence CASTHEL BRACCINI m’a approchée le 5 janvier 2008 à Paris pour effectuer des prestations de services dans le cadre des actions que je devais mener en Europe notamment mon dossier de presse et des photos souhaités par les différentes galeries et agences de communication, également pour être mon bureau de presse en France afin de relayer mes activités culturelles et humanitaires auprès de mes partenaires et clients.
J’ai accepté de leur confier ces travaux étant moi-même très débordée et occupée à préparer la sortie de mon roman.
De part ce fait, elle n’a aucune compétence pour m’investir d’un quelconque mandat de représentation de marques de luxes européennes car comme je l’ai précisé la seule marque de luxe où je me reconnais est CER’AFRIQUE, il n’était donc pas question pour ma part d’être la commerciale d’une quelconque autre marque de luxe européenne que je considère comme des concurrents.
Les prestations étant arrivées à leur terme, il serait juste d’apporter une clarification aux différentes supputations et mettre un terme à ces allégations et polémiques.
Je ne me renierai pas pour épouser d’autres causes si elles ne sont pas en conformité avec la lutte que j’ai toujours menée pour la reconnaissance des créations africaines. Pour cela je n’ai aucun complexe.
Il est aussi temps pour nous africains de comprendre que les richesses sont sur notre continent et il ne tient qu’à nous de les transformer afin qu’elles deviennent des marques de luxe. Nous enrichissons les autres en consommant tout et n’importe quoi.

Connaissez- vous un créateur occidental qui a déjà posé des actions en Afrique pour la reconnaissance de ses clients africains ?
Alors que des sommes faramineuses sont dépensées tous les jours par le peuple africain pour acquérir ces marques. Certains vont même jusqu’à dire publiquement que s’ils savaient que nous utilisions leurs marques ils ne les auraient pas créées. Cela devrait nous laisser à réfléchir. Nous devons nous recentrer vers nos créateurs dont le talent et la qualité des œuvres ne sont plus à démontrer et aussi les mettre en valeur en achetant leurs pièces pour éviter d’enrichir ceux qui nous méprisent.

Votre message pour la fin….
Si nous baignons dans un océan de misères c’est surtout par notre manque de vision et notre refus du droit naturel au bonheur qui devrait être le premier amendement de nos constitutions. Le Développement autour de nos valeurs positives est à notre portée, il suffit d’y croire et d’entamer réellement dans l’unité et l’abnégation notre marche vers le développement. Cela ne peut être possible que si nous tournons le dos à tous les comportements rétrogrades et négatifs pour montrer à la face du monde que nous sommes les meilleurs. Pour arriver à atteindre ces objectifs nobles bien évidement nous avons besoin de toutes les forces vives : les talents et la créativité africaine, les compétences et la technologie européenne, le savoir faire asiatique et les lumières orientale car il n’y a pas de peuple supérieur à un autre, tous se complètent chacun trouvant chez l’autre ce qui lui manque.
L’Afrique est le continent le plus riche et c’est pour cela qu’il est tant convoité, il nous appartient donc de tout faire pour qu’il sorte des sentiers battus pour rouler sur les boulevards avec fierté et dignité.
Pour finir j’encourage tous les acteurs à hisser le drapeau africain sur les hauteurs du monde, ensemble donnons la chance à l’Afrique d’être la case des générations futures en évitant de la détruire.