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No.38
mai 2010

Tourisme: S/S Orion: du sauvetage des bateaux au secours des jeunes exclus. Bo ou l’esprit d’un capitaine des temps modernes.

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En 1929, la marine suédoise inaugure le S/S Orion, son baliseur à vapeur qui devait effectuer ses missions portuaires en toutes saisons , en temps de paix comme en temps de guerre.
Au printemps, on le voyait poser des bouées le long des routes de navigation qu’il rentrait l’automne venu. Sa tâche était d’inspecter les bateaux-phares et les stations de pilotage. Il avait aussi pour fonction :
• d’ approvisionner les fanaux en gaz.
• d’effectuer des mesures marines. En hiver, il faisait office de brise-glace.
 Un jour de 1956, premier avertissement de la marine royale  : «  Orion,  tu te fais vieux et  faible, ton treuil de  levage est  actionné à la vapeur, soit ! Mais tu comprends ,  tu ne peux tirer que  des bouées de trois tonnes, tu es dépassé par la technologie, tes nouveaux confrères peuvent tirer ders bouées de 5 tonnes.  Bon écoute, on va être gentil avec toi, on ne va pas te laisser tomber comme ça. Tu seras dorénavant affecté  au transport du matériel pour la construction des phares ».
Orion s’acquitta de cete tâche pendant 23 ans. En 1979, la sentence devient sans appel : «  Après 50 ans de bons et loyaux services, ton compte est bon. La marine ne peut plus rien faire pour toi ».
 
La marine avait-elle oublié ton histoire, Ô Orion, fils de Poséidon, dieu de la mer ?
Par la suite, tu sers temporairement d’école de navigation et même de navire de croisières sur les eaux norvégiennes : ton acquéreur d’alors, un particulier du nom de Per Engman, t’abandonne quelques temps après  sur la côte  Gutembourgeoise.
  On te  croit  vraiment mort. Mort et oublié pendant neuf  hivers. Neuf hivers de gestation...  
Soudain, en 1987, Bo Thortenson, un fou de bateaux dont la passion  remonte à l’enfance t’aperçoit,  toi le géant agonisant sur un quai de Gutembourg et te reconnait et te sauve in extremis de la casse. Toi le  géant de l’histoire de l’industrie navale qui avait fait  couler tant d’encre . On a décrié les rapports hiérarchiques d’un autre âge qui avaient cours à ton bord . Ainsi, le  capitaine, de son luxueux salon tout en acajou, ne communiquait pas directement avec l’équipage, mais par l’intermédiaire des officiers dont la cabine était en chêne poli, tandis que les matelots devaient se contenter de bois de pin. Par ailleurs, il disposait de la moitié de la surface habitable alors que les neuf hommes d’équipage avaient l’autre moitié. Un escalier individuel menait au pont, ce qui leur évitait de se croiser.. Dans sa tour d’ivoire,  le capitaine était le maître absolu à bord. Le chef cuisinier était le deuxième dans l’ordre hiérarchique. Ainsi qu’on le dit dans les archives, en récompense d’un bon comportement , (entendre le respect de son statut ), on recevait soit un sandwich, soit un café.
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Connaisseur, Bo Tthorstenson a compris, ô Orion,  ton importance historique et culturelle . En effet, tu es le plus vieux baliseur de Suède. Tu es une mine de renseignements pour le sociologue et des esthètes.  Tel un médécin son patient, il décide de te remettre en état et te redonner  ta splendeur d’antan.  

Pour ce faire,  Il lance  le « Projet S/S Orion » en 1993 en s’appuyant sur « l’Association des amis du musée S/S Orion ». Le but est noble et ambitieux.  Très vite il mobilise un important réseau de personnes de bonne volonté : armés d’enthousiame , de passion et d’idéal, , elles se mettent au travail. L’objectif à atteindre est de te remettre  dans ton état de marche originel et faire de toi un musée  naviguant.  

Aujourd’hui, on a peine à croire que tu as plus de quatre vingts ans. Avec tes 32 mètres de long sur 6 mètres de large, tes sept cabines, deux salons, trois salles à manger, une cuisine , un bloc-douche et une cale, le tout en bon état, ton équipement comprend une chaudière à charbon et sept machines à vapeur, qui fonctionnent encore à ce jour. À la machine principale de type compound viennent s’ajouter celles actionnant la génératrice, les pompes, les guindeaux et autres dispositifs. Grâce au magnifique travail de restauration dans le respect des plans d’origine, entrepris avec différents professionnels des métiers d’art, le salon du capitaine, ce joyau de la couronne, a retrouvé ses lambris d’acajou, ses dorures, ses cuivres étincelants, ses miroirs, ses meubles en cuir Chesterfield ; le grand salon a retrouvé son espace propice aux plus grandes réceptions. On attend avec impatience la fin des travaux de la cabine de pilotage. Le classement du bateau au patrimoine maritime national en 2003 a récompensé l’excellence du travail de restauration. Depuis lors, sa Majesté Carl XVI Gustave, les membres du gouvernement, les journalistes, les medias, les artistes nationaux et internationaux dont Barbara Hendrix, et 3000 visiteurs annuels ne tarissent pas d’éloges après leurs visites.
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Tu es ancré sur Sheppsholmen , le plus beau point d’amarrage, à une cinquantaine de mètres seulement de Sheppsholmensbron. Tu es facilement identifiable à tes couleurs noire, jaune et acajou, respectivement coque, pont et cabine de pilotage. On t’aperçoit de très loin. Tu aimes à voir et être aussi vu.  Tel Argus aux cent yeux, avec tes innombrables hublots, on bénéficie d’une vue unique et splendide sur le château Royal , Gamla stan à l’ouest, Le Musée National, Strandvavägen au nord-ouest ; Södermalm. A ta gauche, le pittoresque Sheppsholmenbron ; au- dessus de toi, la cathédrale de Sheppsholmen jouxtant Östasiastiskea Musset ; sur les passants , touristes et autochtones que tes yeux invitent pour leur plus grand plaisir à te découvrir de plus près, ô Orion le bien-nommé. ! Peut-être rencontreront-ils le capitaine fantôme dont on raconte qu’il revient de temps en temps hanter le bateau, faisant résonner ses pas dans la salle de commnde, et disparaître des objets. Cette histoire a fait venir un célèbre medium anglais, qui a confirmé les dires avec une nuance positive que je vous laisse découvrir dans un long métrage de la série « Okända » sur TV4.

Tout aussi intéressante est la nouvelle dimension sociale qu’a prise le projet Orion en accueillant des jeunes exclus (de 15 à 25 ans) qui participent à la restauration de ce patrimoine.
Bo Thorstenson, dont l’humanisme est à fleur de peau,   en est l’initiateur. Ainsi qu’il le dit : « L’une des activités de l’Association à laquelle je suis tout particulièremnet attaché et qui date de mon expérience dans la police, est d’oeuvrer à la réinsertion des jeunes de banlieue   où l’exclusion, le chômage, le racisme, les abus et la criminalité sont fréquents.  À cette fin, je me suis entouré des professionnels des différents métiers. »

Bo est en quelque sorte le capitaine des temps modernes qui s’ attache tout d’abord au travail bien fait. Aucun privilège de classes comme dans le temps dans cet espace de travail aux conditions idéales. Le capitaine met volontiers la main à la pâte et prend une part active aux travaux. Modeste, le capitaine sait aussi se faire l’élève auprès de ces jeunes pour certains très doués, en informatique par exemple. Il cumule les fonctions de capitaine et d’ouvrier. Il prend plaisir à faire lui-même le café offert aux visiteurs.

 Il fait figure tour à tour de père , de frère, d’ami, de  camarade auprès de ces jeunes  venus d’ici et d’ailleurs, qui l’appellent communément Bo et parfois Capitaine. Le bateau est un creuset de cultures où le respect est de rigueur. D’ allure juvénile,  il se montre d’une disponibilité et d’une générosité à toute épreuve.    Il n’est pas avare d’appréciation ou d’encouragement : « Beau travail », l’entend-on dire à tel ou tel jeune, des mots qui donnent confiance et qui sont reçus avec fierté et auxquels font écho des « merci » emprunts d’assurance ou teintés de timidité selon le caractère.

Le capitaine est aussi le  mentor qui  garde le contact avec ces jeunes après leurs périodes de formation.
Il est riche d’anecdotes et fier de les raconter: telle l’histoire de ce jeune venu effectuer ses  80 heures de travail d’intérêt general . Il s’était tant et si bien investi dans le travail qu’il a été embauché.  : « La justice m’a donné 80 heures , mais toi, Bo, tu m’a donné un travail pour la vie », lui avait-il dit. Nombreux sont les anciens qui reviennent  , qui, avec famille et enfants, qui avec un nouveau statut ; une autre façon de montrer leur reconnaissance à l’ami qui leur a donnés une chance de s’en sortir.
 Orion, que de vies tu as eues !

Aujourd’hui Orion réflète l’esprit du Capitaine Bo qui, sans préjugés  ni prétention,  veut aider à la réinsertion des jeunes, comme son père, médécin célèbre , qui  avait dédié sa vie au service de ses patients.
Faisons nôtre le rêve du capitaine Bo : voir le baliseur à vapeur Orion devenu musée vivant, sa gloire d’antan retrouvée, avec son équipage spécial, de nouveau voguer sur les eaux. Ta constellation sera plus que jamais brillante dans le ciel hivernal du beau royaume de Suède , ô Orion !

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Heures de visites
Lundi- Vendredi
De 8 h à 15 h
Samedi : 9h à 15 h.
Fermé le dimanche.
Les salons d’Orion sont disponibles pour la location.
Pour tout renseignement, contacter
Bo Thosrtenson : (46 08)  611 27 30
S/S Orion
Att. Bo Thorstenson
Batteriparken,Skeppsholmen
111 49 Stockholm
Telefon: 08-611 27 30
projekt.orion@home.se
www.ss-orion.se