Interview: John Kiffy ”Le zézé pop est une philosophie au départ”
Par didier koré
- Réalisé à Abidjan
Wayou David, alias John Kiffy parle dans cet entretien de l'amour qu'il a pour la musique, de son prochain album et lève encore un coin de voile sur ses rapports avec Alpha Blondy et Gadji Céli.
Comment s'est faite votre rencontre avec la musique?
Depuis ma tendre enfance, la musique a occupé une place de choix dans ma vie. Ma rencontre avec la musique a tout de suite réveillé un déclic en moi. Et, je me suis dit instinctivement que ma destinée s'y trouvait. Sinon, rien ne m'y a contraint.
Expliquez nous un peu votre concept qui est le zézé pop?
J'ai toujours appelé la musique que je fais le zézé pop car pour moi, c'est une philosophie au départ. C'est la traduction musicale de l'expression corporelle dans la vie de tous les jours selon les événements. Etant un artiste qui a grandi dans la pop musique, mon genre musical ne pouvait être autre chose. Car pour moi, la pop musique peut aussi être africaine.
Une idée de ces grands noms qui vous ont influencés ?
Sachez que je suis né après les indépendances en Côte d’Ivoire et mon genre musical a beaucoup été tourné vers l’extérieur. La Côte d’Ivoire, mon pays était à l’époque ouvert sur le monde entier. Tout jeune, on écoutait tous les genres avec ces grands artistes aux USA comme les Jimmy Hendrik, Wilson Pickett, Ray Charles etc...Ensuite, tout ce qui est pop music avec les Roaling Stones et les Beatles. Comprenez donc que ma musique a été copiée sur ces grands noms.
John Kiffy a-t-il une fois songé à préparer la relève, quant on sait qu’il est seul à évoluer dans ce genre musical en Côte d’Ivoire?
Ecoutez, pour parler de relève, il faut d’abord que les gens s’intéressent à ce que vous faîtes. Moi je ne fait pas le zézé pop pour espérer avoir une relève. Je fais plutôt ma musique pour donner une orientation musicale au continent africain. A mon sens, le continent africain a un sérieux problème. Les gens envoient toutes sorte de diversité de genres musicaux qui font que l’Afrique perd ses repères. Nous, nous sommes allé nous battre en Europe durant plus de 25 ans pour qu’on arrive aujourd’hui à parler de World Music. Grâce à Dieu aujourd’hui, la musique Africaine est acceptée à la FNAC. La musique dite Africaine utilise les mêmes instruments que les autres musiques modernes. Pour moi, la musique africaine devrait être la plus moderne de toutes les autres musiques. Dans la musique mandingue aujourd’hui, on y trouve une forte utilisation de la guitare. S’il y a une seule chose dont je suis sûr, c’est que le zézé pop restera la musique de demain.
Quelle est l’actualité de John en ce moment?
En musique, il n y a jamais d’arrêt. Je suis en train de confectionner mon tout prochain album. J’ai déjà fini d’écrire les textes, mais vous savez qu’en Côte d’Ivoire, il faut faire attention à la piraterie. En ce moment, nous cherchons les créneaux de commercialisation pour pouvoir entrer dans nos fonds. Dans ce pays, tu peux créer et tous ce qui t’appartient peut revenir à autrui.
L’on annonce un titre chanté en Français sur cet album....
Sachez que les africains eux même ne s’intéressent pas à la valorisation de leur propre culture. Donc ne donnent pas assez se possibilité aux africains de vraiment s’exprimer. Nos frères africains mieux placés ne sont pas pour la valorisation de notre culture. Il n y a même plus d’espace d’expression. Sur cet album qui sortira probablement dans le second trimestre de l’an 2010, j’ai écris un titre intitulé Le berceau de l’humanité que j’ai chanté en Français. Ce, pour montrer que je suis un chanteur qui peut écrire des textes en français. Chanter en Français n’est pas un complexe pour moi. C’était plutôt un choix pour moi que de chanter dans mon patois.
Une idée des thèmes qui seront abordés?
J’ai toujours travaillé sur le côté social de la vie. Ma musique doit servir à la réalisation de l’âme des africains. Un africain a besoin d’être solide mentalement pour pouvoir affronter les péripéties de la vie. Je chante pour galvaniser l’Africain.
Qu’entreprend John pour positionner sa musique au plan international?
Comprenez que John n’a pas besoin de cela.. Après avoir vécu plus de 25 ans en Europe, nombreux sont les mélomanes ivoiriens qui savent que je suis parmi ceux qui sont revenus au pays avec une formation complète. Ma musique a déjà été imposée de l’autre côté. Et cela m’a permis de vivre pendant 25 ans. Travailler à l’international pour moi n’est pas vraiment important. Ce qui compte à mes yeux est de donner une orientation musicale à la musique africaine. Mon rôle, est de penser la musique africaine moderne.
John Kiffy, leader d’opinion, une idée du candidat qui va bénéficier de votre suffrage à l’élection présidentielle prochaine ?
A ce niveau, il n y a aucun doute ! Mon choix ira à l’endroit du chef d’Etat actuel. Car je fus l’un des premiers artistes à l’avoir soutenu quand il n’était même pas encore aux affaires.
Qu’attendez vous des hommes politiques en tant qu’artiste?
Un homme politique, c’est quelqu’un qui doit apporter du bonheur à ses concitoyens. Il doit permettre que les enfants de son pays soient parmi les privilégiés où qu’ils se trouvent.
Vos rapports avec Alpha Blondy ?
Je n’ai pas de problème avec Alpha. Je crois que c’est un artiste qui fait son travail et moi le mien ! On a pas souvent le temps d’être ensemble, de se voir c’est tout.
Et du travail qu’abat en ce moment Gadji Céli ?
A un moment, je l’ai durement critiqué parce que les problèmes au Burida étaient très sérieux. Et que pour moi, il fallait quelqu’un qui ne soit pas influençable à la tête de cette institution. Sinon, à part cela, Gadji est mon frère et je n’ai rien contre lui.
Plus concrètement, à quant la sortie de l’album?
Sans toutefois donner de précisions, je pense que l’album sortira probablement a près le premier trimestre. Mes fans doivent être rassuré. Qu’ils ne pensent pas que le zézé pop va disparaître un jour.. Tant que je suis vivant, j’apporterai chaque jour des arguments pour dire que le zézé pop est la musique moderne des africains de demain.





