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No.8
novembre 2007

 KATOUCHA NIANE
(EX-TOP MODEL) :
« Dans Ma Chair », un livre pour dénoncer l’excision 

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Katoucha Niane s’est révélée au monde entier comme l’un des mannequins vedettes noirs. D’origine guinéenne, celle que l'on surnomme « la Princesse peule » a notamment été dans les années 80 l’une des figures emblématiques des grands couturiers Yves Saint-Laurent, Azzedine Alaïa, Christian Lacroix et Paco Rabane.

Aujourd’hui à 47 ans, Katoucha comme son père Djibril Tamsir Niane (l’auteur de la célèbre épopée « Soudjata ou l’épopée mandingue ») prend ainsi la plume pour parler de façon libérée de l'excision qu'elle a subie. Une véritable parade de l’écriture pour échapper à ses démons intérieurs qu’elle traîne depuis toute petite.

Intitulé : ''Dans ma chair'', le livre témoignage de 325 pages publié en octobre dernier aux éditions Lafon raconte son secret le plus intime dont le souvenir la poursuit encore aujourd'hui, "avec cette douleur atroce qui ne me sortira jamais de la tête". Le jour où, à 9 ans, sa mère l'a amené se faire exciser.

"J'étais née dans une famille peule installée à Conakry, en Guinée. Un pays où le taux d'excision est l'un des plus élevés d'Afrique. À 9 ans, je n'avais jamais entendu parler de cette pratique. À certaines filles de cet âge, on disait tout au plus qu'elles allaient bientôt être "mises aux normes", qu'elles devraient être courageuses, ne pas crier, mais que c'était un passage obligé, dicté par la tradition."
A l’instar de Katoucha, on estime à près de 140 millions de femmes qui ont été victimes de cette même mutilation sexuelle dans le monde selon l’institut national des études démographiques (INED) de Paris. Aujourd'hui revenue en Afrique, cette femme de cœur et mère dévouée se bat aux côtés d'organisations non gouvernementales, comme Tostan, pour que les petites filles du continent noir aient droit à leur féminité et au respect de leur dignité d'être humain.

Pour ne plus rester muette, en plus du livre publié, « La Princesse peule » a créé sa propre association : KPLCE, Katoucha pour la lutte contre l’excision, pour dire non à cette mutilation et soutenir les victimes.