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Sénégal : Meissa Fall, le sculpteur qui recycle des vélos pour en faire des œuvres d’art

Irene COULIBALY | | Art contemporain

Tout comme son grand père et son père, Meissa Fall est un grand passionné des vélos. C’est cette passion qui le conduit à s’intéresser au recyclage de vélos.

On le surnomme le docteur du vélo dans son pays natal le Sénégal. Dans son atelier, on peut observer un mur de plus de 3 mètres recouvert de montagnes de vieux vélos. Dans sa grotte, le sculpteur Meissa Fall redonne vie à divers objets grâce aux vieux vélos recyclés. Sur le sol, l’on peut voir des avions, des oiseaux, des poissons, des personnages et bien d’autres encore. Son bureau se trouve dans un coin de la pièce et c’est là qu’il laisse libre cours à son imagination en écoutant de la musique.

Sa passion pour la réparation de vélos, il la tient de son grand père puis de son père qui était lui-même un génie de la mécanique. Tout petit déjà, il se rendait à l’atelier de son père pour l’aider dans ses tâches.

Le sculpteur dit s’inspirer de la nature de Saint-Louis pour créer ses œuvres à caractère écologique. Sa première œuvre fut un criquet géant réalisé à partir d’une motobécane qu’il exposait devant son atelier. Cette œuvre qui attirait bien des curieux pendant une année a finalement été achetée par une de ses voisines. À sa suite, plusieurs autres objets d’art ont vu le jour.

Meissa expose ses œuvres au grand public pour la première fois en 2010, au festival mondial des arts nègres (Fesman), sous l’invitation de Laurence Maréchal et en 2014, l’institut français de Saint-Louis les découvre. Il a aussi volontairement donné quelques-uns de ses objets pour décorer sa ville et au jeune musée de la photo de la ville. Son rêve est de voir naître des pistes de recyclage dans tout le Sénégal. Il considère le vélo comme la plus belle invention du monde car il ne pollue pas, ne crée pas d’embouteillages et permet de faire du sport.

La soixantaine révolue aujourd’hui, Meissa travaille dans son atelier avec ses trois fils. C’est un rare exemple qui inspire car comme l’a dit Lavoisier « rien ne se perd, tout se transforme ».

 

Irène COULIBALY