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No.37
avril 2010

"Dakar-Kingston" Du mbalax au reggae, la magie de Youssou N'dour

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De sa délicieuse musique Mbalax au reggae, il n'y a eu qu'un pas que Youssou Ndour a su franchir avec succès. Etre artiste n'est ce pas avoir de l'imagination ? Cette imagination si brillante et si riche qui fait la faculté maîtresse de notre Youssou Ndour International.

"Dakar-Kingston" est son dernier opus. Un album bien enlevé, du point de vue des spécialistes et des mélomanes, où l'artiste a repris quelques uns de ses grands succès, mais cette fois-ci à la sauce reggae et en a composé d'autres dans le même registre. Il a également interprété quelques titres qui ont fait sa réputation dans leur version originale. Et si la magie Ndour ne faisait que commencer ?

Voilà au sens qui deviendra classique. "Dakar-Kingston" le nouvel album du Prince du Mbalax, cette musique populaire sénégalaise qu'il a savamment propulsée à l'échelle mondiale, revêt l'instant d'un album, des sonorités reggae enregistrées sur les terres de Bob Marley. Difficile entreprise que de changer (assez brusquement) de registre musical surtout quand l'on sait la justesse et l'ampleur considérable que comportent le genre musical des Rastas. Mais Youssou Ndour, plus étonnant encore, ne s'est pas contenté de chantonner sur ces sonorités ou d'y poser simplement sa voix. Il a lui même incarné cette musique comme si elle faisait longtemps partie de son genre musicale. Sublime cadeau fait aux mélomane par un esprit généreux qui ajoute à son talent, sans jamais en retrancher.

Youssou Ndour, un explorateur musical
"Le chant de Bob Marley était un cri pour l'Afrique, avec les morceaux '"Africa Unite" et "No Woman no Cry". Il a représenté pour moi la première star venant du tiers-monde. Un Sénégalais comme moi se dit: "Moi aussi, je peux toucher le monde", confiait-il sourire aux lèvres lors d'une interview accordée au Journal de la Culture sur France 24. Et le rêve de l'artiste n'a d'ailleurs pas tardé à se réaliser car le plus célèbre des artistes du pays de la Teranga a su toucher par sa musique et par le ton unique de sa voix.

Né dans le quartier de la Médina dans la ville de Dakar, Youssou Ndour a su forger son talent musical en travaillant entre autres,avec des artistes de renommée internationale tels que Peter Gabriel, Paul Frédéric, Manu Dibango. L'une de ses chansons les plus célèbres reste incontestablement 7 seconds qu'il a chantée avec Neneh Cherry en 1994. Il a composé en 1998, l'hymne de la phase finale de la Coupe du monde de football 1998 en France, La cour des Grands avec la chanteuse Axel Red et a collabore des années plus tard avec l'artiste congolais Koffi Olomidé dans l'album Bord Ezana Kombo. A son arc, s'ajoute également la composition de la musique du film d'animation Kirikou et la sorcière en 1998. Le talent de Youssou Ndour est bien là et, tel un esprit double, il produit avec succès des œuvres d'une réalité à la fois si minutieuse et si épique.

Music ,"charity and business"
Acteur influent de la vie économique, politique et sociale de son pays, le Sénagal, Youssou Ndour ne se contente pas que de distiller sa musique à travers le monde. Il est aussi un chanteur engagé. Ambassadeur de l'Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture et pour l'UNICEF, il a organisé des concerts au profit de l'organisation humanitaire Amnesty International. Youssou Ndour avait également organisé en 1985 un concert en faveur de la libération de Nelson Mandela au Stade de l'Amitié à Dakar. A côté de cela, l'enfant de la Médina est aussi un redoutable homme d'affaire. A Dakar, dans la grande métropole sénégalaise, il allie la direction d'un quotidien (L'Observateur), d'une radio (Radio Futur Media, RFM), d’un magazine (La Sentinelle), d'une boîte de nuit (Le Thiossane) et envisagerait même de créer une chaîne de télévision. Certains observateurs sénégalais lui accordent même des ambitions politiques, notamment celui de se présenter un jour à la magistrature suprême sénégalaise.Simples bruits de chuchotements ou ambitions réelles nourries par notre artiste ? Malin qui saurait le savoir... Quoi qu'il en soit, le phénomène Youssou Ndour poursuit sa lancée. Et comme pour mesurer sa continuelle ampleur auprès du public, la sortie d'un film autobiographique "I bring what i love" réalisé par Elysabeth Chai Vasarehlyi est prévue à partir du 14 avril sur les écrans français.

La question frise l'audace : Jusqu'où ira Youssou Ndour ? L'histoire, seule, saura certainement témoigner...

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