Le père Noël n’est pas venu!
Par Nakouty Luyet
- Réalisé à Lausanne

Le 17 décembre 2010, Mohamed Bouazizi un jeune tunisien marchand ambulant de fruits et légumes s’immole par le feu pour protester contre la confiscation de ses marchandises par des autorités de sa ville. La population s’indigne de l’oppression du système politique, du coût élevé de la vie, du chômage grandissant et décide de saisir l’occasion pour en découdre avec El-Abadine Ben Ali alors président en exercice depuis 1987.
Les manifestations contre le régime se généralisent à travers tout le pays, la France prise de vitesse n’arrive pas à garantir le pouvoir au grand ami et occasionne des erreurs diplomatiques. Ben Ali quitte le pouvoir et sort de la Tunisie par la petite porte pour l’Arabie Saoudite.
Le vent de la révolte populaire souffle aussi sur l’Egypte en janvier 2011 et Hosni Moubarak alors président depuis 1981 cède le pouvoir à l’armée pour se retirer dans sa résidence de Charm El Cheikh en février 2011.
Au Maroc, la contestation gagne les rues nationales mais elle s’affaiblit en chemin et débouche sur des reformes de la constitution sans vraiment changer le quotidien des marocains.
En Lybie le senario est quelque peu différent. Ce qui au départ était présenter contre une révolution du peuple lybien se transforme très vite en rebellions. La France, les Etats-Unis s’en mêlent à coup de résolution onusienne. Au nom de la sécurité de la population libyenne et de la fierté extrême on s’occroie le droit de tuer, on affame et on exile les africains. Kadafi assassiné, la Lybie réalise peu à peu autour de son champ de ruine que ni la speudo révolution, ni la mutinerie ne changera vraiment les choses bien au contraire sûrement que derrière un dictateur se cache une autre dictature ou dans le meilleur des cas une oligarchie.
Fort heureusement en Algérie le conteste ne permet pas la contagion révolutionnaire. Tant bien même qu’une partie de la population la réclamait, elle peina à prendre forme.
En Côte d’Ivoire, la situation degenere en mars 2011 suite à des résultats proclamés par l’état ivoirien et celle de la communauté internationale. Les dires de cette dernière finissent par primer sur celle de l’état et installe Alassane Dramane. Au cours de cette guerre du pouvoir, 3000 ivoiriens y on officiellement laissés leurs vies. A y regarder de prêt, l’histoire récente des ivoiriens prend ces origines au temps du premier président feu Felix Houphouet Boigny vue la succession des faits s’y afférent depuis sa mort. La chasse aux coupables produisit des résultats au détriment de trouver les responsables des tueries préélectorales. Dans le cas de figure présent, l’ex président Laurent Gbagbo est actuellement détenu à la Haye, accusé d’être le coauteur direct de ces meurtres. Les ivoiriens attendent cependant et espère qu’un jour on leur révélera aussi les coauteurs directs et le binôme du coauteur indirect.
Le Burkina Faso a aussi connu un soulèvement populaire et une mutinerie qui a rapidement a été étouffé dans l’oeuf mais la précarité des burkinabés est resté inchangé.
Au Zimbabwe on fait miroiter des élections présidentielles pendant que la haine se creuse entre noires et blancs zimbabwéens.
Le 09 juillet 2011, le Sud Soudan devient officiellement le 53éme pays africains par la proclamation de l’indépendance prononcée par James Wanni Igga après de longues années de guerre. Toujours est-il que, si ce nouveau pays se réjouit de l’absence de guerre, il faudrait néanmoins qu’il négocie correctement sa frontière avec le Nord Soudan pour éviter définitivement la musique nuisible des armes.
La Somalie semble aussi porter le fardeau de la détresse, comme si la misère déjà enracinée ne suffisait pas et que vingt ans de guerre qui semble ne connaître aucune fin ne parvenait à assouvir la soif de sang, depuis juillet 2011 la sécheresse ravage la corne de l’Afrique et laisse sur son passage 12,4 millions de personnes affamées.
La situation s’en pire de jour en jour et donne une sensation d’habitude vue de l’extérieur.
L’ex Zaïre, devenu République Démocratique du Congo vient clore la noirceur du tableau africain par son élection présidentiel qui reconduit à sa tête le plus jeune président africain Joseph Désiré Kabila.
Election qui selon certains observateurs a été entaché par des fraudes et d’irrégularités, mais visiblement la communauté internationale semble choisir les pays méritant la «démocratie».
La cause produisant un effet et en cette fin d’année est l’occasion de toutes les familles de festoyer ensemble et de découvrir les cadeaux sous leurs sapins, il est clair que le père Noël ne viendra pas en Afrique. Et on se demande même s’il y a déjà mi les pieds.



