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No.46
janvier 2011

Interview: Serges KASSY «La musique, la politique et moi au nom des miens»

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De passage à Paris dans le cadre de ses activités musicales et professionnelles, nous avons rencontré Serges Kassy, chanteur reggae ivoirien et responsable de lutte contre la piratérie au Burida( Bureau ivoirien des droits d'auteur).Entretien sur sa carrière, la politique et le rastafarisme.

Bonjour et bonne arrivée Serges, peux tu dire dans quel contexte tu te retrouves à Paris?
J'ai été invité par la ligue française de l'enseignement avec l'association Cidem qui chaque année lancent une campagne «pas d'école pas d'avenir » pour recueillir des fonds pour la construction d'école dans les pays du tiers monde. Donc chaque année, ils invitent un artiste pour parrainer l'événement à travers un concert. C'est ce qui explique ma présence ici.(ndlr interview fait 22 Novembre et le concert a eu lieu le 26 novembre)

Grand espoir de la musique reggae, qu'est ce qui te manque pour percer véritablement au plan international?
Vous savez moi je crois en Dieu. Dieu a un plan pour chacun de nous.Quand l'heure arrrive, il te consacre. J'ai estimé que mon heure au plan international n'était pas encore arrivé. Et que pour rentrer dans ce genre de circuit,il faut avoir des contacts; des opportunités s'offrent à vous pour conquérir le public international. Au cours de ma carrière, il y a eu beaucoup d'occasions qui n'ont pas marché.En 1997 quand je venais à Paris pour enregistrer mon album Jésus produit par Alpha Blondy avec l'équipe qui a joué sur l'album de Tonton David «Sur et certain», pour des incompréhensions entre Alpha Blondy, Virgin et Emi j'ai été une victime collatéral de ces graves incompréhensions.Et çela a retardé ma venue véritable sur le marché européen même si j'ai fait Bercy en première partie avec Alpha.Je me suis dit que tout ce que Dieu fait, est bon .Maintenant aujourd'hui cette chance que j'ai avec la ligue française , c'est un circuit de 30000 personnes, des salariés avec des associations qui me donne l'opportunité de me produire pour mon premier concert en France. Voilà.

Peux tu nous raconter tes débuts dans la musique?
On a eu un parcours comme tout artiste en herbe avec vacances culture, Radio vacances dans les années 80 et surtout Podium avec Roger Fulgence Kassy qui nous a fait connaître avec mon groupe les Roots.J'ai fait près de 8 participations à Podium et c'est un regret pour moi qu'il n'ait pas été là au moment où je devenais artiste à part entière.Raison pour laquelle j'ai fait plusieurs chansons pour rendre hommage à Ful.Il a fait beaucoup pour la musique et les artistes. Il serait bon qu'il y ait quelque chose pour l'immortaliser.

Quel regard portes tu sur la musique ivoirienne actuelle?
La musique ivoirienne est riche de ces diversités. 63 ethnies, il ya 63 façons de s'exprimer. C'est une richesse immense, il y a beaucoupde choses à exploiter. A notre temps il y avait des émissions pour se former. Aujourd'hui, chacun apporte par sa pierre à la musique. Chacun vit dans son temps et même si il y a beaucoup plus de machine dans les studios. Le coupé-décalé, le zouglou apportent quelque chose à la musique ivoirienne. Ils utilisent les choses de leur temps; donc il faut les encourager.DJ Arafat, les Zouglou remplissent la salle des 4000 places du palais de la culture. Ils participent au rayonnement de la musique ivoirienne. Chacun a son public; et la musique ivoirienne, c'est les DJ Arafat, Alpha Blondy, les Zouglou, Serges Kassy, etc . C'est tout ce monde là.

Que nous reserves tu pour ton nouvel album que le public attend?
Le nouvel album va s'appeler «Au nom des miens».Il est pratiquement prêt et bouclé.Il va composer près de 14 titres.Il y a beaucoup de morceaux en langue. Chacun se retrouvera dans les chansons et ceux qui ont la chance de l'écouter disent qu'ils retrouvent le Serge Kassy des années 90 qui se veut les yeux et la bouche du Peuple.Il est engagé et plus axé sur les problèmes africains. Donc au nom des miens, j'insiste pour que nous prenons conscience sur ce qui se passe dans mon pays, sur notre continent l'Afrique.

La transition est trouvée pour parler de toi et la politique. Que veux tu au juste?
Le bien être de mon peuple! Le combat que j'ai toujours mené est d'apporter ma pierre à l'édifice.
De d2noncer ce qui n'est pas bien, pour que ceux qui peuvent améliorer, nous aident. On est des hommes; on n'est pas parfait. Le rôle que je joue en tant qu'artiste c'est d'être le miroir du peuple. Quand on prend position, on dit ça ce n'est pas bon pour telle ou telle raison, mais c'est mon point de vue. Mes prises de position m'ont été reprochées par rapport à ma carrière.Ca peut ne pas être juste, ça peut ne pas être bon mais c'est mon point de vue. Ce que je dis dans mes chansons c'est que je vis dans la vie active. Justement la différence entre les autres et moi, c'est que je suis syndicaliste.je suis un homme de terrain. Un exemple, J'ai vu des frères, des artistes qui pour la crise ivoirienne m'ont reproché d'avoir pris partie et de faire de la politique. Alors quand ça va bien en Côte d'ivoire, tu as le courage dire dans tes chansons qu'en ça n'allait pas bien dans d'autres pays africains,ils décidaient de prendre position.Ceux qui m'ont fait ce reproche,dans leurs chansons ils ont dit des choses et pris position quand il y avait l'apartheid en Afrique du Sud, quand il y a eu la guerre au Libéria au moment où çela allait bien en Côted'ivoire.Maintenant que mon pays est en guerre ou en crise, ils disent que là, ils ne peuvent pas prendre partie et que c'est la politique. Ou bien ils avaient peur de diviser leur fan,leur public ou bien ils décidaient d'abandonner le peuple dans la crise. Ou bien ils décident de se taire simplement par intérêt ou par peur des réactions d'un camp.Quand j'ai chanté «Min révolté» dans les années 93, ça veut dire je suis revolté de ce qui arrive à mon Afrique.j'estime que les coups d'état qui se passaient, les guerres etcj'ai chanté vraiment ce que je pensais par rapport à ce qui arrive à mon Afrique.en pensant aux leaders Kwamé Nkrumah, Steve Biko qui avaient été tués. Et lorsque mon pays la Côted'ivoire en 2002 est attaquée, J'ai le choix;je ne mêle pas de ça? Alors je serai en contre phase avec les idéaux que je défends.Parceque si c'est uniquement dans les studios que je peux parler, j'ai estimé que ce serait une fuite en avant pour ceux qui croient en moi..Quand j'ai regardé la crise dans mon pays,j'ai compris beaucoup de choses. Toutes les crises qui se passent en Afrique sous le joute du colonisateur sont des crises d'intérêt. J'ai décidé en toute responsabilité donc de faire de la résistance avec des camarades et frères pour reveiller la conscience de mon peuple et informer l'opinion internationale sur ce qui se passe réellement dans mon pays. Ce pour lequel je me bats pour que les choses changent à travers des meetings et sit in.....Fin de la 1ère partie