Film sur l’Art : Avant 1re de «Yankel! L’Afrique à l'atelier»
Par Binso Binso
- Réalisé à Abidjan

Le public du Goethe Institut a découvert, ce vendredi 5 février en avant première du film « Yankel ! L’Afrique à l’atelier », ce grand maître de l’art et amoureux de l’Afrique qui est à la base de la création de l’école d’Abidjan, à travers le Vohou-vohou.
C’est dans un film de 60 mn que le professeur Idriss Diabaté a essayé de présenter, cet amoureux de l’Afrique qui a permis à la génération des peintres de ce qui deviendra le courant «Vohou-vohou» d’accéder sans difficultés à son atelier aux Beaux-arts de Paris. Par ailleurs, il présente ce que sont devenus ces « apprentis » de l’atelier Yankel. Tout au long du film l’on découvre un personnage sympathique, plein d’humour et d’amour pour son prochain qui n’est pas seulement que peintre. Yankel a aussi une plume alerte. Et comme, il le dit lui-même, les meilleurs écrits sur l’art sont l’œuvre des peintres eux-mêmes.
Le peintre Youssouf Bath surnommé, le « sorcier vohou », Samir Jacques Stenka, N’Guessan Kra, Ibrahim Keita dit Iback ont dans ce film parlé de leur passage à l’atelier Yankel qui fut très instructif. Pour N’Guessan Kra, on ne peut pas parler d’école Yankel, mais plutôt de tradition Yankel.. Quant à Samir Stenka, Maître Yankel est un homme extraordinaire. Si aujourd’hui, l’on parle d’école d’Abidjan en matière d’art contemporain, c’est à Yankel que l’on le doit. Même s’il ne faut oublié Hélénon, professeur aux Beaux-arts d’Abidjan dans les années 60, celui-là même qui a motivé les étudiants Youssouf Bath, N’Guessan Kra, Koudougnon Théodore et bien d’autres à utiliser les matériaux de récupération de leur environnement immédiat dans leur création.
Selon les témoignages de ses anciens étudiants « Yankel est un maître qui te suit, mais qui ne te demande pas de le suivre ». En fait, la plupart d’entre eux qui ont connu aujourd’hui des fortunes diverses sont unanimes pour dire qu’il les a toujours encouragé à s’extérioriser.
Pour ce qui est de l’absence de d’autres tenants de l’école d’Abidjan comme Koudougnon Théodore dans le film, le réalisateur de « Yankel ! L’Afrique à l’atelier » a expliqué simplement que pendant les cinq années qu’a duré le tournage de ce film, il lui a été difficile de rencontrer tout le monde. Surtout qu’il a réalisé ce film sur fonds propre, par passion et par curiosité. Puisque tous les artistes qu’il a rencontrés dans le cadre de l’élaboration d’une mémoire vidéo de l’art en Côte d’Ivoire, sur l’initiative du Centre culturel Français, tous les tenants de l’école d’Abidjan ne citaient pour référence que Maître Yankel. On peut l’affirmer, c’est d’ailleurs sa philosophie esthétique qui accompagne les créations de cette école.
Notons que le film « Yankel ! L’Afrique à l’atelier » sera projeté en mars prochain à Paris.




