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No.35
fevrier 2010

Mourir pour renaître

firmin koto

La première république noire indépendante, Haïti, est revenue sous les projecteurs de l'actualité d'une manière dont elle est souvent victime depuis maintenant près de trois siècles : c'est-à-dire catastrophique !

Lorsque Christophe débarque en 1492 sur l'?le d'Hispaniola, qui deviendra très peu de temps après Santo Domingo, elle est habitée par plusieurs milliers d'indiens Arawaks et Taïnos. Mais en moins de 30 ans plus tard, la plupart périssent, vistime de sévices et de maladies venues d'Europe. Ainsi, la rencontre des deux monde commence par un génocide !

Afin de remplacer la main d'oeuvre indigène, les Français qui succèdent aux Espagnols, partis vers le continent américains, organisent une déportation massive d'esclaves africains. L'île, devenue française en 1697, s'appelle maintenant Saint-Domingue. Elle produit du tabac, du cacao, de l'indigo, et les colons y affluent. De grandes plantations de canne à sucre enrichissent la France, mais à quel prix ? Celui de la souffrance de milliers d'esclaves, avilis, exploités et privés de liberté.

Grace à Toussaint Louverture et Jean Jacques Dessalines, deux descendants des Nègres Marrons, l'armée Napoléonienne de la France est vaincue ce qui débouche ainsi sur l'indépendance d'Haiti  première République Noire, en 1804. La France, puissance tutelaire froisée dans son orgueil,  impose un blocus économique pour obliger Haïti à lui  payer des dommages et intérêts d'environ 152 millions de Francs. 

Cette situation, en vigueur de 1804 à 1972, contribu a l'appauvrissement de cette puissance économique dont le niveau de développement fleurte à l'époque avec celui des Etats-Unis voisins. Dès lors commence (sic!) une "nouvelle" descente aux enfers pour Haiti, ponctuée par des catastrophes naturelles, des coups d'Etats qui ont pour corollaires l'analphabétisme, l'indigence....
 
Cette situation n'émeut outre mesure les grands puissances (France, Etats-Unis) qui s'affrontaient sur ce territoire pour des raisons purement géostratégiques. Ainsi, la France engoncée dans sa légendaire rancune, et le puissant voisin Américain symbole du gaspillage et de la surabondance, ont fermé les yeux sur tous ces dangers dont le plus anodin constituait pourtant une menace de disparition pour Haïti. Aujourd'hui, après que le séisme ait détruit près de la moitié du pays et laissé un million de sans-abri, ils sont en train de se démener comme de beaux-diables pour tenter de la soulager la misère qu'ils n'ont pas voulu voir.