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No.36
mars 2010

Strasbourg L'ESAD célèbre les arts et les sciences avec ”Fractales”

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"FRACTALES" est une somme d'expériences née de rencontres interdisciplinaires : celle de huit étudiants des Arts décoratifs de Strasbourg participant au séminaire"NO NAME" avec des scientifiques issus de l'Université de Strasbourg d'une part, et avec les équipes du Fond Régionale d'Art Contemporain d'Alsace, le FRAC d'autre part. Elle résume sous diverses formes (performance, photographie, dessin, environnement sonore, sculpture) ces instants de parole, de documentation et de recherches plastiques.

Nous sommes 18 Février 2010. L'exposition "FRACTALES" a lieu au Frac de Selestat. Elle montre comment des étudiants en fin d'année d'études se saisissent des données du monde contemporain, notamment scientifiques, et se les approprient. La question de la traduction de domaines distincts est ici centrale.Traduire,c'est inventer des modes de passage d'un langage à l'autre. Le partenariat avec l'Université a permis aux étudiants d'ouvrir et de poursuivre le dialogue avec des équipes de recherche scientifique, celui mené avec le Frac offre un espace et une expérience de l'exposition; objectif de transmission s'inscrivant tant dans la mission du Frac que dans celle que nous sommes fixée.
 
Chaque visiteur se laisse guider par le caractère très présent des oeuvres dans cet espace du Frac. Dans le fond sur la cimaise à gauche "Artefact", une réalisation de Paula Del Castillo Cabeza traitant une étude au sujet de la différence entre l'artificiel et le naturel, de comment ils interfèrent entre eux,utilisant comme sujet la botanique et l'imitation humaine de celle-ci. La définition de la nature pourrait se réduire à quelque chose qui n'a pas été crée intentionnellement par l'homme, tandis que l'artificiel dépend de l'intervention de l'homme. L'on peut ainsi dire que le naturel est objectif et l'artificiel subjectif. Mais jusqu'à quel point le naturel qu'on rencontre autour de nous est-il objectif ? L'intervention humaine est présente partout,ce qui provoque une interaction entre les deux.

Tout juste à cinq mètres, une sculpture pyramidale dans l'espace à l'intérieur de laquelle se passe une performance de Désiré Amani. Dans cette oeuvre sculpturale, il matérialise par les codes du pouvoir de l'art,"le sécret des dieux" qu'use la femme pour capter physiquement et mentalement l'esprit de tout homme au point de le rendre esclave aux creux de ses mains sensibles et même très sensuelles. Désiré retrace les dessous d'une histoire sous la couette d'un grand homme victime de cette prestigieuse pratique féminine dans laquelle son corps humain vivant, en érection a été exposé durant 2 heures dans la même posture, servant de médium entre l'oeuvre et le public. Cette performance avait pour titre:"Femme ou secret des dieux". Cette motivation provient de son champs de recherches actuellement" L'ART ET LA VIE, QUELLE LIAISON ?

Au centre, non loin de l'installation et la performance de notre performeur, se trouve "le dessin au son ", une oeuvre presque inexistante. Basée sur un dispositif sonore, Claire Andrzeijczak et Charlie Chabrier ont usé de leurs notions en informatique.
Il n'y a rien à voir.L'installation imperceptible aux regards du public génère un espace virtuel. L'intervention inscrit dans le lieu une forme élémentaire. L'espace est ainsi modulé par le son. Le spectateur entend les limites du dessin. Il s'agit de faire l'expérience d'un périmètre donné, d'une zone déterminée par un tracé invisible, lui -même fonction des déplacements du public. Le spectateur peut décider d'activer le processus, ou laisser la zone du dessin passive. C'est par la rencontre du spectateur avec le dessin que le processus aboutit.

Cet aboutissement de son aide le public à se diriger vers la tectonique modulaire architecturale très présente dans l'oeuvre toute entière de Gaëlle Cressent. Ici ce sont les composants, les modules de construction, appelés "Koiland" assemblés par des liaisons souples. Comment appréhender la représentation de ces structures dans le champs réel,celui de l'art et en particulier dans le champs de la sculpture? Ce projet est constitué d'un assemblage de modules réalisés à partir d'éléments simples tels que des tasseaux et des vêtements de récupération. Gaëlle,dans son laboratoire de l'atelier des matériaux souples au sein des arts décoratifs de Strasbourg, expérimente à son tour la construction, l'équilibre,les connexions possibles et le passage à l'échelle humaine.

Servant de ligne parallèle, la "ligne de partage", une création à base de papier chiffon et d'un dispositif sonore est l'expérience d'Elise Alloin. L'expérience de la déchirure sépare autant qu'elle relie. Un nouvel espace nait dans la feuille de papier, ouvert par la tension matérielle, dessiné par le geste, sculpté par le son. Elise nous invite à en vivre ce parcours dans ce lieu.

Pendant qu'Arthur Poutignat dans "la face cachée de l'univers I et II " s'interroge sur le processus de création et d'expérience du chercheur en présentant d'une part des photographies de dispositifs d'expériences et d'autre part une installation vidéo contenant des fragments d'interviews, Guillaume Chauvin et Remi Hubert se concentrent sur la disposition des archives photographiques de différents laboratoires de l'université de Strasbourg et du CNRS dans une esthétique didactique, qui pour eux sont des références poétiques comme de multiples échos à la création artistique des cents dernières années. Cette oeuvre fut baptisée "Références (28 poèmes sans poète)". Nous tenons à souligner la présence massive de l'administration des arts décoratifs, à sa tête le directeur Otto Teichert, Jean-François Gavoty, Sébastien Soubiran, Jean Claude Lutmann, Edwige Toffoli ... et aussi de toute l'équipe du Frac Alsace Olivier Grasser,Pascal Bion,Christelle Kreder.

"NO NAME" est un séminaire encadré par Christiane Geoffroy (très belle femme avec un débit oratoire séduisant), Stéphane Le Mercier (symbole de la rigueur dans le travail) et Jean Claude Lutmann (celui- là- même pour qui l'élégance est une qualité et la taille une dévise). Tous artistes prestigieux de par la qualité de leurs réalisations et enseignants à l'Ecole Supérieure des Arts Décoratifs de Strasbourg.