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Olivier PEPE, Publicitaire et Acteur culturel : « Nous allons vous faire aimer l’ART »

Arsene DOUBLE | | Art contemporain

Président de la fondation « Tous pour les enfants », Olivier PEPE est connu pour être un passionné de l’art contemporain en Côte d’Ivoire. Directeur général de l’agence de communication « Over imagine », Olivier PEPE en a fait son cheval de bataille. Pour promouvoir l’art contemporain, l’homme dispose d’énormes qualités. Multitâche confirmé, Olivier PEPE est, à la fois, communicateur, publicitaire avec des compétences en peinture, décoration et design. Il compte poursuivre sa lutte pour la promotion de l’art contemporain, entamée depuis plusieurs années, à travers sa structure, « African Artists » ; un nouveau département de « Over Imagine » qui a en charge de faire la promotion exclusive des artistes contemporains africains. Pour ce premier numéro de l’année 2020, votre magazine préféré est allé à la rencontre de cet ancien de l’école nationale supérieure des Beaux-arts d’Abidjan qui « va vous faire aimer l’art… ».

Veuillez vous présenter à nos lecteurs

Je suis Olivier PEPE, un ancien des Beaux-arts d’Abidjan. Je suis publicitaire, j’ai opté pour la communication. Mais bien avant la communication, je suis passé par la peinture et le design. Aujourd’hui j’ai une entreprise de communication dénommée « Over Imagine » qui opère dans la publicité, le design, l’évènementiel, la presse et l’édition.

Quelle est votre formation ?

Après le cycle normal secondaire en série scientifique, mon amour pour les arts a pris le dessus et m’a conduit à poursuivre une formation en peinture puis en décoration et design (étude des couleurs) au Centre technique des arts appliqués (CTAA) de Bingerville. J’y ai obtenu un diplôme en décoration. Ensuite rentré à l’Insaac pour des études supérieures, où j’ai opté pour la communication publicitaire. C’est aux beaux-arts d’Abidjan que j’ai appris la publicité. J’intègre, par la suite, une agence de publicité dénommée « CARACTÈRE ». Notons que j’ai eu la chance de travailler dans une agence de publicité dirigée par des Européennes et en majorité française. Ce qui m’a vraiment aidé dans la qualité du travail que je fournis aujourd’hui quand on connaît la rigueur dont ils font preuve dans le travail. Ensuite directeur d’une fondation « LES MAINS DU BON SECOUR ».

Depuis 2002, j’ai créé mon propre studio de création graphique et publicitaire « OVERCOM » ensuite en 2008, nous passons en SARL avec « Over imagine » agence de publicité, design évènementiel et édition. Puis une Fondation pour le bien-être des enfants dénommée « Fondation Tous pour les enfants ».

Quelle a été votre première action quand vous avez commencé à travailler à votre compte ?

Avec la SARL nous avons créé le premier magazine pour enfants «  Fitini »  c’était le magazine de toute l’actualité des enfants en Côte d’Ivoire. A l’époque, l’instabilité socio-politique du pays ainsi que mon amour pour les enfants ont, en quelque sorte, motivé mon choix. Cherchant à comprendre les véritables causes des crises en Afrique, j’ai réalisé que l’ignorance en faisait partie. En créant le magazine, je cherchais à instruire les enfants sur des valeurs pour espérer changer certaines choses en eux et leur ouvrir les yeux sur le monde en grandissant.

Malheureusement, le magazine ne fait pas long feu. En raison des difficultés économiques rencontrées à l’époque, je suis allé jusqu’à une douzaine de numéros, seulement. Nous avons beaucoup investi dans ce projet, mais nous le faisions par passion. Cela a été, pour ainsi dire, un échec.

Après un tel échec, quelle a été votre nouvelle idée ?

Plus tard, après l’échec du magazine, l’envie de m’engager pour le bien-être des enfants devient plus forte en moi. En 2014, la fondation « Tous pour les enfants » verra aussitôt le jour… d’autant puisque j’avais déjà dirigé dans le temps une Fondation pour l’épanouissement des enfants « Les mains du bon secours », située aux 2 Plateaux et dont la présidente était Mme Mathé KANGAH MALAN.

Quels sont les missions et objectifs de cette fondation ?

Ma Fondation TOUS POUR LES ENFANTS créée en 2014, dont je suis le président et Mr CHARLES GUEMA le secrétaire général a pour mission de venir en aide aux enfants, en menant des actions dans le domaine de l’éducation, de la santé, du bien-être social, du droit, et ceci sans distinctions de sexes, de races, ni d’origine. On a pour objectif la création, le financement et la gestion d’établissements sociaux et culturels dédiés à la prise en charge de l’enfance en difficulté sociale, économique ou médicale ; la protection de l’enfant et la promotion du droit et des devoirs de l’enfant ; la réalisation d’actions de prévention de la marginalisation et de la délinquance des enfants et surtout le développement culturel de l’enfant.

La fondation « Tous pour les enfants », tout comme le magazine, a-t-elle connu des débuts difficiles ?

Difficile pour la première grosse action entreprise pour renflouer les caisses. L’idée, s’était de réunir une vingtaine d’artistes peintres de ma promotion pour une exposition collective. Faute de moyens, les artistes ne pourront pas produire la centaine d’œuvres pour ce projet qui à l’origine était monté pendant que j’étais à la tête de la fondation « Les mains du bon secours ». Je me suis alors plus consacré à mon agence de communication « Over Imagine ». Nous exerçons dans la publicité, l’évènementiel et la presse. Et ce n’est qu’en 2017 que nous avons redémarré ce gros projet d’exposition collective dénommé « Une toile pour sauver l’enfant » avec ma propre FONDATION TOUS POUR LES ENFANTS. Donc trois ans après. L’esprit de notre Fondation c’est l’enfance accompagnée par les ARTS. Voilà pourquoi nos principaux donateurs sont les artistes, « ma famille », puisque j’en fais partie.

Quand est-ce que la fondation a-t-elle commencé à ne plus avoir de problèmes financiers ?

On dira plutôt comment vous arrivez à financer vos projets ? C’est à partir de 2017 avec l’exposition collective « UNE TOILE POUR SAUVER L’ENFANT » que nous avons vraiment démarré nos activités. Nos principaux donateurs sont les artistes à travers le don de leurs œuvres. Après leur avoir expliqué les objectifs de la fondation, ils nous proposent volontairement leurs œuvres pour nos expositions caritatives et nous concèdent un pourcentage sur les ventes pour nos actions en faveur des enfants.

En 2017 et 2018, nous avons commencé par une cinquantaine d’artistes et cette année nous sommes à cent artistes. Ils jugent tous le projet génial, car, il vise non seulement à venir en aide aux enfants, mais contribue également à la promouvoir des artistes. L’enjeu ici est double.

Nous faisons de ce moment un événement grandiose et communiquons vraiment sur ce projet qui est aujourd’hui à sa troisième édition. Nous invitons même des artistes étrangers. A la première édition, il y avait le Ghana avec l’artiste GORDEN, À la seconde édition il y a eu la franco-marocaine KAH ZORA. Cette année il y a la Française LANA. « UNE TOILE POUR SAUVER L’ENFANT » c’est une plateforme d’exposition avec des artistes ivoiriens de renommée nationale ou internationale.

La mission assignée à la fondation, selon vous, consiste à venir en aide aux enfants. Quelles sont les actions déjà menées en ce sens ?

Je tiens à préciser que les actions de notre fondation s’inscrivent dans le domaine de la santé et l’éducation. Concernant l’éducation, nous avons offert des ouvrages et avons payé la scolarité des enfants de certaines écoles.

En 2017, la première grosse action de la fondation consistait à réaliser un manuel, sensibilisant les enfants au lavage des mains, avec le concept “Une Toile pour Sauver l’enfant”. Le concept vise à aider notre fondation à pouvoir éditer une grosse quantité de manuels et couvrir si possible toute l’étendue du territoire ivoirien. Dans le temps, nous sommes entrés en contact avec le ministère de l’Éducation nationale sur ce projet. Ce dernier nous a dirigés vers la direction de la vie scolaire (DVS). Ayant approuvé l’initiative, la DVS nous a donné carte blanche pour pouvoir rentrer dans les écoles et mettre à la disposition des coopératives nos ouvrages.

En 2018, a lieu le premier don de la fondation au musée des civilisations d’Abidjan. Nous avons, tour à tour, offert 10.000 ouvrages au groupe scolaire régionale de Treichville ainsi qu’au groupe scolaire d’Akouedo. Et ce, en présence de la presse, dont la RTI. Rappelons que c’est après avoir vendu les tableaux, obtenu des fonds et produit des manuels, que la fondation est parvenue à réaliser un tel exploit.

Sans oublier aussi les dons en vivres et non vivres que nous faisons aux enfants de Bingerville. Nous sommes à notre second arbre de Noël avec les enfants du quartier GBAGBA de Bingerville, un quartier défavorisé où nous faisons très souvent des actions même à l’endroit des jeunes.

Comment arrivez-vous à obtenir la confiance des artistes qui décident de vous accompagner dans vos projets ?

La confiance se développe en fonction de la qualité de celui que nous avons en face. Lorsque par exemple Didier Drogba, candidat à la présidence de la FIF, part voir les présidents de club, ceux-ci savent automatiquement à qui ils ont affaire. Et, moi, toute modestie mise à part, à l’école je faisais partie des doués de ma promotion et aujourd’hui, vu le domaine dans lequel j’exerce la publicité. Conscients de mes qualités, les artistes se montrent disposer à travailler avec moi, lorsque je les approche.

Aussi, la confiance passe par le respect des engagements. Nous nous faisons l’effort d’honorer nos engagements avec les artistes. Connaissant les difficultés de certains d’entre eux, nous partons nous-mêmes, parfois à l’intérieur du pays, chercher leurs œuvres pour nos expositions. Nous leur épargnons cette difficulté pour acheminer eux-mêmes leurs œuvres déjà qu’ils nous les concèdent. Un geste très apprécié des artistes. Si nous leur évitons le déplacement, nous en profitons pour apprécier la qualité de leur travail dans leurs ateliers. Nous participons au choix des œuvres pour donner un cachet aux expositions. La chance que j’ai eu de travailler avec les européens et d’être africain me permet de maitriser la sensibilité de chaque groupe et nous aide dans le choix des œuvres parce qu’il faut tenir compte de tout.

Nous sommes très heureux par exemple de voir l’artiste MOUNOU DESIRÉ KOFFI à l’international qui a été vraiment révélé lors de nos expositions très médiatisées au Sofitel. Je dis merci aussi à notre partenaire Mr FELIN depuis la France qui avec sa page Facebook « ARTISTE HUMANISTE » nous aide aussi dans le relais d’informations de nos activités. C’est même lui qui nous a présenté le jeune MOUNOU. Merci aussi à ce jeune de mon équipe qui m’assiste jour et nuit dans ce travail,  Mr Charles MONDON ; un garçon professionnel et bosseur.

Aujourd’hui, pouvez-vous affirmer avec fierté que tout va mieux ?

Aujourd’hui, j’ai envie de dire que tout va mieux, puisque nous parvenons désormais à déployer nos idées. Les donateurs de la fondation, que sont les artistes, nous offrent leurs œuvres. Les bénéficiaires, précisément les enfants, jouissent de l’assistance de la fondation. Les institutions qui nous font confiance nous offrent des plateformes de vente pour nous exprimer. Nous avons une collaboration avec le Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire, le Casino, (…). Bientôt, nous entamerons une nouvelle collaboration avec l’un des plus grands organismes d’Afrique : la BAD. Oui, je peux dire que tout va mieux.

Nous initions des expositions collectives et des expositions individuelles tous les deux mois au Sofitel, au Casino et dans d’autres lieux. La confiance s’est installée au vu de notre engagement et de vouloir faire mieux.

Quelle est votre vision globale de l’art contemporain ivoirien ?

Concernant l’art contemporain ivoirien, je ne vais pas dire que rien n’a été fait, mais il reste beaucoup à faire. Je pèse beaucoup mes mots. Nos artistes manquent de promotion et d’encadrement.

J’ai eu la chance de rencontrer des artistes collectionneurs de pays anglophones, notamment du Ghana et du Nigeria, qui m’ont fait cadeau de certains ouvrages sur l’art contemporain dans leurs pays. Au Nigeria, précisément, il y a eu plusieurs ouvrages et collections sur des artistes contemporains nigérians.

Chez nous, en Côte d’Ivoire, il y a peut-être un ou deux ouvrages seulement sur des artistes. Et, c’est pourquoi je dis qu’il reste beaucoup à faire. Pourtant, le pays compte une pléiade d’artistes talentueux. Prenons l’exemple du jeune ivoirien, Willy Djah, quatrième aux jeux de la francophonie, il y a deux ou trois ans. Mais, rien n’a été fait derrière cet artiste, classé quatrième lors de cette compétition internationale.

Il faut beaucoup plus de structures qui vont mettre en place des mécanismes pour le positionnement des arts plastiques. Les artistes sortent de l’école pour devenir des professeurs d’arts. Ce n’est pas mauvais, mais je trouve que ça ressemble à de l’inachevé quand je connais le talent de ces jeunes ; la force et la puissance que ceci pourrait faire dans ce monde de l’art.

L’art contemporain ivoirien, à vous entendre, manque d’un véritable suivi. Comment comptez-vous résoudre ce problème ?

Outre la fondation « Tous pour les enfants », qui lutte pour le bien-être des enfants à travers les artistes et contribue également à la promotion de leurs œuvres, nous doterons l’agence de communication « Over Imagine » d’un nouveau département, dénommé « African Artists » qui fera la promotion exclusive des artistes. Artistes peintres, photographes, designers africains seront pris en compte.

« African Artists », qui se présentera sous diverses formes, exploitera tous les moyens actuels de communication. Se voulant une plateforme dynamique, « African Artist » sera, à la fois, une plateforme digitale d’information et de promotion sur l’art et le design en Afrique avec « AFRICAN ARTISTS INFO », un Web TV avec AFRICAN ARTISTS TV, des salons et foire avec « AFRICAN ARTISTS EVENT » et à la longue un journal papier avec AFRICAN ARTISTS NEWS.

Votre mot de fin ?

A travers toutes nos structures, notamment la fondation, « Over Imagine » avec son département « African Artists », nous voulons amener les artistes à avoir de la visibilité, à innover, faire preuve de créativité, de responsabilité et de vivre de leur Art. C’est ainsi que nous allons vous faire aimer l’ART.

 

Arsène DOUBLE