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No.42
septembre 2010

Musique: Et, revoilà la Féline Fely!

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Fely la «féline» redonne de la voix, depuis son exil californien. Cette fois, la petite bourgeoise fragile sort ses griffes. Elle crâne, disent déjà les mauvaises langues. Non «she can» faire mal.
«De Fely Tchaco, on ne retient d’emblée que la beauté. Une beauté féline, avec son long corps et ses yeux de biches. Côté musique, il faudra repasser…». C’est le commentaire d’une ivoirienne que nous avons entendu en 1998 à Abidjan. Une fille formidable qui en savait beaucoup sur la musique que la plupart des gens qui se piquaient de diriger l’industrie musicale à cette époque.

Seulement voilà! La beauté seule ne suffit pas pour percer dans le monde cruel du showbiz.Quand bien même un Berry Gordy (NDRL: fondateur de Motown) aurait l’intention de vous imposer aux mélomanes en matraquant vos disques sur les stations de radio. Heureusement, Leye Félicité Tchaco à d’autres atouts.

Enfant, son père l’encourage à faire de la peinture, elle suit les cours mais dès qu’elle a un bout de temps et que son paternel à le dos tourné, elle court pousser la chansonnette avec un groupe comme le Tropical Band, un orchestre qui se produisait à l’Hôtel Président de Yamoussokro où elle est née.

A la vérité, le showbiz ivoirien des années 90 fait de grosses pointures et de requins toujours avides de prébendes, ne lui donne pas la possibilité de s’épanouir musicalement. Ainsi, malgré son talent de grande danseuse, sa voix prometteuse , ainsi que les thèmes sociaux qu’elle aborde, elle passe inaperçue pour le grand nombre.
A cela, il faut ajouter sa vie personnelle. Mariée très jeune à l’âge de 17ans, elle doit mener de front une vie de couple et une carrière musicale. C’est la croix et la bannière.

Lasse, elle «monte» en 2000, en Californie à San Francisco. Là, elle se met en «stand by», entreprend des études, entre deux cours, elle écrit des chansons, compose, réfléchit au monde, pense à son pays. Travaille aussi à la formation d’un orchestre, bien à elle.

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En 2004, le fruit de son silence «Dezeregnan», un album qui relate les tranches de vie qui apportent l’expérience aux humains. Quatre années après, elle sort un autre opus  « Awareness »  (prise de conscience). Qui se veut  un regard sur l’actualité du monde et la situation socio-politique en Côte d’Ivoire. Une façon pour la « féline » de dire son amour pour son pays mais surtout que désormais, elle aura des paroles responsables en tant qu’artiste vis-à-vis des politiques de son pays  qui mènent le peuple sur des chemins sans issue. 

Apparemment cela est payant. L’une de ses chansons « Toilata »,  remporte une mention honoraire en 2009 à la Internationale Songwriting compétition.  Ainsi que trois certificats de Billboard.   La « féline » petite bourgeoise prend maintenant du coffre .  « Optons pour la paix  entre les peuples,  sans distinction de race et de religion ». Elle est résolument antiraciste !

C’est qu’elle est devenue « Mature » la petite Fely , et  elle le dit dans son dernier album qui se veut un pont entre son origine et sa vie d’aujourd’hui.  Ainsi, lorsqu’on écoute « En Louh » chanté sur un rythme entrainant de zouk, c’est une voix suave, posée que l’on entend. Fini l’amateurisme de ses débuts. Elle ne donne plus dans l’a peu près. Elle s’est vraiment internationalisée la petite !

Fély  mature ! « laissez nous rire ! » ricanent déjà les requins du  showbiz ivoiriens sur le retour. «  Elle crâne » diront les plus  véreux . Nous disons : «  yes she can ! »