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Jean-David Nkot, artiste peintre camerounais engagé

Arsene DOUBLE | | Art contemporain

Le Camerounais Jean-David Nkot (29 ans), vivant à Douala et précisément dans le quartier Nkongmondo, se pose comme un très talentueux artiste peintre engagé. A travers ses peintures à la fois figuratives et abstraites, il aborde plusieurs questions, notamment le travail des jeunes, l’identité des personnes en exil et la crise migratoire.

Passionné de l’art contemporain, Jean-David Nkot fait partie du vivier prometteur des jeunes artistes camerounais. Porté par ses magnifiques peintures à la fois figuratives et abstraites, Jean-David Nkot participera à des foires d’arts contemporains d’Afrique et sera admis dans plusieurs galeries du monde. En 2019, nombre de ses tableaux sont présentés à Paris lors de la foire Akaa, mais aussi à Londres et à New York, à l’occasion de la foire 1-54, et toujours à Londres en exposition individuelle par la galerie Jack Bell. Aussi, les peintures de Jean-David Nkot réalisées en 2019 sont exposées à Marrakech.

Artiste engagé, le jeune peintre camerounais âgé de 29 ans interroge, au moyen de ses tableaux, nombreux faits de société, comme le travail des jeunes, l’identité des personnes en exil et la crise migratoire. Dans “Life in your Hands” ( la Vie entre tes mains), Jean-David Nkot montre la fatigue et la lassitude à travers le portrait d’un jeune homme avec une pelle à la main. La série “The Shadows of Space” permet à l’artiste de poser la question de l’identité de la personne en exil. « Cet enfant, dans un camp de réfugiés, quelle sera son identité ? », interroge-t-il. Les camps sont des zones grises. Quel lieu sera indiqué sur l’acte de naissance ? « Je m’engage dans un travail global sur la question du déplacement », insiste Jean-David. Ces questions sont les mêmes partout dans le monde. « On parle le plus souvent de l’immigration du Sud vers le Nord, mais les hommes se déplacent aussi à l’intérieur d’un pays, ou vers un pays voisin, chassés par des conflits ou la pauvreté », détaille-t-il.

À travers ses œuvres, Jean-David dénonce également l’apathie des gouvernements, l’indifférence et la passivité de la communauté internationale envers les victimes de la migration. Il peint des victimes marquées par la violence de leur situation, l’indifférence à laquelle elles sont confrontées. L’identité du personnage se perd dans une ville imaginaire. « J’invente une cartographie neutre de la ville qui est une combinaison entre des villes africaines et des villes européennes », explique-t-il. La toile est transformée en lettre géante, affranchie, avec un timbre et un tampon « priority ». Un message urgent ! La toile, comme la lettre affranchie, doit circuler.

Très bien formé, le peintre camerounais vit et travaille à Douala, dans le quartier de Nkongmondo. Après le bac à l’Institut de formation artistique de Mbalmayo (IFA), il intègre l’Institut des beaux-arts de Foumban, où il obtient une licence en dessin et peinture. Jean-David Nkot se définit lui-même « comme un pur produit de l’école des beaux-arts du Cameroun ». L’artiste a aussi fréquenté les ateliers de ses aînés, notamment celui d’Hervé Youmbi. En 2017, il intègre le post-master Moving Frontiers organisé par l’École nationale d’arts  de Paris-Cergy (France) sur la thématique des frontières. Un questionnement qui le poursuit toujours et que l’on retrouve dans ses toiles. Jean-David Nkot dit aussi avoir été marqué par des lectures et rencontres, comme celles de l’anthropologue Michel Agier.

 

Arsène DOUBLE