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No.42
septembre 2010

Photographie: Les clichés militants d’ Elise Fitte-Duval

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Il y a des artistes qui ont l’humanisme chevillé au corps. Ils vivent leur art comme un sacerdoce. Elise Fitte-Duval est de ceux là. Dans sa manière de fixer ses sujets elle montre les malheurs des uns dans le but de faire prendre conscience aux autres. Mais sans chercher à mortifier les seconds.

Elise Fitte –Duval fréquente d’abord l’école d’arts plastiques de Martinique en 1989, puis s’inscrit à l’école nationale supérieure des arts décoratifs de Paris d’où elle sort diplômée en 1996 avant de s’installer au Sénégal en 2002. Auparavant, elle réalise une série de nus au quotidien «Portraits nus» présentée à Bamako en 1994 et à Nantes en 1998.

Pour parfaire sa formation, elle s’intéresse à la danse, acquiert des connaissances en la matière. Elle se met à suivre les créations de plusieurs compagnies de danse contemporaine en Afrique de l’ouest. Le galeriste Chab Touré expose une partie de son travail en 2005, ainsi que la galerie le Manège de Dakar qui lui ouvre ses portes en 2009. De fait, son travail depuis plusieurs années est axé sur la représentation du corps et sur son langage dans la création chorégraphique. Un travail en prise avec l’environnement dans lequel elle évolue.

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Récemment, elle était à la Biennale de Dakar du 12 au 21 juillet 2010, où elle a montré ses derniers travaux sur les difficultés quotidiennes des habitants des quartiers défavorisés de Dakar confrontés aux problèmes récurrents des inondations en saison des pluies dans le cadre de l’exposition «vivre les pieds dans l’eau».
Elise Fitte-Duval est,en quelque sorte une photographe militante.Tant, ses travaux témoignent d’un certain engagement. Ses photos sont très composées, avec des jeux d’ombres et des reflets de couleurs dans l’eau.

Elle est motivée par l’instinct, mais surtout elle est proche des laisser pour compte de la société. A preuve:«je n’ai pas fait ces photos seulement pour la beauté, mais pour témoigner des conditions de vie des habitants de Guediawaye», se défend elle. Puis ajoute modeste, «je me sens un devoir par rapport aux gens que je photographie. Car en me laissant les photographier, ils ont voulu que je montre leur vie». Humaine Elise Fitte-Duval, trop humaine!
Tellement humaine qu’elle aurait voulu montrer ses photos sur les inondations dans les rues chics de Dakar où l’on tient des beaux discours sans passer aux actes. «On oublie vite les inondations alors que les gens qui vivent dans les quartiers touchés y sont confrontés pratiquement toute l’année».

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Ce qui frappe dans les photos d’Elise Fitte-Duval, c’est la dignité des sujets. Aucun voyeurisme, aucune volonté de rabaisser les gens qu’elle fixe avec son objectif. Son but est d’être une courroie de transmission entre ses sujets et les décideurs qui peuvent améliorer les conditions de vie des gens à condition qu’ils s’en donnent la peine et qu’ils en aient envie.
Elle veut faire passer un message lorsqu’elle prend un cliché. Les photos d’Elise n’ont pas vocation à être accrochées dans le salon d’une famille aisée. Elle veut juste faire prendre conscience que «ceux d’en haut» devraient sortir de leur bulle pour voir que la vie n’est pas toujours une fête chez «ceux d’en bas». surtout lorsqu’on a les pieds dans l’eau une partie de l’année.

A y regarder de près ce que veut Elise dans son travail photographique, c’est la possibilité de l’amour entre les nantis et les démunis. Un amour qui partage des souffrances et des bonheurs. Et non ce mépris affiché tout le reste de l’année et ce pseudo amour quand vient le moment de glaner des voix le temps des élections.

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