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No.37
avril 2010

CHRONIQUE La figure de l'Amateur et du professionnel,un poid dans l'industrie musical

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L’industrie musicale est certainement la plus avant-gardiste des industries qui soit, lorsqu’on consulte l’histoire de la musique et de toute l’humanité qui nous instruit sur les révolutions et les nouvelles technologies qui sont apparues dans les emplois sociaux liés à la culture et à l’art.

Cette place de choix a motivé les acteurs de ce secteur à développer de multiples attitudes vis-à-vis de leurs métiers, des attitudes qui jouent énormément sur la qualité de leur savoir-faire, sur leur rétribution, sur leur travail. De plus en plus, malgré le nombre de personnes consciencieuses, rigoureuses qui animent ce secteur, il existe, un nombre non moins négligeable de personnes qui contournent les pôles de formation et de renforcement des compétences et des performances, pour s’adonner à un travail approximatif, fantaisiste et insuffisamment préparé.

Dans ce genre d’atmosphère où l’amateurisme est le maître mot, un nombre inconcevable d’amateur expert prolifère pour s’identifier comme des références sans référant, des experts taris, encore faux-t-il qu’il y ait eu auparavant source de savoir-faire!
Le développement de la figure amateur devient la norme, des personnes qui avaient du goût et de l’amour pour une pratique artistique ou musicale ont trop vite fait de devenir des professionnels. Ils ne s’appliquent pas, ils restent et demeurent dans un enclos qu’ils sont les seuls à pouvoir nommer, qui se situe entre amateur et pro; ce sont des aliènes générés par un système qu’ils détruisent avec soin. Comme peut le souligner Claude Lévis Strauss:«il y a encore trop d’amateurisme dans l’art».

L’amateur reste la personne qui pratique un art sans en faire sa profession, il pratique cet art pour son plaisir. S’il n’est pas exclu que la qualité d’amateur arrive à se muer en pratique professionnelle, faut-il encore que les cadres de la qualité d’expert ou de professionnelle soient dûment remplis. Comparé au monde professionnel, la pratique amateur dispose parfois d’une plus grande liberté, car elle subit moins de pression du marché et de la concurrence.

Les amateurs font ainsi la concurrence aux professionnelles avec des visages d’agneaux et des armes de loups. Le professionnel, lui qui a un statut à défendre, un métier à préserver, une occupation à combler n’est pas reconnu comme tel et souffre de son organisation. Il devait se soucier d’organiser son métier mais au lieu de cela, il est obligé de se concentrer sur une mode, qui le désaxe et le rend vulnérable au critique, par ce que très souvent pensée par des amateurs.

Le professionnel qui devrait chercher à élaborer une œuvre atemporelle par son habilité et son savoir-faire, chose à laquelle il y parvient très souvent, est très vite rattrapé par les besoins primaires de la vie tel que définit par Maslow. On est obligé de faire comme tout le monde, la figure de l’amateur arrive à phagocyter les professionnelles du domaine des arts. La confusion entre amateur et professionnel vient-elle de l’industrialisation des métiers de la musique? Ou du développement technologique? Ou encore des médias et du numérique?
À suivre…