Amog Lemra (Auteur, réalisateur): « Identité malsaine doit être une prise de conscience générale sur le mal que nous nous faisons »
Par Zacharie Acafou
- Réalisé à Paris
Réalisateur et poète, Amog Lemra côtoie, flaire le cinéma depuis sa tendre enfance dans son Congo Brazzaville natal. Après ses films « la Tombe d'un rêve» et «Qui perd gagne» sortis conjointement en 2008, il s'apprête à sortir «Identité malsaine», son troisième court métrage dont le ton sombre et triste sait nous plonger dans un univers-diable qui ne dit pas son nom…
«Campagne d’intégration, campagne d’intégration. Venez-vous servir. Devenez français. Dépêchez-vous mes frères. Les temps sont durs, devenez Français.» Voici commencée une épopée servie par un excellent Alphonse Demeho jouant le rôle principal du recruteur d’Africains désirant devenir français au prix d’une étrange obligation de s’accoupler avec des blancs et ce…dans le but de métisser ou de rendre plus blanc la société française. Les métisses qui à leur tour, devront s’accoupler avec des personnes de race blanche jusqu’à obtenir une société blanche où l’on pourra compter les Noirs sur le bout des doigts et encore... Un scénario manifestement lugubre et biscornu mais si bien tourné que l’on est forcé de croire à l’approche réaliste du film.
«L’on ne fait rien sans l’aval du Noir, nous avons contribué et continuons de contribuer à faciliter cet esclavage moderne. Certains Africains ne gagnent rien en faisant cela mais ont l’illusion de gagner quelque chose. C’est là d’où vient notre drame commun » concède Amog, l’auteur de ce film dont la sortie est prévue en France dans le courant du mois de Septembre. Et le même de poursuivre: « Cette vision des choses n'a absolument rien de raciste, elle a beau être dure, inimaginable parfois mais très réelle quand nous voyons les politiques sans cesse mises en place pour stigmatiser les Noirs, les immigrés alors qu'il y'a des choses plus importantes dont ces politiciens peuvent s'occuper».
«Le cinema africain connait une avancée graduelle»
Originaire du Congo Brazzaville, Amog Lemra se veut optimiste quant à la pérennité du cinéma africain dans son ensemble. «Nous accusons certes un retard mais commençons avec la naissance de jeunes talents à nous imposer dans l'industrie cinématographique mondiale. Sur la Continent africain, plusieurs festivals dédiés au cinéma ont commencé à voir le jour et cela incite les nouveaux créateurs à travailler encore plus. La 14ème édition du festival de cinéma Ecrans noir 2010 de Yaoundé où j’étais en compétition officielle avec «La tombe d’un rêve» rassemblent de plus en plus de professionnels africains du Cinéma.Il y’a également la troisième édition du Festival des médias, prix Espoir qui s’est tenue au Congo (du 5 au 24 juillet), dont je suis le représentant légal, et qui commence à s'imposer comme un festival majeur .Outre ces festivals cités, plusieurs initiatives nobles voient le jour de plus en plus en Afrique et cela contribue largement au développement du cinéma africain dans son ensemble»
Filmographie de Amog Lemra:
La Tombe d'un rêve (2008)
Qui perd gagne (2008)
Identité malsaine (2010)





