Mondial 2010: Première fête planétaire du foot et de la musique en terre africaine
Par Atse N'cho de Brignan
- Réalisé à Paris
Depuis le 15 mai 2004, date de l’annonce du mondial 2010, les regards sont désormais tournés en l’Afrique du Sud, pays organisateur de la première coupe du monde de football en terre africaine. Regardée par des milliards de supporters à travers la planète, cette fête du ballon rond est aussi la compétition sportive la plus suivie. En plus d’être un événement sportif mondial, c’est avant tout une fête proprement dite pour le continent noir qui l’accueille pour la première de son histoire.
Le Mondial 2010, une justice rendue au continent noir
Pour la première fois de l’histoire de la Coupe du monde de football, c’est un pays d’Afrique qui a été désigné pour organiser cette dix-neuvième édition. Et c’est l’Afrique du Sud, pays de l’icône de la Liberté Nelson Mandela qui se prépare activement à accueillir le plus prestigieux des championnats mondiaux des nations, du 11 juin au 11 juillet 2010. Selon les propos du président Joseph Blatter, la Fédération internationale de football association (FIFA) a ainsi "rendu justice à un continent qui a vu naître tant de footballeurs talentueux". C’est vrai que le continent africain regorge de nombreux professionnels du foot qui jouent dans les grands championnats européens, mais le football africain en lui-même avec ses championnats locaux n’attirent plus les recruteurs comme auparavant.
Une chose est sûre, c’est qu’avant d’accueillir les quelque million de visiteurs attendus, le pays arc-en-ciel doit relever un certain nombre de défis tels la réfection et la construction des stades aux normes exigées et surtout garantir la sécurité des footballeurs et touristes quand on sait que la criminalité est le problème numéro un de l’Afrique du Sud, où des dizaines de milliers de meurtres sont commis chaque année. Pour certains observateurs avisés, ils sont convaincus qu’un tel événement organisé pour la première fois en Afrique, est ? l’occasion pour le continent africain prouver qu’il peut jouer un rôle éminent sur la scène internationale et véhiculer une belle image ?.
Une fête du foot et de la culture …
En plus de la fête planétaire de football, la culture sera également de la partie. le Mondial 2010, le premier jamais organisé sur le continent africain, inspire via deux expositions les artistes de la planète. Ainsi, photographes, sculpteurs ou peintres du monde y sont réunis autour d’un seul thème : le ballon rond. Ce sont donc cinq artistes de chacune des 32 nations qualifiées pour la Coupe du monde qui ont eu toute la latitude de créer des ?uvres inspirées par l’Afrique, la fierté de leur propre pays et la passion suscitée par l’événement. C’est la ville du Cap, dans le sud-ouest du pays, qui expose jusqu’au 10 juin, les premiers éléments de photographies d’enfants jouant au football sur les plages immaculées d’Afrique du Sud, des footballeurs sculptés dans le bronze en pleine action.
Côté musical, c’est la star colombienne Shakira qui se voit accorder le privilège de chanter ?Time For Africa ?, une chanson festive et colorée qui est en même temps l’hymne officiel de la coupe du monde de football 2010, à l’occasion du concert de lancement du 10 juin à Soweto aux côtés du groupe sud-africain Freshlyground. D’autres artistes chanteurs tels que Alpha Blondy, Didier Awadi, Rola, Jozi, Slikour, Kwesta, Magic Sytem, Meiway, Tiken Jah… seront également de la partie pour animer des show time dans le ?village africain?.
… mais une fête en Afrique sans Africains?
A en croire une étude récente menée par le cabinet d’audit international Grant Thornton sur le premier ?Mondial africain?, seulement 2 % des billets vendus sur les 2,9 millions ont été achetés par des Africains, soit 11 300 personnes. Ce qui fait un maigre bilan pour une première Coupe du monde de football organisée sur le continent, car ?les supporters noirs et pauvres devront se contenter de leur poste de télévision pour suivre les différentes rencontres chez eux?. Pour Jérôme Valcke, le secrétaire-général de la FIFA, même s’il maintient que les stades seront pleins à 95%, il reconnaît toutefois que très peu d’Africains possèdent une carte de crédit et un accès à Internet qui sont les seuls moyens pour se procurer des billets (en ligne) lorsqu’on n’habite pas en Afrique du Sud. Et voilà donc que les Fennecs, Eléphants, Lions Indomptables, Black Stars, Super Eagles et autres Bafana Bafana devront à priori se débrouiller tous seuls…sans supporters.
De toutes les façons, en attendant que la FIFA repense sa politique en ce qui concerne la vente des billets, pour les Africains, une première coupe du monde de football organisée sur son continent est déjà une victoire et une fête.





