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Vernissage de WADDALL, artiste peintre ivoirien

Arsene DOUBLE | | Art contemporain

Le vernissage de l’artiste, peintre et photographe, Waddall s’est tenu le samedi 13 avril 2019 à Abidjan dans l’enceinte de Sol Béni, centre d’entraînement de l’ASEC Mimosas. Placé sous le thème « Transformation », ce vernissage se présente comme un éveil de conscience de la jeunesse et des élites africaines, pour une transformation efficiente de ses matières premières, mais surtout des matières grises. Il permet aussi au peintre ivoirien Waddall d’exprimer son africanité.

S’il est ce qu’il est aujourd’hui, c’est grâce à l’art. « C’est l’art qui m’a sauvé. J’aime l’humain, le contact et la matière », affirme le peintre ivoirien Waddall âgé de 42 ans. Autodidacte, Alain Ouadé , de son vrai nom, doit sa “transformation” à l’art. Quoi de plus normal que de baptiser ce vernissage « Transformation ». Le message qui en découle sonne bien à l’oreille de la jeunesse et des élites de toutes les sociétés, en particulier, les sociétés africaines .

C’est dans une ambiance bon enfant que s’est déroulé le vernissage de WADDALL, parrainé par M. DJE-BI-DJE Olivier Vamy, Maire de Zuenoula. Les toiles étaient disposées dans plusieurs endroits du palace de Sol Béni. La virée nous conduisait tour à tour à une salle, un hall, un jardin, et enfin à la réception de l’hôtel. L’artiste peintre et le maire, de leurs yeux d’artiste, procédaient à la lecture des tableaux, chargés histoires.

Mettant l’accent sur l’Afrique, Waddall invite, par ses créativités d’une originalité sans pareille, à un éveil de conscience pour une transformation efficience des matières premières mais surtout des matières grises.

Se posant en fervent défenseur des valeurs africaines, Waddall ne cesse de proclamer son africanité à travers « l’art bantou », un style qui a pour socle la nature. Il utilise de nombreuses techniques notamment le collage, le dessin ou encore la peinture qu’il agrémente de pigments naturels. Le marc de café reste son préféré. « Le café est un produit naturel. Par son utilisation, j’exprime mon africanité », fait-il savoir. Et cette posture lui vaut le titre d’artiste « éco-citoyen »

 

Tableaux chargés d’histoires, qui se veulent hommages et critiques à la fois

On découvre des peintures pleines d’humanité, portées par des « Grands Noms » de l’histoire. Le portrait de Jean-Michel Basquiat, artiste peintre américain- né d’une mère new-yorkaise d’origine portoricaine et d’un père haïtien, rend hommage à l’épouse de Waddall, haïtienne d’origine. Certains tableaux témoignent des intellectuels africains, Amadou Hampâté Bâ, Zadi Zahourou, Bernard Dadié, Sery Bailly. Un autre présente le Célébrissime Basketteur américain Mickael Jordan, « le champion », à en croire Waddall.

L’une des toiles se pose comme un vibrant hommage à Me Roger Ouegnin, président du Conseil de l’Asec Mimosas (PCA). Baptisé les « scientifiques du football », le tableau affiche des chaussures de type « Lêkê » et un portrait du Maître. Ces chaussures, l’on s’en sert pour jouer au football, selon l’artiste, quand les moyens financiers font encore défaut. De ces chaussures, on passe aux chaussures de sport, très appropriées au football. Et Me Roger Ouegnin, à l’origine de la montée en puissance du club, a été lui aussi à ce stade avec des jeunes talents. Des années après, il les a transformés et a fait d’eux de grandes stars du football. Les réalisations à Sol Beni en témoignent.

« Il a transformé beaucoup de personnes. Ce sont une pléiade de footballeurs, dont Arouna Dindane et Bakary Koné, Kalou…Et franchement, ça me touche beaucoup  », déclare Waddall tout fier de Me Roger Ouegnin. « Tout ce qui me touche, avec amour, je le retranscrit sur mes toiles. »

En plus de rendre hommage, l’art pictural sert aussi d’éveil de conscience. L’ émerveillement est grand devant le contraste dont se sert le talentueux artiste pour décrier des vices. L’un des tableaux est à la fois une hymne à la science et un blâme de la paresse intellectuelle, symbolisée par les « boucantiers » (une personne, en Côte d’Ivoire, aimant afficher son aisance matérielle de façon à impressionner une ou plusieurs personnes ou un large public) .

Le portrait de Katoucha Niane et Yves Saint Laurent tiennent également lieu d’hommages. « Elle [ Katoucha Niane, ndlr] m’ a beaucoup aidé en Europe. », nous confie Waddall. La fameuse Katucha est fille de Djibril Tamsir Niane, historien, écrivain et archéologue.

L’artiste peintre s’insurge contre le fait que l’Afrique dispose de matières premières, telles que le bois, le café et le cacao, sans être capable de les transformer. « Au lieu de fabriquer, on consomme toujours », décrie-t-il. Le papier, la brosse et le pneu sont des produits du bois, peuplant les forêts d’Afrique. Waddall appelle donc à un éveil des consciences. D’où l’importance du thème « Transformation »

 

Waddall n’est pas là pour faire rêver

Waddal s’apparente à un « artiviste » (artiste peintre engagé). Ses œuvres révèlent une sorte d’engagement. L’artiste ne le nie pas et le confirme. « Si on est là, c’est pas pour faire rêver nos confrères, mais plutôt pour les inciter à comprendre beaucoup de choses. Et c’est mon choix  », explique-t-il , justifiant la portée de ses créativités. Et de poursuivre : « Moi, j’ai privilégié le partage du savoir et d’esprit, plutôt que de privilégier la firme. »

 

Son initiation à la photographie

Waddall ne s’intéresse pas qu’à l’art pictural, qu’il doit d’ailleurs au grand peintre-photographe sénégalais feu Joe Ouakam. Il s’y connaît en photographie. Sa fréquentation de grands artistes dakarois, dont le photographe Feu Bouna Meydoune Seye, lui permet d’embrasser ce métier. Poursuivant sa formation en 1997, il intègre les Ateliers N’Gor de Dakar au Sénégal dirigé par Gaston Madeira.

Installé à Paris depuis 2000, Waddall y réside et travaille. En 2015, à l’invitation de la Galerie Louis Simone Guirandou, le peintre ivoirien a exposé sa première Collection baptisée « Un si long voyage. »

Waddall a alors de quoi satisfaire les férus de l’art. « En peinture, on est unique. Un peintre diffère toujours d’un autre », fait-il savoir.

 

Arsène DOUBLE