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No.42
septembre 2010

CHRONIQUE: « Performatif -Performance – Performativité», des notions à élucider

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Si l'art à part entière n'est pas un tiers de l'art, alors l'identité ne doit pas être confondue à la ressemblance.


Le performatif, nouvelle dimension de la démarche artistique a ses origines.
Le mot lui-même, durablement marqué par la théorie des actes de langage du théoricien John Austin ,se reconnaît à un ensemble d'indices.
 
Acte langagier, s'agissant d'un genre d'énoncé, accomplissant certaines actions ou injonctions institutionnelles, qui ne tirent pas leur signification de la vérité qu'elles véhiculent mais de leur emploi (le succès performatif).
 
Du point de vue des sciences de la culture et pour le domaine des arts, la découverte, c'est que toutes les expressions culturelles sont considérées comme étant des performances. Le performatif indique qu'en d'autres circonstances, prononcer certains propos ne consiste ni à écrire ce que l'on fait, ni même à l'affirmer mais à le faire.

L'énoncé performatif a la particularité de faire quelque chose, d'être en lui-même un acte.
Acte qui se doit de  rendre explicite l'action qu'elle réalise puisque la réussite de l'acte en dépend.
 
Les notions de performance et de performativité sont sujettes à quelques confusions, surtout parce qu'elles ne sont pas employées de façon uniforme dans divers espaces linguistiques.

Dans l'usage anglophone, le terme "performance" est utilisé pour désigner le phénomène de l'interprétation (théâtre, opéras, concerts, récitals de chant dans le jazz). Ce qui a conduit les protagonistes de l'art performatif à parler de "live" plutôt que de performance lorsqu'ils se référaient à l'unicité d'une action artistique et à l'immédiateté du concept développé pour elle.
La performativité se définit selon la spécialiste allemande Erika Fischer-Lichte comme le substantif correspondant à performatif, un terme générique désignant toutes les phrases d'une représentations par le corps et la voix devant des spectateurs physiquement présents.

Mieke Bal, spécialiste Anglaise de la culture, introduit ,elle, dans ses analyses théoriques une différence entre performance et performativité des travaux.
 
Sous le terme de performance, elle énonce les facteurs de l'interprétation conformément à l'usage anglais du mot: rôles, supports médiatiques, notations, textes, corps.

Pour ce qui est de la performativité en revanche, elle souligne que le  facteur essentiel en est l'unicité de la représentation, l'acte au présent et dans le présent.

Par analogie à la théorie linguistique, il s'agit du moment où les mots lexicaux sont articulés et où ils acquièrent leur validité en séduisant ou en persuadant.

 La notion de performance est employée comme catégorie esthétique précisément au moment où est reconnaissable au genre de productions artistiques caractérisées par la situation "live".

En somme , il est difficile de séparer l'idée du performatif de sa forme substantivée - la performativité.
Le rapport entre performance et performativité n'est pas de même que celui qui existe entre matière et matérialité ou entre concret et abstrait.