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Le “Bogolan“, ce tissu traditionnel devenu un symbole de l’identité culturelle malienne

Arsene DOUBLE | | Art contemporain

Le “Bogolan“, aussi appelé “Bògòlanfini“, un tissu traditionnel devenu un symbole de l’identité culturelle malienne.

Le “Bogolan“, aussi appelé “Bògòlanfini“, est un sacré tissu malien, dont le mode d’emploi et processus de fabrication méritent d’être connus. L’histoire du Bogolan se confond à celle du Mali.

 

Le “Bogolan“, aussi appelé “Bògòlanfini“, est un tissu traditionnel devenu un symbole de l’identité culturelle malienne. Son mode d’emploi et processus de fabrication méritent d’être connus.

 

Son mode d’emploi

Dans la culture malienne traditionnelle, héritière de l’Empire médiéval du Mali, le “Bògòlanfini“ était porté par les chasseurs. Ils s’en servaient comme camouflage ou protection rituelle.

Il est aussi de coutume de dire que ce tissu a le pouvoir d’absorber les forces dangereuses libérées lors d’un accouchement.

Aujourd’hui, il a conquis le monde entier et, au-delà du vêtement, on peut également retrouver le motif du “Bogolan“ sur les chaussures, ou dans les objets en tissu (chaises, rideaux, etc.).

Ce sont les Dogons, une ethnie malienne, qui sont à l’origine de ce tissu. Les motifs sont l’empreinte d’artistes, de peuples, d’hommes et de femmes, dont on devine l’origine juste à la vue du bogolan.

 

Processus de fabrication du “Bogolan“

Le “Bogolan“ est une technique de teinture textile qui se déroule en plusieurs étapes. La première consiste à tremper le tissu dans une décoction de feuilles (le “ngalama“) riches en tanins, et d’écorces d’arbres (le “mpécou“) . Cette phase préliminaire va permettre d’obtenir des tons ocres et marron.

Ensuite, l’artiste va dessiner des motifs sur le tissu au moyen d’un roseau appelé “calame“, ou d’un pinceau, avec la terre de marigot—une sorte de boue fermentée appelée “bogo“. Le tanin au contact de l’oxyde de fer présent dans la boue, va donner des tons noirs.

Il faudra donc multiplier les trempages et les séchages pour voir assombrir les nuances. Pour obtenir des tons blancs sur le “Bogolan“, on frottera les parties à l’aide de savon : une combinaison de chlore, de savon de karité qui est un puissant décolorant, ainsi que de lessive en poudre.

Les symboles et motifs du “Bogolan“ en disent long sur la personne qui le porte. En effet, le motif peut changer selon les villages ou l’identité du porteur. De par son processus de fabrication, le “Bogolan“ est également considéré comme imprégné par une énergie vitale particulière et peut donc dans certains cas être porté comme un voile de protection. Les motifs et couleurs changeront donc également selon le symbole et le rôle qu’on lui assigne.

Arsène DOUBLE

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