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2ème édition du FARA : Les artistes s’activent

Innocent KONAN | | Art contemporain

Débuté depuis le 4 novembre 2019, le FARA bat son plein en ce moment dans la cité Balnéaire Assouindé. Des artistes Africains et Européens restent bien fixer sur le thème du festival à savoir « l’homme au centre de nos intérêts ». Ce fut un véritable plaisir pour notre équipe de reportage de rendre visite aux artistes à la Fondation la Maison de l’Artiste afin de décrypter quelques œuvres encore conception.

 

Michel Charmasson, l’artiste qui peint « le cercle de la vie »

Dans la richesse et la multitude de l’expression artistique, on peut repérer l’œuvre si particulière de l’artiste peintre français Michel Charmasson qui se définit comme « artiste conceptualiste essayiste ». Pour cette 2ème édition du FARA, l’artiste entend travailler sur « le rapport que l’homme entretient avec la nature, son environnement et le contexte dans lequel il évolue. »

Michel Charmasson a su rechercher un nouveau langage où les mots se conjuguent selon des combinaisons de couleurs et de formes. « J’ai cette nécessité de comprendre avant de faire. On jette du plastique à la mer sans savoir quelle va être la conséquence, il faut toujours avoir une conscience presque permanente de chacun de nos actes ». Son œuvre, “le cercle de la vie” attire notre attention. ” j’ai voulu à travers cette oeuvre parler de l’Afrique qui pleure, c’est aussi le monde parce que la poupée elle est blanche, la main et les pieds de couleurs différentes en référence au Pakistan, à l’Afrique. Cette poupée symbolise ce que l’homme subit au quotidien”.

“La racine est l’expression du lien social indispensable à la vie. J’ai envie de dire aux gens, observez la nature et réapprenez à vivre ensemble”.

 

Quand le FARA invite à une prise de conscience

Avec 15 ans passés dans la peinture, L’artiste plasticien et sculpteur Tchadien Appollinaire Guidimbaye décide de changer de démarche artistique. Il met désormais le recyclage au cœur de son art ces dernières années car il trouve important d’éveiller les consciences à travers des messages écologiques qu’il prend le temps de peindre soigneusement.

Appollinaire nous conduit au cœur de la Fondation la Maison de l’Artiste là où est posé l’un de ses magnifiques tableaux avec fond noir qui cache sans doute un message important. « Je développe à travers ce tableau l’endurance, dans un monde assombrit ce qui explique ce choix de couleur noire. Tout homme doit savoir son objectif dans la vie, savoir d’où il vient et où il va… ». L’artiste a à son actif trois expositions solo dont deux au Tchad et une à Bordeaux en France sans oublier une exposition collective à Douala au Cameroun. Avec cette première participation au FARA, Appollinaire réserve de grandes surprises aux amoureux de l’art contemporain.

 Herbert Allé, artiste peintre ivoirien laisse l’homme se manifester dans ses œuvres. « Nous avons plusieurs préoccupations, plusieurs perspectives auxquelles nous sommes appelés à répondre… ». Il fait également du recyclage en récupérant des morceaux de pagne.

L’artiste peintre et enseignant ivoirien, Yapaud s’est orienté vers une démarche qui répond à la problématique de la création en s’interrogeant surtout sur les médiums et les supports. “Les personnes vont jeter autour d’eux, qui constitueraient pour certains des déchets, moi je vais trouver une certaine richesse et c’est avec celle-là que je travaille. Dès lors, mon travail portera sur l’homme et ses actes posés dans l’environnement dans lequel il vit.”

Ses travaux sont des sculptures inspirées des totems qu’il nomme dans ses créations “les témoins du temps” qui sont pour lui “les habitants” de son “imaginaire” avec lesquels il peut composer et faire chemin ensemble.

Parmi les pays présents à cette 2ème édition du FARA, il y a le Congo, qui est bien représenté par le jeune artiste peintre comme Glodi Mbella Mambueni.

Ressortissant de l’Institut des Beaux-arts de Kinshasa, en 2011, en art plastique, Mbella a fait son premier pas dans l’Atelier Fond et forme de l’Artiste Kitoko Mbete. Auprès de ce dernier, il a développé son intuition dans la manipulation de la matière chromatique de 2011 à 2014.

L’artiste évolue seul dans son propre atelier tout en développant un travail portant sur divers horizons. Pour cette 2ème édition du FARA, il décide tout comme ses amis artistes peintre de se focaliser sur le thème du FARA en faisant sortir des œuvres qui pourront apporter le sourire aux festivaliers. Parmi ses œuvres, un tableau attire notre attention. “on voit ici la danse traditionnelle. Je me suis inspirée de mon village, une fois j’ai été là-bas et j’ai vu comment les choses se passaient et cela m’a donné beaucoup d’inspirations. Voilà pourquoi je l’ai intitulé la danse traditionnelle “. L’artiste va plus loin et désire valoriser la culture africaine dans son ensemble. Aussi, avec son oeuvre “maternité” c’est la femme qui est honorée.

Pour découvrir les œuvres de ces artistes talentueux, rendez-vous est donné à Assouindé du 17 au 24 Novembre prochain pour l’exposition collective.

 

Innocent KONAN