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No.43
octobre 2010

Interview/Daara J : ”Nos dirigeants ont tué le rêve africain”

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Faada Freddy et Ndongo du groupe Daraa-j incarnent cette jeunesse qui croit en une nouvelle Afrique. Pour eux, celle là devrait prendre ses racines dans une union africaine de la jeunesse autour des valeurs culturelles de l'Afrique afin de redonner au berceau de l'humanité ses acquis perdues. Très actif sur la scène international ces deux rappeurs sénégalais n'hésitent pas à faire passer des messages forts. À l'occasion de la sortie mondiale de leur nouvel album intitulé ”School off life”, votre magazine Web, 100% Culture au détour d'un concert à Stockholm les à rencontré. Ils sont très amers. Interview.

Pourriez vous avant de monter sur la scène à Stockholm ce soir, dire vos impressions par rapport à vos précédents concerts en Suède, pays réputé pour sa qualité de vie?

Nous sommes très heureux de renouer le contact avec le public suédois. Nous y sommes à notre quatrième passage et nous estimons que nous avons beaucoup de fan en Suède, c'est d'ailleurs pourquoi nous avons bien voulu honorer l'invitation de Selam pour lui présenter aux mélomanes suédois notre dernier album intitulé ”School off life”. Entendez par là, l'école de la vie. L'album vient de sortir dans le monde entier et nous promettons un show grave ce soir (nlrdr le 16 septembre 2010).

De quoi parle cet album?
Cet album parle de l'Afrique et surtout l'avenir des jeunes africains.
Justement! ”School off life” s' inspire t-il de l'actualité de l'Afrique, où près de 17 Etats fêtent leur 50 ans d'indépendance?
Notre message c'est que le cinquantenaire des indépendances des pays africains est un couteau à double tranchant dans la mesure où elle permet de faire un bilan après 50 ans de décolonisation. Mais aussi de faire ce constat que l'Afrique qui n'a jamais été indépendante et qu'elle n' a jamais eu une réelle autonomie.

Où se situe donc le problème?
Le problème c'est que l'Afrique reste encore après 50 ans d'indépendance cette vache qu'on revend à son propriétaire et qu'on continue de traire.

C'est bien imagé ca...
Oui, sinon comment comprendre qu'en Afrique on ne fabrique pas d'armes mais que ce continent reste un perpétuel champ de bataille ou encore que par exemple le Niger qui est l'un des pays les plus pauvres du monde reste le sauveur de la France dont il fait tourner le nucléaire avec son uranium. Les scandales à répétition. L'affaire ELF et bien d'autres. Des exemples comme ça on n' en compte par milliers en Afrique. Pour nous, voici les problèmes que ce cinquantenaire devrait poser avec une question majeur et toute simple ”Qu'elle Afrique digne pour les 50 prochaines années”? Mais en même temps ce qu'il faudrait surtout comprendre afin de ne pas se tromper de combat, c'est que le colon d'aujourd’hui n'est pas que blanc. Il ya aussi des colons noirs qui se trouvent être certains de nos dirigeants et qui ont brisé le rêve africain. Et cela, en faisant éliminé pour leurs intérêts personnels des visionnaires qui auraient pu influencer positivement le destin de l'Afrique avec leurs idées. Nous voulons parler de Kwamé N'krumah, Patrice Lulumba, Thomas Sankara et bien d'autres qui incarnaient des valeurs africaines. Ceux de la nouvelle génération qui incarnent ces valeurs de l'Afrique sont contraint à l'exile pendant que cette Afrique à besoin d'eux pour se construire et se développer.

Une bonne union africaine serait-elle une bonne solution pour l'Afrique?
Vous savez, l'union africaine n'a jamais été une utopie. C'est seulement qu'elle est vide de contenue parce que, ceux qui la dirige n'en sont pas les instigateurs. Pour imager un peu la situation c'est comme si l'on voyageait dans une voiture avec un conducteur aveugle. La vraie union africaine émanera de ce fait de cette nouvelle génération qui même si elle est malmenée par les colons africains a des yeux pour voir.  Et surtout de promouvoir cet esprit d'ouverture et de solidarité. Nous somme sénégalais mais nous sommes en contact avec les jeunes de tous les autres pays de l'Afrique. C'est peut être une manière de dire que c’est à travers la culture que l'Afrique reviendra à ses vraies valeurs.

Et la notion de la démocratie gage d'une bonne gouvernance alors?
Comment peut ont être démocrate sans être libre? La démocratie nous ramène à la notion de la liberté de choisir. Mais si nous n'avons pas de choix parce que nous ne somme pas économiquement libre, comment voulez vous que la démocratie fonctionne. Lorsqu’on a faim et qu' on doit faire appliquer les lois, c'est claire qu'on fera le choix de son ventre. Dans les pays développés, on choisit celui qui protégera mieux l'intérêt de la population et non celui qui nous donne de l'argent ou celui qui vient du même clan que nous. Ce qui importe c'est de revenir aux vraies valeurs de l'Afrique.

Que préconisez vous alors pour qu'après les 50 prochaines années l'Afrique ne soit plus à ce stade?
Nous pensons que cette question s'adresse à tous les fils d'Afrique où qu'ils soient. Il faut qu' ensemble nous lui redonnons pour l'avenir ses vraies valeurs. Il faut que les africains aiment leur continent et que nous en soyons sa fierté. Nous nous surprenons souvent à aimer les pays développés, mais c'est seulement parce qu ils sont développés. Si seulement nous arrivons à développer l'Afrique les autres, ceux qui la critique aujourd’hui l'aimeront demain. Le retour des cerveaux et la place à l éducation seraient de grands pas. Prenez simplement l’exemple de la Chine.

Pour revenir à votre carrière croyez vous que la jeunesse suit votre mouvement à travers le hip hop au Sénégal?
Aujourd’hui nous tournons un peu partout dans le monde mais quand nous sommes au Sénégal, nous ne roulons pas carosse. Nous sommes du peuple et dans le peuple de la Medina dans laquelle nous vivons tous le quotidien des délestage , des inondations, de l'insécurité et bien d'autres choses qui incitent à ne pas baisser les bras. En Afrique Daara-j c'est une société. Nous essayons de donner l'exemple à ceux à qui nous donnons des conseils. Dans plusieurs domaines nous apprenons aux jeunes le goût de nos valeurs que nous défendons.

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